Chaque été, des salariés n’hésitent pas à transformer leurs collègues en camarades de voyage, une pratique qui peut s’avérer plus compliquée qu’il n’y paraît. Selon Le Figaro, cette tradition, née d’une complicité apparente dans l’open space, révèle parfois des fractures inattendues une fois le cadre professionnel abandonné.
Ce qu’il faut retenir
- Des salariés décident chaque été de partir en vacances avec leurs collègues, une pratique souvent sous-estimée dans ses risques.
- L’Albanie a servi de destination à un groupe de jeunes diplômés et nouvelles recrues d’une entreprise, révélant des tensions insoupçonnées.
- Laetitia, RH dans son secteur, raconte comment l’enthousiasme initial a laissé place à une « douche froide » une fois sur place.
Des afterworks à l’aventure, un pas souvent trop rapide
L’idée de prolonger les liens tissés au bureau par des vacances partagées séduit chaque année des équipes entières. Les afterworks arrosés, les projets menés à bien dans l’urgence et cette complicité née entre les murs d’un open space peuvent donner l’illusion d’une amitié solide. Pourtant, comme le rapporte Le Figaro, ce passage du professionnel au personnel ne se fait pas toujours sans heurts.
C’est le cas de Laetitia, salariée dans les ressources humaines, qui a participé à l’organisation d’un voyage en Albanie avec une partie de son équipe. Composée majoritairement de jeunes diplômés et de nouvelles recrues, cette équipe affichait une « alchimie » évidente dans le cadre professionnel. Pourtant, une fois sur place, les attentes ont rapidement laissé place à la réalité.
La réalité des vacances entre collègues : entre surestimation et désillusion
« On avait clairement surestimé notre complicité… et notre complémentarité », confie Laetitia au Figaro. Le voyage en Albanie, censé être une célébration de leur dynamique de groupe, a révélé des différences de caractères et de modes de fonctionnement bien plus marquées qu’en entreprise. « On part en imaginant l’herbe plus verte ailleurs, sans mesurer ce qu’on perd », explique-t-elle.
Cette désillusion n’est pas isolée. D’autres témoignages recueillis par Le Figaro évoquent des situations similaires, où l’ambiance conviviale des pauses café ou des réunions en équipe ne résiste pas au quotidien d’un voyage partagé. Les conflits, les non-dits et les attentes divergentes peuvent rapidement transformer une expérience attendue avec impatience en un calvaire relationnel.
Pourquoi cette pratique persiste-t-elle malgré les risques ?
La tentation de partir en vacances avec ses collègues trouve son origine dans une logique simple : pourquoi ne pas prolonger une relation professionnelle harmonieuse par une expérience personnelle ? Les salariés, souvent jeunes et en début de carrière, y voient une opportunité de renforcer les liens avec leur équipe, tout en découvrant un pays ou une région ensemble.
Pour les entreprises, cette pratique peut aussi être perçue comme un moyen de renforcer la cohésion d’équipe, à moindre coût. Pourtant, comme le souligne Le Figaro, les retours d’expérience montrent que les bénéfices ne sont pas toujours au rendez-vous. Les hiérarchies informelles, les rivalités ou simplement des personnalités incompatibles en dehors du bureau peuvent créer des tensions difficiles à gérer une fois les valises déballées.
Des solutions existent-elles pour éviter les pièges ?
Face à ces écueils, certains salariés choisissent de limiter leurs interactions professionnelles en dehors du bureau. D’autres optent pour des destinations où les activités sont suffisamment encadrées pour éviter les conflits. Enfin, quelques entreprises ont mis en place des chartes ou des recommandations pour encadrer ce type de voyages, bien que cela reste marginal.
« La confiance a été brisée, au niveau pro comme perso », confie Laetitia. Une phrase qui résume à elle seule l’enjeu de cette pratique : l’amitié professionnelle n’est pas toujours transposable en amitié personnelle, et vice versa. Pour ceux qui persistent à vouloir tenter l’aventure, la clé pourrait résider dans une préparation minutieuse, une communication transparente et, surtout, une bonne dose de pragmatisme.
Pour l’heure, Laetitia et ses collègues ont tiré une leçon de cette expérience : « On ne mélange pas tout ». Une maxime qui pourrait bien devenir la nouvelle règle d’or des vacances entre collègues.
D’après Le Figaro, il n’existe pas de règles strictes, mais des recommandations émergent : définir des attentes claires, choisir une destination adaptée à tous et éviter les sujets sensibles (politique, religion, hiérarchie) pendant le séjour.