À Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère, d’anciens élèves du collège Saint-Ursule et du lycée du Kreisker demandent l’installation de plaques commémoratives au sein de leurs anciens établissements. Leur objectif : reconnaître officiellement les violences subies pendant leur scolarité. Un collectif d’anciens élèves, soutenu par des associations, alerte sur le retard pris par l’institution catholique dans la gestion de ces dossiers.
Ce qu'il faut retenir
- Un collectif d’anciens élèves de Saint-Ursule et du Kreisker réclame des plaques commémoratives pour reconnaître les violences subies.
- Ces établissements, situés à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), sont au cœur de plusieurs signalements de maltraitances.
- L’institution catholique n’a, à ce jour, pas donné de réponse concrète à cette demande.
- Le collectif dénonce un manque de transparence et un délai trop long pour obtenir justice.
Comme le rapporte Ouest France, la situation s’éternise depuis plusieurs mois. Les anciens élèves, dont certains portent encore les séquelles de ces violences, estiment que la pose de plaques serait un premier pas vers une reconnaissance institutionnelle. « Nous voulons que ces établissements assument leurs responsabilités », a déclaré l’un d’eux à Ouest France.
Les établissements concernés, gérés par l’enseignement catholique, n’ont pas encore réagi publiquement à cette demande. Selon les témoignages recueillis, les violences évoquées remontent à plusieurs décennies, mais certaines victimes n’ont osé parler que récemment, encouragées par l’affaire de l’école Saint-Luc à Brest, qui a révélé des cas de maltraitances systémiques dans l’enseignement privé breton. « Ces plaques ne suffiront peut-être pas à effacer les traumatismes, mais elles marqueront une étape importante », a ajouté un membre du collectif.
Un collectif déterminé face à l’inaction institutionnelle
Le collectif s’est formé il y a près d’un an, après que plusieurs anciens élèves ont décidé de briser la loi du silence. Leurs témoignages, rassemblés dans un rapport interne, décrivent des violences physiques, psychologiques et des cas d’abus sexuels. « Certains d’entre nous ont attendu des années avant de pouvoir en parler, par peur des représailles ou de la honte », a expliqué l’un des porte-parole du groupe à Ouest France.
Les plaignants réclament également une enquête indépendante, afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements ayant permis ces violences. Pour l’instant, l’archevêché de Rennes, qui supervise ces établissements, n’a pas communiqué de calendrier précis pour répondre à leurs demandes. « Nous ne voulons pas que cela reste lettre morte », a insisté un autre membre du collectif. « La mémoire des victimes mérite mieux qu’un silence prolongé. »
Des violences documentées, mais peu de réponses concrètes
Les signalements de violences dans les écoles catholiques bretonnes ne sont pas nouveaux. Dès 2021, une enquête de France Info avait révélé des dysfonctionnements dans plusieurs établissements, dont Saint-Ursule et le Kreisker. Pourtant, malgré les alertes répétées, peu de mesures correctives ont été mises en place. « On nous demande de patienter, mais combien de temps encore ? », s’interroge un ancien élève, dont le dossier est en cours d’instruction judiciaire.
Pour appuyer leur requête, les victimes ont obtenu le soutien de l’association La Voix de l’Enfant, qui milite pour la protection des mineurs dans les institutions éducatives. « Ces établissements doivent cesser de se voiler la face », a déclaré une responsable de l’association. « Une plaque commémorative est un geste symbolique fort, mais il doit s’accompagner d’actes concrets. »
« Nous ne demandons pas de l’argent, mais une reconnaissance. Une plaque, c’est un début pour tourner la page. » — Un ancien élève de Saint-Ursule
Cette affaire s’inscrit dans un mouvement plus large de révélations sur les violences dans les établissements scolaires, qu’ils soient publics ou privés. À l’heure où d’autres dossiers similaires émergent en France, la question se pose : les institutions éducatives, y compris religieuses, sont-elles enfin prêtes à assumer leurs responsabilités ?
Les anciens élèves prévoient une réunion avec l’archevêché de Rennes avant la fin juin. Si aucune avancée n’est constatée, ils envisagent de saisir les médias nationaux et de déposer un recours devant le tribunal administratif de Rennes.