Les personnes dont au moins un parent a vécu jusqu’à 100 ans présentent un risque réduit de maladies cardiovasculaires et de décès précoce, selon une étude récente menée aux États-Unis et au Royaume-Uni. D’après Euronews FR, des chercheurs ont analysé les données de trois études longitudinales impliquant plus de 4 000 participants, révélant des différences significatives en matière de santé et de longévité entre les enfants de centenaires et les autres.

Ce qu'il faut retenir

  • Un risque de décès réduit de 42 % pour les enfants de centenaires par rapport aux autres participants.
  • Un risque de maladies cardiovasculaires inférieur de 33 % et d’hypertension artérielle moindre de 32 %.
  • Une mortalité retardée d’environ trois ans en moyenne et une apparition de l’hypertension repoussée de cinq ans.
  • Les résultats persistent même après ajustement des facteurs de mode de vie comme le tabagisme ou l’alimentation.
  • Le risque d’AVC est également réduit dans deux des trois cohortes étudiées, sans différence notable pour le cancer.

Une longévité liée à des facteurs encore mal identifiés

Les chercheurs, dont les travaux ont été publiés fin août 2026, ont comparé les profils de santé de 4 000 individus répartis dans trois cohortes : deux américaines et une britannique. Parmi eux, ceux ayant au moins un parent ayant atteint l’âge de 100 ans affichaient des indicateurs de santé bien plus favorables que les autres. Leur mortalité était non seulement moins élevée, mais elle survenait aussi plus tard, avec un décalage moyen de trois ans. De même, l’hypertension, principal facteur de risque des maladies cardiovasculaires, apparaissait en moyenne cinq ans plus tard chez ces descendants de centenaires.

Ces résultats, publiés dans le cadre d’une analyse combinée, suggèrent que la longévité exceptionnelle des centenaires pourrait s’expliquer par des mécanismes autres que les seuls facteurs environnementaux. « Les différences de mode de vie ne suffisent pas à expliquer ces écarts », a souligné l’un des auteurs de l’étude, cité par Euronews FR. Pourtant, les chercheurs peinent encore à identifier précisément quels facteurs génétiques ou environnementaux jouent un rôle clé.

Des maladies cardiovasculaires toujours en tête des causes de mortalité

Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès dans le monde, représentant à elles seules 42,5 % des mortalités en Europe en 2019, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En Europe, l’hypertension artérielle est responsable de 24 % des décès liés à ces pathologies, un chiffre qui illustre l’importance de comprendre les mécanismes permettant de retarder leur apparition. Si l’étude met en lumière une protection accrue chez les enfants de centenaires, elle ne confirme pas en revanche une réduction significative du risque de cancer ou d’autres pathologies majeures.

Les données collectées dans le cadre de ces recherches proviennent de participants majoritairement blancs et reposent en partie sur des déclarations auto-évaluées, ce qui limite, selon les auteurs, la portée générale des conclusions. « Ces biais doivent être pris en compte pour interpréter nos résultats », a précisé l’un des chercheurs. Malgré ces limites, l’étude ouvre des pistes pour explorer les liens entre génétique, environnement et longévité.

Une piste pour comprendre les mécanismes de la longévité

Les centenaires, souvent cités pour leur résistance aux maladies liées à l’âge, développent généralement ces affections bien plus tard que la population générale. Leur étude représente donc un terrain d’investigation privilégié pour les scientifiques. En analysant leurs descendants, les chercheurs espèrent identifier des marqueurs biologiques ou des schémas comportementaux transmissibles, qui pourraient un jour inspirer des stratégies de prévention ou de traitement.

Cependant, les mécanismes exacts restent flous. L’étude ne permet pas de déterminer si ces avantages sont directement hérités ou s’ils résultent d’un environnement familial particulier. Les chercheurs appellent à de nouvelles investigations, intégrant des données génomiques et des échantillons plus diversifiés pour affiner leurs conclusions. « Nous commençons seulement à entrevoir la complexité des facteurs en jeu », a déclaré un épidémiologiste interrogé par Euronews FR.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient inclure des analyses génétiques approfondies pour identifier des variants spécifiques associés à une longue espérance de vie en bonne santé. Des chercheurs américains et britanniques ont d’ores et déjà annoncé le lancement de nouvelles études longitudinales, avec des échantillons plus représentatifs, d’ici fin 2026. Ces travaux pourraient, à terme, aboutir à des recommandations personnalisées pour prévenir les maladies cardiovasculaires, en ciblant notamment les populations à risque. Reste à voir si ces pistes mèneront à des applications concrètes dans la pratique médicale.

Pour les familles ayant un historique de longévité exceptionnelle, ces résultats pourraient offrir une certaine sérénité quant à leur propre santé future. Cependant, les experts rappellent que le mode de vie – alimentation, activité physique, gestion du stress – reste un levier essentiel pour maximiser ses chances de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Non. L’étude montre une tendance à un risque réduit de maladies cardiovasculaires et de décès précoce, mais elle ne garantit pas une longévité exceptionnelle. D’autres facteurs, comme l’environnement ou les choix de vie, jouent un rôle déterminant. Les chercheurs insistent sur le fait que ces résultats ne constituent pas une prédiction individuelle.