Les dégradations et violences urbaines survenues samedi 31 mai 2026 à Paris, à l’occasion de la victoire du PSG en Ligue des champions, ont relancé le débat sur la gestion des grands événements sportifs et les moyens à mettre en œuvre pour endiguer les débordements. Selon Franceinfo - Sport, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, a estimé ce jeudi 4 juin 2026 qu’il était nécessaire de « sévir » contre les casseurs lors de ces rassemblements. Une position qu’elle a réaffirmée dans le cadre de son passage aux « 4 Vérités » sur France 2, en soulignant la nécessité de peines plus sévères et de condamnations financières pour les auteurs de dégradations.
Ce qu'il faut retenir
- 45 % d’interpellations en plus par rapport aux événements similaires, selon les chiffres communiqués par les forces de l’ordre.
- Marina Ferrari a confirmé que la justice devait prononcer des peines plus lourdes contre les casseurs, en s’appuyant sur les déclarations d’Emmanuel Macron et du Premier ministre Sébastien Lecornu.
- Un « travail » sera mené avec les collectivités pour organiser les dispositifs d’accueil des supporters lors de la Coupe du Monde 2026, notamment au niveau des fanzones.
- La ministre a défendu le rôle des forces de l’ordre, critiqué par certains membres de la gauche, et a rappelé que le gouvernement ne comptait pas relâcher la pression sur les auteurs de violences.
Une réponse gouvernementale ferme face aux débordements
Interrogée sur les violences ayant émaillé la soirée de célébration du titre continental du PSG, Marina Ferrari a réaffirmé la fermeté de l’exécutif. « La justice doit faire son travail avec des peines sévères », a-t-elle déclaré dans l’émission « Les 4 Vérités ». Elle a rappelé que le gouvernement, après les déclarations d’Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu, souhaitait faire payer les réparations aux casseurs. « Il faut à un moment sévir », a-t-elle insisté, tout en saluant « le travail remarquable » des forces de l’ordre, dont les effectifs avaient été renforcés pour l’occasion. Avec 45 % d’interpellations en plus par rapport à des événements comparables, les autorités estiment avoir agi de manière proportionnée.
Pour Marina Ferrari, la distinction entre supporters et casseurs reste une priorité. « Lors des célébrations au Parc des Princes, tout s’est très bien passé », a-t-elle souligné, rappelant que les violences étaient intervenues « en marge des cortèges ». Le gouvernement a donc mobilisé des moyens humains importants sur le terrain, tout en insistant sur la nécessité de condamnations judiciaires rapides. « Nous ne lâchons rien sur le sujet », a-t-elle assuré, ajoutant que les premières condamnations devraient tomber prochainement.
Fanzones et Coupe du Monde 2026 : une préparation en cours
Alors que la France s’apprête à organiser la Coupe du Monde 2026, la question de l’organisation des fanzones, lieux de rassemblement des supporters, revient sur le devant de la scène. Marina Ferrari a précisé que la gestion de ces espaces ne dépendait pas directement du gouvernement, mais des collectivités locales. « Un travail va être fait avec elles au fur et à mesure de la compétition pour adapter les dispositifs d’accueil », a-t-elle indiqué. L’objectif est d’éviter que les scènes de violences observées à Paris ne se reproduisent lors du prochain Mondial, dont la finale est prévue le 19 juillet 2026.
La ministre a également rappelé que la France se préparait à organiser des célébrations en cas de victoire de l’équipe de France, tout en insistant sur la nécessité de maintenir un cadre sécurisé. « Nous nous y préparons pour cette Coupe du Monde, en espérant que la France ira le plus loin possible avec cette belle équipe », a-t-elle déclaré. Pour elle, les violences de fin mai 2026 ne doivent pas hypothéquer la réussite de l’événement à venir.
« Tu casses, tu répares » : le gouvernement mise sur la dissuasion
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà martelé lors d’une intervention à l’Assemblée nationale : « Qui casse, doit aussi payer ». Une formule reprise par Marina Ferrari, qui a confirmé que des condamnations pénales, mais aussi financières, seraient prononcées contre les auteurs de dégradations. « Il faut nous appliquer un principe simple : qui casse, doit aussi payer », a-t-elle réaffirmé, évoquant des « peines de plus en plus sévères » ces dernières années. La procureure de la République avait d’ailleurs indiqué, dans les heures qui avaient suivi les événements, que les sanctions seraient lourdes.
Lors de son passage à la télévision, Marina Ferrari a également réagi à une comparaison entre les célébrations à Londres après le titre d’Arsenal en Premier League et celles de Paris. À Londres, un million et demi de personnes avaient défilé sans incident majeur, alors qu’en France, les débordements avaient marqué les esprits. Pour la ministre, ces phénomènes ne sont pas spécifiques au sport : « On le voit aussi lors de grands rassemblements comme le 31 décembre ou la Saint-Sylvestre. » Elle a pointé du doigt des groupes qui « veulent en découdre avec les forces de l’ordre », rappelant que le gouvernement comptait y répondre avec fermeté.
« On a aujourd’hui une problématique lors de grands rassemblements. Ce n’est pas spécifique à la France, mais c’est un phénomène qui aujourd’hui s’installe et contre lequel nous sommes extrêmement mobilisés. »
— Marina Ferrari, ministre des Sports
L’équipe de France et les primes : un débat récurrent
La question des primes versées aux joueurs de l’équipe de France a également été abordée lors de l’interview. Marina Ferrari a rappelé qu’il n’était pas de son ressort de trancher sur ce sujet, mais a souligné que les primes étaient une pratique courante dans le sport français, y compris pour les athlètes olympiques. « Dans toutes les disciplines, quand vous avez des sportifs qui ramènent des médailles, il y a des primes qui sont assorties », a-t-elle expliqué.
Elle a par ailleurs évoqué les dispositions prises pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, où les joueurs professionnels avaient été libérés de leurs clubs pour représenter la France. « Les carrières des joueurs sont très courtes aujourd’hui, et je ne suis pas choquée par le fait qu’ils puissent avoir une prime en cas de victoire », a-t-elle ajouté, tout en précisant que ces primes étaient liées à des résultats sportifs.
Sport féminin : un enjeu de société toujours d’actualité
Enfin, Marina Ferrari a abordé la question du sport féminin, un dossier qui figure en bonne place à son agenda ministériel. Selon elle, les petites filles pratiquent moins de sport que les garçons, un phénomène qui s’accentue à l’adolescence. « Une jeune femme sur deux arrête le sport à l’adolescence en France », a-t-elle rappelé, citant un chiffre alarmant. Pour inverser cette tendance, le ministère a publié des guides à destination des clubs, comme celui intitulé « Puberté et performance », afin d’adapter l’accompagnement des jeunes sportives.
« On doit avoir des vestiaires adaptés, des équipements accessibles », a-t-elle souligné, évoquant également des actions comme le « passeport sport » à l’école pour faciliter l’accès des jeunes filles à une pratique sportive régulière. « C’est une grande thématique qui m’occupe beaucoup au ministère des Sports », a-t-elle conclu.
La Coupe du Monde 2026, dont la finale est prévue le 19 juillet, constituera un premier test grandeur nature pour évaluer l’efficacité des nouvelles mesures mises en place.
Le gouvernement a annoncé son intention de prononcer des peines plus sévères, incluant des condamnations pénales et financières. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a confirmé que la justice devait appliquer des sanctions lourdes, conformément aux déclarations d’Emmanuel Macron et du Premier ministre Sébastien Lecornu. Les premières condamnations devraient tomber rapidement, selon les autorités.
L’organisation des fanzones dépendra des collectivités locales, en collaboration avec le gouvernement. Un travail sera mené « au fur et à mesure de la compétition » pour adapter les dispositifs d’accueil des supporters, a indiqué Marina Ferrari. L’objectif est d’éviter les débordements observés lors de la célébration du titre du PSG.