Selon Le Figaro, 255 signalements de violences sexistes et sexuelles impliquant des adultes en contact avec des élèves ont été enregistrés depuis le début de l'année 2026. Ces chiffres, dévoilés par le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray devant les députés, couvrent à la fois le secteur scolaire public et privé, ainsi que les activités périscolaires.
Ce qu'il faut retenir
- **255 signalements** de violences sexistes et sexuelles impliquant des adultes au contact d'élèves ont été enregistrés depuis janvier 2026.
- **88 % des signalements concernent des personnels du secteur public**, contre 12 % pour le privé.
- Le ministère **révoque entre 35 et 45 agents par an** pour des motifs liés à des violences sexuelles ou sexistes dans le public.
- Dans le privé sous contrat, **cinq à sept révocations** ont été prononcées l'an dernier et cette année.
- Ces déclarations s'inscrivent dans le cadre de l'examen d'une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre les violences sur mineurs à l'école.
Un dispositif de signalement et de réponse immédiate
Lors de son intervention à l'Assemblée nationale, Édouard Geffray a précisé que chaque signalement fait l'objet d'une réponse « immédiate et sans concession ». Les procédures mises en œuvre incluent systématiquement la transmission aux autorités judiciaires lorsque les faits le justifient, ainsi que la suspension administrative des personnels mis en cause. Par ailleurs, les victimes bénéficient d'un accompagnement renforcé via des cellules dédiées au sein des établissements.
Le ministre a également rappelé que le ministère de l'Éducation nationale engage chaque année des procédures de révocation à l'encontre des agents publics impliqués dans des affaires de violences sexuelles ou sexistes. « Entre 35 et 45 agents sont révoqués annuellement dans le public pour ces motifs », a-t-il détaillé. Côté privé sous contrat, le nombre de révocations s'élève à « cinq ou sept par an », aussi bien pour l'année 2025 que pour 2026.
Un contexte marqué par l'examen d'une proposition de loi
Ces déclarations interviennent alors que les députés examinent, depuis ce lundi 1er juin 2026, une proposition de loi destinée à renforcer la protection des mineurs contre les violences exercées à l'école et dans le périscolaire. Ce texte s'inspire directement des conclusions de l'enquête parlementaire sur l'établissement Notre-Dame de Bétharram, où des cas de violences sexuelles avaient été révélés. Les débats s'annoncent intenses, certains craignant que les discussions ne puissent aboutir dans le temps imparti.
La proposition de loi prévoit notamment des mesures pour améliorer la détection précoce des violences, renforcer les sanctions contre les personnels coupables, et mieux protéger les victimes. Elle s'inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre les violences faites aux enfants, un sujet déjà abordé à plusieurs reprises au cours des dernières années.
Des chiffres qui s'inscrivent dans une tendance nationale
Les signalements enregistrés en 2026 s'ajoutent à une tendance déjà observée ces dernières années. Selon les dernières données disponibles, le nombre de mineurs mis en cause pour des violences sexuelles a augmenté de **77 % depuis 2017**, un chiffre qui illustre l'ampleur du phénomène. Par ailleurs, plusieurs affaires récentes ont mis en lumière des dysfonctionnements dans la gestion des signalements, notamment dans le secteur périscolaire. À Paris, la mairie a récemment annoncé la suspension de **52 animateurs périscolaires** et le lancement d'un plan d'actions pour renforcer la prévention et la protection des enfants.
Ces développements soulignent l'importance d'un cadre strict pour encadrer les personnels en contact avec des mineurs. Les associations de protection de l'enfance réclament depuis longtemps une meilleure coordination entre les acteurs éducatifs, judiciaires et sociaux pour garantir une réponse efficace et rapide aux signalements de violences.
« Face à chaque signalement, la réponse est immédiate et sans concession. Transmission aux autorités judiciaires, chaque fois que les faits le justifient, suspension administrative des personnels mis en cause, accompagnement renforcé des victimes par des cellules dédiées. »
— Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale
Cette situation rappelle que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles à l'école nécessite une mobilisation constante de tous les acteurs, qu'ils soient institutionnels, éducatifs ou associatifs. La protection des enfants passe avant tout par une prévention active et une réactivité sans faille face aux signalements.
Les sanctions peuvent aller de la suspension administrative à la révocation définitive, selon la gravité des faits. Les personnels reconnus coupables peuvent également faire l'objet de poursuites judiciaires, avec des peines pouvant aller jusqu'à plusieurs années d'emprisonnement. Les victimes bénéficient quant à elles d'un accompagnement psychologique et juridique.
Plusieurs canaux existent : le numéro vert **3020** pour les violences sexistes et sexuelles, la plateforme **Non au harcèlement** (nonauharcelement.education.gouv.fr), ou encore un signalement direct auprès de l'inspection académique ou de la direction de l'établissement. Les signalements peuvent être anonymes.