L’Autorité des marchés financiers (AMF) a radié Vancelian, ex-plateforme AKT, de son registre des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) à compter du 30 juin 2026. Selon Cryptoast, cette décision fait suite à deux manquements majeurs relevés par le régulateur : l’exercice illégal d’une activité de financement participatif sans agrément et des défaillances dans l’honorabilité et la compétence de ses dirigeants. Une période transitoire a été accordée à la société, Automata France SAS, pour organiser la restitution des actifs de ses clients dans un cadre sécurisé.

Ce qu'il faut retenir

  • La radiation de Vancelian par l’AMF est effective depuis le 30 juin 2026, mettant fin à son enregistrement PSAN.
  • L’AMF reproche à Automata France SAS d’avoir exercé une activité de financement participatif sans autorisation et de ne pas respecter les exigences d’honorabilité de ses dirigeants.
  • Les clients disposent de deux options pour récupérer leurs crypto-actifs : un retrait en euros ou un transfert vers un wallet personnel ou un prestataire agréé PSCA.
  • Vancelian assure que les actifs sont conservés via Fireblocks et que les fonds en euros sont détenus sur des comptes ségrégués chez Modulr Finance B.V.
  • Les produits d’épargne spécifiques, comme les Coffres et Offres Exclusives, feront l’objet d’un traitement distinct jusqu’à leur échéance.

Une décision motivée par deux manquements réglementaires

Le Collège de l’AMF a acté le retrait de l’enregistrement PSAN de Vancelian le 7 mai 2026, après un avis favorable de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Selon Cryptoast, cette radiation repose sur deux griefs principaux. D’abord, Automata France SAS aurait proposé des services de financement participatif sans disposer des autorisations nécessaires. Ensuite, le régulateur estime que ces pratiques révèlent un manquement aux exigences d’honorabilité et de compétence des dirigeants et actionnaires significatifs de la société. Ces manquements ont été jugés suffisamment graves pour justifier une cessation immédiate de l’activité crypto en France.

La fin de l’enregistrement coïncide avec l’échéance de la période transitoire du règlement européen MiCA. Dans un communiqué, Automata France a reconnu ne pas être en mesure d’obtenir l’agrément PSCA (Prestataire de services sur crypto-actifs) d’ici cette date butoir. Cette situation illustre la difficulté croissante pour les acteurs du secteur à se conformer aux nouvelles normes européennes, alors que le cadre réglementaire se durcit progressivement.

Un plan de sortie encadré pour protéger les investisseurs

Priorité absolue pour l’AMF : la protection des clients. Dans ce cadre, Automata France SAS doit désormais limiter ses activités à celles strictement nécessaires à l’apurement de sa situation. Le régulateur précise qu’il maintient un dialogue régulier avec la plateforme pour garantir une cessation ordonnée et transparente. « La priorité du régulateur reste la protection des investisseurs », rappelle-t-il. Pour les utilisateurs, deux solutions concrètes sont proposées pour récupérer leurs actifs numériques.

La première option consiste à convertir ses positions en euros et à retirer les fonds via un virement bancaire vers un compte personnel. La seconde permet de transférer ses cryptomonnaies vers un wallet personnel en self-custody ou vers un prestataire agréé PSCA. Vancelian souligne que les crypto-actifs sont conservés via Fireblocks, un acteur reconnu de la garde institutionnelle, tandis que les fonds en euros sont détenus sur des comptes ségrégués auprès de Modulr Finance B.V., un établissement de monnaie électronique réglementé. La plateforme affirme : « aucun crypto-actif ne sera perdu ».

Un traitement spécifique pour les produits d’épargne

Les Coffres et Offres Exclusives, qui relèvent de produits d’épargne et d’investissement distincts des simples wallets, bénéficient d’un traitement particulier. Selon Cryptoast, les contrats en cours restent valables et seront gérés jusqu’à leur échéance selon les modalités initialement prévues. Un plan spécifique a été transmis à l’AMF pour ces produits afin d’assurer leur bon dénouement. Les clients concernés sont invités à consulter la FAQ dédiée publiée par Vancelian pour connaître le calendrier applicable et les étapes à suivre en fonction des produits détenus.

Vancelian envisage un retour en Europe

Malgré cette radiation, le groupe Vancelian assure que son activité internationale se poursuit normalement. Les opérations se poursuivent notamment via le groupe Automata, basé aux Émirats arabes unis, et ses filiales locales. La société indique parallèlement travailler au redépôt d’un dossier d’agrément PSCA en Europe, dans l’espoir de pouvoir reprendre ses services une fois cet agrément obtenu. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de durcissement réglementaire accru en France et en Europe, où plusieurs acteurs ont déjà franchi le pas de la conformité.

Automata France n’est pas la seule plateforme française à être confrontée à ces défis. Coinhouse, Deskoin ou encore Meria, dirigés respectivement par Nicolas Louvet, Anthony Lesoirm et Owen Simonin, ont récemment obtenu leur agrément PSCA. D’autres, comme Vancelian, devront patienter et cesser leurs activités en France en attendant leur mise en conformité. Cette situation reflète les tensions entre l’innovation dans les actifs numériques et la nécessité de protéger les investisseurs dans un cadre réglementaire de plus en plus exigeant.

Et maintenant ?

La fin de l’enregistrement PSAN de Vancelian marque une étape de plus dans l’application stricte du cadre réglementaire européen pour les actifs numériques. D’ici la fin de l’année 2026, l’AMF et les autres régulateurs nationaux devraient poursuivre leurs contrôles pour vérifier la conformité des acteurs encore en activité. Les clients de Vancelian doivent quant à eux agir rapidement pour choisir l’une des deux options proposées, sous peine de voir leurs actifs bloqués au-delà de la date limite fixée par le régulateur. Pour Vancelian, la reprise de ses services en France dépendra désormais de l’obtention de l’agrément PSCA, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois.

Cette affaire soulève également des questions sur l’avenir des plateformes crypto non agréées en Europe. Leur survie dépendra de leur capacité à se conformer aux exigences du règlement MiCA, sous peine de devoir cesser leurs activités ou de délocaliser leurs services. Pour les investisseurs, cette situation rappelle l’importance de privilégier les plateformes agréées, même si cela implique parfois de renoncer à certains services innovants.

Les clients peuvent soit convertir leurs cryptomonnaies en euros et retirer les fonds par virement bancaire, soit transférer leurs actifs vers un wallet personnel ou un prestataire agréé PSCA. Vancelian garantit que « aucun crypto-actif ne sera perdu » et que les fonds en euros sont conservés sur des comptes ségrégués chez Modulr Finance B.V.

La reprise des services en France dépendra de l’obtention de l’agrément PSCA par Vancelian, un processus en cours mais dont les chances de succès restent incertaines à ce stade. En attendant, l’activité se poursuit à l’international via le groupe Automata basé aux Émirats arabes unis.