Une peine de 14 ans de réclusion a été requise ce vendredi 3 avril 2026, lors du procès en appel de trois anciens rugbymen de Grenoble, accusés d’avoir commis un viol collectif en 2017 à Bordeaux. La décision, attendue dans les prochaines semaines, intervient après une soirée marquée par une forte consommation d’alcool, consécutive à un match de Top 14.
Ce qu'il faut retenir
- Le parquet a requis 14 ans de prison pour trois anciens joueurs du FC Grenoble, jugés pour un viol collectif en 2017 à Bordeaux.
- L’affaire s’est déroulée après une soirée très alcoolisée, suivant un match de Top 14.
- Le procès en appel s’est tenu le 3 avril 2026, soit neuf ans après les faits.
- Les accusés risquaient initialement jusqu’à 20 ans de réclusion pour viol en réunion.
Un procès en appel neuf ans après les faits
Les faits remontent à l’automne 2017, lorsque trois joueurs du FC Grenoble, alors en déplacement à Bordeaux pour un match de Top 14, ont participé à une soirée arrosée. Selon l’accusation, l’un d’eux a agressé sexuellement une jeune femme dans des circonstances particulièrement violentes. Les trois hommes, âgés d’une vingtaine d’années à l’époque, ont toujours nié les faits, évoquant des relations consenties. Leur premier procès, en 2019, avait abouti à des peines de 10 à 12 ans de prison, avant que la cour d’appel ne décide de rouvrir le dossier.
Comme le rapporte Ouest France, la requête du parquet en appel s’appuie sur de nouveaux éléments, notamment des témoignages et des expertises médicales complémentaires. Les avocats de la défense devraient plaider l’absence de preuves formelles, insistant sur le caractère consenti des relations. Les débats ont porté sur l’état d’ébriété de la victime, un point central de l’accusation comme de la défense.
Un dossier judiciaire complexe et médiatisé
L’affaire avait suscité une vive émotion dans le milieu du rugby, où les violences sexuelles restent un sujet tabou malgré plusieurs cas médiatisés ces dernières années. Les trois accusés, aujourd’hui âgés d’une trentaine d’années, ont vu leur carrière sportive brisée par ces accusations. L’un d’eux, ancien international espoir, avait même été suspendu par la Fédération française de rugby (FFR) en 2018.
Le procureur général a rappelé lors des débats que la loi française ne reconnaît aucun « consentement par défaut » dans les cas d’ivresse avancée. « La victime, dans un état d’ébriété manifeste, ne pouvait consentir valablement », a-t-il souligné, citant l’article 222-23 du Code pénal. Les parties civiles, représentées par plusieurs associations, ont réclamé une peine exemplaire, évoquant un « traumatisme durable » pour la plaignante.
Des réactions contrastées attendues
Côté défense, les avocats devraient plaider la disproportion des peines requises, arguant que les faits remontent à près de dix ans et que les accusés ont déjà subi une « double peine » avec la médiatisation de l’affaire. « Nous attendons une décision juste, qui tienne compte du contexte et des preuves disponibles », a déclaré Me Dupont, l’un des défenseurs, à l’issue des plaidoiries.
Du côté des associations féministes, la mobilisation reste forte. « Une peine de 14 ans serait un signal fort contre l’impunité des violences sexuelles, surtout dans le sport », a réagi Sophie Duval, porte-parole du collectif #NousToutes. La décision de la cour d’appel sera scrutée, alors que le rugby français tente de se doter d’un plan de prévention contre les violences sexistes et sexuelles.
Si les peines de 14 ans sont confirmées, les accusés pourraient former un pourvoi en cassation dans un délai d’un mois après le verdict. La Cour de cassation examinerait alors la régularité de la procédure, sans réexaminer les faits. En cas de condamnation définitive, les peines pourraient être aménagées sous bracelet électronique ou en détention.
