« Ce qu’on attend, ce ne sont pas des visites, mais des résultats. » La coordinatrice du Réseau interassociatif de Mayotte (RiaM), Avlamy Ramassamy, n’a pas mâché ses mots jeudi 27 août sur France Inter, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu effectuait une visite de deux jours dans l’archipel des Comores. Cette visite s’inscrivait dans un contexte particulièrement tendu, près de deux ans après le passage du cyclone Chido, qui avait laissé un bilan humain et matériel désastreux.

Selon nos confrères de Franceinfo - Politique, Sébastien Lecornu s’est rendu à Mayotte le 26 août 2026 pour évaluer l’avancée des reconstructions et échanger avec les acteurs locaux. Une visite jugée « bonne chose » par Avlamy Ramassamy, mais dont l’impact concret reste « trop faible » aux yeux des associations présentes sur le terrain.

Ce qu'il faut retenir

  • Le cyclone Chido, survenu en décembre 2024, avait causé 40 morts et 41 disparus, tout en ravageant une grande partie de Mayotte.
  • Près de 21 mois après la catastrophe, la reconstruction est qualifiée de « beaucoup trop lente » par les associations locales.
  • La coordinatrice du RiaM, Avlamy Ramassamy, dénonce des coupures d’eau récurrentes, affectant gravement les familles et les infrastructures publiques.
  • La loi pour la refondation de Mayotte, adoptée en 2025 et dotée de 4 milliards d’euros, n’aurait pas encore permis d’améliorer concrètement la situation.
  • Les associations, bien que centrales dans la gestion des crises, ne bénéficient d’aucune ligne budgétaire dédiée dans les dispositifs de reconstruction.

Un cyclone dévastateur et des promesses en suspens

Le cyclone Chido, qui avait frappé Mayotte en décembre 2024, avait laissé derrière lui un archipel profondément marqué. Avec 40 morts et 41 disparus, l’événement avait aussi causé d’importants dégâts matériels, privant des milliers d’habitants d’accès à l’eau potable, à l’électricité et à des logements décents. Deux ans plus tard, les conséquences de cette catastrophe restent visibles sur l’île, où les quartiers entiers peinent encore à se relever.

Pourtant, le gouvernement français avait adopté en 2025 une loi ambitieuse, la loi pour la refondation de Mayotte, dotée d’un budget de 4 milliards d’euros. Objectif affiché : accélérer la reconstruction et améliorer les conditions de vie des Mahorais. Mais sur le terrain, les résultats tardent à se concrétiser. « On nous dit que de l’argent arrive, mais quand on est sur le terrain, on se rend compte que ça ne va pas », a déploré Avlamy Ramassamy.

Des infrastructures toujours défaillantes, deux ans après le drame

Les associations, en première ligne pour accompagner les populations, tirent la sonnette d’alarme. Selon elles, les coupures d’eau, fréquentes et prolongées, illustrent l’échec des politiques publiques. « Ça arrive tout le temps, et ça ne date pas de Chido. On a de l’eau un jour sur trois », a-t-elle précisé. « Je vous laisse imaginer ce que ça peut faire aux familles et aux infrastructures qui accueillent du public », a-t-elle ajouté, soulignant l’urgence à agir.

Au-delà des problèmes d’accès à l’eau, c’est l’ensemble du système de santé et des services publics qui reste fragilisé. Les associations, souvent les seules à intervenir sur le terrain, pallient les défaillances de l’État. Pourtant, malgré leur rôle crucial, elles ne bénéficient d’aucune ligne budgétaire spécifique dans le cadre des 4 milliards d’euros alloués à Mayotte. « La reconstruction ne peut pas se faire sans les associations », a rappelé Avlamy Ramassamy, avant d’ajouter : « J’invite vraiment le gouvernement à nous inclure dans le système, car nous représentons la population. »

Une visite du Premier ministre sous haute tension

L’arrivée de Sébastien Lecornu à Mayotte, les 26 et 27 août 2026, s’inscrivait dans un contexte où les attentes étaient immenses. Les Mahorais, comme les associations, espéraient des annonces concrètes et un plan d’action clair pour accélérer la reconstruction. Pourtant, selon Avlamy Ramassamy, la visite du Premier ministre n’a pas suffi à répondre à leurs inquiétudes. « C’est une bonne chose qu’il vienne nous voir, mais le quotidien des gens ne bouge pas assez », a-t-elle insisté, rappelant que les problèmes structurels persistent.

Lors de ce déplacement, Sébastien Lecornu a pu constater de visu les difficultés rencontrées par les habitants. Mais pour les associations, cette présence médiatique, bien qu’utile pour attirer l’attention, ne suffit pas. Elles réclament désormais des mesures immédiates, comme la réparation des réseaux d’eau, la rénovation des infrastructures sanitaires et l’inclusion des acteurs locaux dans les décisions budgétaires.

Et maintenant ?

La visite de Sébastien Lecornu à Mayotte a mis en lumière les lacunes persistantes dans la gestion post-cyclone Chido. Pour les prochaines semaines, les associations appellent à des actions concrètes, notamment sur les coupures d’eau et la reconstruction des logements. La loi de refondation de Mayotte, avec ses 4 milliards d’euros, devrait théoriquement permettre des avancées, mais son déploiement semble encore flou. Les Mahorais, eux, attendent des résultats tangibles, pas seulement des visites officielles. Reste à savoir si le gouvernement parviendra à traduire ses promesses en mesures effectives d’ici la fin de l’année.

Cette situation laisse planer plusieurs questions : les 4 milliards d’euros promis seront-ils enfin débloqués et utilisés à bon escient ? Les associations seront-elles enfin associées aux décisions ? Et surtout, quand les Mahorais pourront-ils enfin vivre dans des conditions dignes, sans coupures d’eau ni logements insalubres ? Autant de points qui devront trouver des réponses rapides pour éviter une nouvelle dégradation de la situation.

Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte en décembre 2024, a causé la mort de 40 personnes et laissé 41 disparus. Il a également ravagé une grande partie des infrastructures de l’île, privant des milliers d’habitants d’accès à l’eau potable, à l’électricité et à des logements décents.

La loi pour la refondation de Mayotte, adoptée en 2025, prévoit un budget de 4 milliards d’euros pour financer la reconstruction et l’amélioration des conditions de vie sur l’île.