Lors de l’audience devant la cour criminelle du Bas-Rhin, ce mardi 2 juin 2026, plusieurs femmes ont témoigné avoir ressenti une profonde sidération face aux gestes d’un ostéopathe alsacien, poursuivi pour viols en consultation. Selon Ouest France, les déclarations des plaignantes ont mis en lumière un mélange de stupeur et de sentiment de culpabilité qui les a accompagnées depuis les faits présumés.

Les patientes, dont l’identité n’a pas été révélée, ont détaillé devant les juges la surprise et l’incrédulité qui les ont paralysées au moment des agressions sexuelles, qu’elles imputent à l’accusé. « On se demande toujours si on n’a pas mal interprété la situation », a confié l’une d’elles, évoquant une confusion persistante malgré les années écoulées. Les échanges, rapportés par Ouest France, révèlent une détresse psychologique profonde, où la honte et la peur de ne pas avoir réagi à temps se mêlent à la colère.

Ce qu’il faut retenir

  • Un procès en cours devant la cour criminelle du Bas-Rhin à Strasbourg, ce 2 juin 2026, pour des faits présumés de viols commis par un ostéopathe.
  • Plusieurs plaignantes ont témoigné de leur sidération et de leur sentiment de culpabilité lors des agressions présumées.
  • Les victimes décrivent une confusion persistante quant à leur réaction au moment des faits, évoquant une peur de mal avoir interprété les gestes du praticien.
  • L’accusé, dont l’identité n’a pas été communiquée, comparaît pour des actes commis en consultation.

Des témoignages marqués par l’incompréhension et la honte

Parmi les victimes, certaines ont expliqué avoir mis des années à réaliser ce qui leur était arrivé, oscillant entre déni et acceptation progressive de la réalité. « Au début, on se dit que c’est normal, que c’est lié à l’ostéopathie », a déclaré une patiente, soulignant l’emprise psychologique que peut exercer un professionnel de santé. D’autres ont évoqué des réactions de sidération immédiate, les rendant incapables de réagir ou de fuir, un phénomène parfois observé dans les cas de violences sexuelles.

Les déclarations, retranscrites par Ouest France, révèlent une quête de justice entravée par le traumatisme. Plusieurs femmes ont évoqué des épisodes de dépression, d’anxiété, ou encore des difficultés à consulter un autre professionnel de santé, par peur d’être jugées ou de revivre une situation similaire. « On a l’impression d’avoir été trahies par quelqu’un en qui on avait placé notre confiance », a affirmé une autre plaignante, résumant l’impact durable de ces agressions présumées.

Un procès qui s’annonce complexe

L’accusé, dont le nom n’a pas été divulgué dans la presse, comparaît sous le coup de plusieurs chefs d’accusation, dont des viols aggravés et des agressions sexuelles. Les débats devraient s’étendre sur plusieurs jours, avec l’audition de témoins et d’experts. Selon Ouest France, la défense devrait s’appuyer sur l’argument d’un consentement libre et éclairé de la part des patientes, une ligne qui promet d’alimenter des échanges tendus avec les parties civiles.

Les parties civiles, représentées par leurs avocats, devraient insister sur le contexte particulier de ces consultations : des actes commis sous couvert de soins, ce qui, selon elles, accentue la gravité des faits. « Un professionnel de santé abuse de sa position de confiance », a rappelé l’un des avocats, rappelant que la jurisprudence considère ce facteur comme une circonstance aggravante.

Et maintenant ?

Le procès devrait se poursuivre dans les prochains jours, avec l’audition de nouveaux témoins et l’examen des preuves médico-légales. La décision des juges pourrait être rendue d’ici la fin du mois, selon des sources proches du dossier. En attendant, les associations de défense des victimes appellent à une reconnaissance systémique des violences sexuelles commises dans un cadre médical, un phénomène encore trop souvent minimisé.

Si l’issue du procès reste incertaine, une chose est sûre : les témoignages des plaignantes ont déjà révélé l’ampleur des traumatismes subis. Pour les victimes, la route vers la reconstruction s’annonce longue, mais cette audience publique pourrait constituer une étape cruciale vers une forme de justice.

Les victimes sont des femmes ayant consulté l’ostéopathe présumé pour des soins. Selon Ouest France, elles décrivent un sentiment de trahison lié à l’abus de confiance commis par un professionnel de santé. Leur nombre exact n’a pas été communiqué publiquement.