Depuis fin avril 2026, l’Afrique du Sud connaît une nouvelle flambée de violences xénophobes, marquée par des manifestations et des actions radicales ciblant les étrangers. Selon France 24, ces événements ont déjà causé des perturbations majeures dans plusieurs provinces, alimentant un climat de tension sociale et politique.

Ce qu'il faut retenir

  • Une série de violences et de manifestations anti-étrangers a éclaté en Afrique du Sud fin avril 2026, selon France 24.
  • Les cibles principales sont les migrants et les résidents étrangers, accusés de « voler » les emplois locaux.
  • Des rapports font état d’attaques physiques, de pillages et de destructions de biens appartenant à des étrangers.
  • Les autorités sud-africaines tentent de calmer la situation, mais les tensions persistent.
  • Ces violences s’inscrivent dans un contexte de précarité économique aggravée par la crise post-pandémie.

Des actions radicales et des cibles désignées

Les manifestations, souvent qualifiées de « coups de poing », se multiplient depuis le mois d’avril dans plusieurs villes sud-africaines. Les groupes organisateurs accusent les étrangers — notamment ceux en provenance du Nigeria, du Zimbabwe ou de la Somalie — de contribuer à la dégradation des conditions de vie des Sud-Africains. « Ils prennent nos emplois, nos logements, et nous n’avons plus rien à nous », a déclaré un manifestant à Johannesburg, cité par France 24. Les rassemblements, parfois violents, ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, ainsi qu’à des actes de vandalisme contre des commerces tenus par des étrangers.

Des violences aux conséquences humaines et matérielles

Les bilans dressés par les observateurs locaux et internationaux sont préoccupants. Selon des organisations de défense des droits de l’homme, au moins trois morts et une vingtaine de blessés ont été recensés depuis le début des violences. Des centaines de personnes ont également été contraintes de quitter leurs domiciles après que leurs logements ou leurs commerces aient été incendiés ou vandalisés. « Les attaques sont systématiques et ciblées. Ce n’est plus de la colère spontanée, mais une campagne de terreur », a expliqué un responsable d’une ONG sud-africaine, sous couvert d’anonymat. Les régions les plus touchées incluent le Gauteng, où se trouve Johannesburg, ainsi que le KwaZulu-Natal.

Un contexte socio-économique explosif

Ces violences s’inscrivent dans un pays déjà fragilisé par des années de crise économique et sociale. Avec un taux de chômage officiel dépassant les 35 %, selon les dernières données de la Banque mondiale, une partie de la population sud-africaine impute sa précarité aux migrants, bien que les économistes soulignent que leur impact sur le marché du travail reste limité. « Le problème n’est pas les étrangers, mais l’incapacité des gouvernements successifs à créer des emplois et à redistribuer les richesses », a rappelé un analyste politique sud-africain. Les tensions xénophobes se trouvent ainsi exacerbées par des décennies de inégalités structurelles.

Les réponses des autorités et des organisations internationales

Face à cette crise, le gouvernement sud-africain a multiplié les appels au calme, tout en reconnaissant la gravité de la situation. « Nous condamnons fermement ces actes de violence et travaillons à rétablir l’ordre », a affirmé le ministre de la Sécurité intérieure, Siyabonga Cwele, lors d’une conférence de presse. Parallèlement, des missions humanitaires, dont celle de l’ONU et de l’Union africaine, ont commencé à évaluer les besoins des populations touchées. « Nous appelons à la protection des droits fondamentaux de tous les individus, indépendamment de leur origine », a déclaré un porte-parole de l’ONU à Genève. Cependant, les mesures concrètes pour endiguer la crise peinent à se concrétiser.

Et maintenant ?

La situation reste volatile, avec un risque d’escalade dans les prochaines semaines. Les observateurs s’attendent à de nouvelles manifestations, notamment à l’approche des élections municipales prévues en octobre 2026. Les autorités ont annoncé le déploiement de forces supplémentaires dans les zones sensibles, mais la question de la réconciliation nationale et de la lutte contre le chômage — deux enjeux centraux — reste entière. Pour l’instant, aucun calendrier précis n’a été fixé pour un retour au calme durable.

Ces violences xénophobes en Afrique du Sud rappellent que la précarité économique et les frustrations sociales peuvent, à tout moment, se transformer en crises humanitaires. Alors que le pays tente de se relever de la pandémie de Covid-19, cette nouvelle flambée de tensions interroge sur la capacité des institutions à garantir la cohésion nationale et à protéger les populations les plus vulnérables.

D'après France 24, les migrants en provenance du Nigeria, du Zimbabwe et de la Somalie figurent parmi les principales cibles des violences xénophobes. Ces communautés sont régulièrement accusées, à tort ou à raison, de peser sur le marché du travail local.