Avec une perte moyenne de 59 % de leur valeur après cinq ans, les voitures électriques figurent parmi les modèles les plus dévalués sur le marché de l’occasion, selon une étude récente publiée par la plateforme Leboncoin. Le Figaro rapporte que ces chiffres, issus d’une analyse couvrant les dix modèles électriques les plus vendus en France, dépassent largement les 35 à 52 % de décote observés pour les véhicules thermiques, essence ou diesel.

Ce qu'il faut retenir

  • 59 % de décote moyenne après cinq ans pour les voitures électriques les plus vendues en France, contre 35 à 52 % pour les thermiques
  • La Dacia Spring affiche la meilleure résistance à la dépréciation avec seulement 53 % de perte, devant la Tesla Model 3 et la Fiat 500 (56 %)
  • Les modèles français comme la Peugeot 208, la Renault Twingo, la Peugeot 2008 et la Renault Zoé subissent des moins-values comprises entre 60 % et 65 %
  • Les fortes décotes s’expliquent par l’avantage des bonus écologiques en neuf, mais les prix à la revente deviennent attractifs
  • Les batteries des véhicules électriques perdent en moyenne seulement 1 à 2 % de capacité par an après cinq ans
  • 35 % des voitures neuves vendues en France en juillet 2026 étaient électriques, confirmant l’essor du marché

Cette tendance, révélée en début de semaine par Leboncoin, met en lumière un paradoxe : si l’achat d’une voiture électrique neuve bénéficie encore d’aides publiques significatives, son prix à l’usage — et notamment sa décote à la revente — reste un sujet de vigilance pour les consommateurs. Olivier Flavier, directeur général du marché automobile chez Leboncoin, avance une explication : « Les voitures électriques affichent souvent les plus fortes décotes sur leurs premières années, notamment parce qu’elles ont bénéficié d’un bonus à l’achat en neuf », déclare-t-il. « Toutefois, le malheur des uns fait le bonheur des autres : ces modèles deviennent de très bonnes affaires à leur première revente en occasion ».

L’étude souligne également que la dépréciation ralentit après les premières années. Une donnée rassurante alors que les craintes sur la longévité des batteries persistent. Les experts rappellent que, après cinq ans d’utilisation, la capacité des batteries ne diminue en moyenne que de 1 à 2 % par an, restant ainsi proche de ses performances initiales. Un argument qui pourrait tempérer les inquiétudes des acheteurs potentiels, malgré la forte décote initiale.

Des modèles premium pas toujours à l’abri des fortes pertes

Contrairement aux idées reçues, les véhicules électriques haut de gamme ne sont pas épargnés par cette tendance. Si la Dacia Spring s’impose comme la meilleure affaire avec une décote de 53 % sur cinq ans, ses concurrents directs affichent des chiffres moins flatteurs. La Tesla Model 3 et la Fiat 500 — toutes deux à 56 % — se classent derrière, mais devant la plupart des modèles français. Ces derniers, bien que populaires, subissent des pertes plus marquées : 60 % pour la Peugeot 208, 62 % pour la Renault Twingo, 63 % pour la Peugeot 2008 et jusqu’à 65 % pour la Renault Zoé.

Ces écarts s’expliquent en partie par les politiques tarifaires des constructeurs et les attentes des consommateurs. Les marques low-cost, comme Dacia, misent sur des prix d’entrée réduits pour séduire une clientèle sensible au budget. À l’inverse, les modèles français, souvent positionnés sur des segments plus concurrentiels, subissent une pression accrue sur les prix de revente. « Les acheteurs en occasion recherchent des véhicules accessibles, et les modèles français, bien que fiables, doivent composer avec une concurrence internationale agressive », analyse un observateur du marché.

Un marché en pleine mutation, dopé par les aides publiques

L’essor des voitures électriques en France s’inscrit dans un contexte de soutien accru aux mobilités durables. Selon les dernières données de la Plateforme automobile (PFA), 35 % des voitures neuves vendues en juillet 2026 étaient électriques — un chiffre qui porte à 29 % la part de marché sur les sept premiers mois de l’année. Une progression significative, portée par des dispositifs incitatifs renforcés.

Parmi eux, le leasing social, lancé le 16 juillet 2026, propose 50 000 véhicules électriques à des loyers inférieurs ou égaux à 200 euros par mois. Ce dispositif s’ajoute à une prime à l’achat rehaussée, pouvant atteindre 9 000 euros pour les ménages les plus modestes, à condition que le véhicule — y compris sa batterie — soit produit en Europe. « L’accélération des ventes de modèles électriques intervient dans un cadre de soutien renforcé », confirme le cabinet AAA Data dans une analyse publiée début août. Autant dire que l’équation économique pour les acheteurs reste favorable, malgré la décote à la revente.

Des batteries toujours plus fiables, un atout pour l’avenir

Si la question de la décote préoccupe les propriétaires actuels et futurs, celle de la longévité des batteries rassure. Les études récentes montrent que, après cinq ans, la dégradation reste limitée. « Plusieurs études confirment que la capacité des batteries ne se réduit en moyenne que de 1 à 2 % par an », rappelle Olivier Flavier. Un taux qui permet d’envisager sereinement l’usage des véhicules électriques sur le long terme.

Cette donnée technique pourrait également influencer les stratégies des constructeurs et des plateformes de revente. En misant sur la durabilité de leurs batteries, certains pourraient atténuer l’impact des fortes décotes initiales. « Les acheteurs en occasion sont de plus en plus attentifs à l’état de la batterie », souligne Flavier. « Une batterie en bon état peut justifier un prix plus élevé, même après cinq ans ». Une tendance qui pourrait se renforcer avec l’arrivée de nouveaux modèles et l’évolution des technologies.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir évoluer les dynamiques du marché de l’occasion électrique. Avec l’augmentation des volumes de véhicules mis en circulation grâce aux aides publiques, l’offre en occasion devrait continuer de croître. Reste à savoir si cette abondance maintiendra la pression sur les prix ou si les constructeurs parviendront à stabiliser les décotes en misant sur des arguments comme la fiabilité des batteries ou les services associés (garanties, entretien). Une chose est sûre : les acheteurs disposeront d’un choix plus large, mais devront naviguer entre opportunités et risques financiers.

Alors que le marché des véhicules électriques continue de s’étendre, les questions sur la durabilité des modèles et la viabilité économique de l’occasion restent au cœur des débats. Les prochaines échéances — notamment l’évolution des bonus écologiques et les annonces des constructeurs — seront déterminantes pour orienter les choix des consommateurs et la santé du secteur.

Selon Olivier Flavier, directeur général du marché automobile chez Leboncoin, cette dépréciation s’explique principalement par les bonus écologiques accordés à l’achat neuf. « Les véhicules électriques bénéficient d’aides publiques importantes en neuf, ce qui réduit leur prix d’achat initial, mais se répercute sur leur valeur à la revente », précise-t-il. À l’inverse, leur prix en occasion devient attractif pour les acheteurs secondaires.