Depuis plusieurs mois, des militaires français s'entraînent aux côtés de la Légion internationale ukrainienne, une unité placée sous l'égide des services de renseignement militaire de Kyiv. Selon Euronews FR, ces volontaires rejoignent notamment le groupe tactique « Revanche », où ils perfectionnent leurs compétences en tactiques d'assaut, maniement des armes et manœuvres en petites unités. Ces entraînements offrent un aperçu concret des conditions auxquelles sont confrontés les combattants étrangers avant leur déploiement sur le front.

Ce qu'il faut retenir

  • Une unité sous commandement ukrainien : La Légion internationale des services de renseignement de la défense ukrainiens (DIU) intègre des volontaires étrangers, dont des Français, pour des missions de renseignement et de combat.
  • Un entraînement ciblé : Les sessions portent sur les tactiques d'assaut, les manœuvres en petites unités et l'utilisation des armes légères, avec un accent sur la préparation au front.
  • Une réorganisation récente : Fin 2025, la Légion internationale des Forces terrestres a été réorganisée, mais celle rattachée au service de renseignement militaire a conservé son autonomie.
  • Des missions variées : La DIU participe à des opérations de renseignement, de frappe par drones, de reconnaissance et de cybersécurité, comme en attestent les vidéos publiées par l'unité.
  • Un engagement motivé par l'idéologie : Un volontaire français, répondant au pseudonyme de « Leon », a expliqué son engagement par un désir d'aider le peuple ukrainien et par sa passion pour le métier des armes.

Une unité étrangère au cœur du conflit

Depuis l'invasion russe à grande échelle en février 2022, l'Ukraine a recruté des milliers de volontaires internationaux pour renforcer ses rangs. Selon Euronews FR, ces combattants viennent des quatre coins du monde, motivés par des raisons idéologiques, humanitaires ou militaires. La Légion internationale ukrainienne, placée sous l'autorité du service de renseignement militaire (GUR), est l'une des unités étrangères les plus actives. Elle se distingue par sa spécialisation dans les missions de renseignement, de sabotage et de frappe à distance, en complément des unités conventionnelles comme la Légion internationale des Forces terrestres.

Les vidéos diffusées par la DIU montrent ses membres en train de lancer des frappes de drones, d'effectuer des reconnaissances en profondeur ou de mener des assauts d'infanterie contre des positions russes. Ces images, publiées sur les réseaux sociaux, illustrent l'évolution des tactiques de guerre en Ukraine, où la guerre électronique et les frappes de précision jouent un rôle croissant.

Un entraînement adapté aux besoins du front

Les volontaires français intégrés au groupe tactique « Revanche » suivent un programme intensif axé sur les réalités du terrain ukrainien. L'accent est mis sur les manœuvres en petites unités, essentielles pour les opérations de guérilla ou les assauts contre des lignes fortifiées. Les séances incluent aussi le tir au combat, la gestion du stress et la coordination avec d'autres unités, qu'elles soient locales ou internationales. « On apprend à survivre dans un environnement où chaque détail compte », confie un instructeur ukrainien sous couvert d'anonymat.

Contrairement à d'autres unités étrangères, la DIU ne dépend pas uniquement des Forces armées ukrainiennes. Elle relève directement du GUR, ce qui lui confère une autonomie opérationnelle et une flexibilité accrue. Cette particularité a été préservée malgré la réorganisation de fin 2025, qui a vu le transfert de nombreux soldats de la Légion des Forces terrestres vers d'autres régiments d'assaut. La DIU, elle, a conservé sa structure et ses missions spécifiques.

Les motivations des volontaires : entre idéal et réalité

Parmi les Français en formation, « Leon » incarne une partie des motivations qui animent ces combattants. Dans un entretien accordé à Euronews FR, il a expliqué son engagement par un mélange de patriotisme et de fascination pour la vie militaire. « J'adore être soldat, et la situation en Ukraine m'a profondément touché. J'ai donc pris cette décision avec mon cœur », a-t-il déclaré. Son pseudonyme et son anonymat sont une pratique courante parmi les volontaires, soucieux de protéger leur identité avant un éventuel déploiement.

Les profils varient : certains ont une expérience militaire préalable, d'autres sont des civils motivés par l'urgence de la situation. Tous partagent, selon les observateurs, une volonté de contribuer à la défense d'un pays qu'ils perçoivent comme victime d'une agression injustifiée. « Ici, on ne fait pas que s'entraîner. On prépare une guerre qui dure depuis plus de quatre ans », confie un autre volontaire, dont l'identité n'a pas été révélée.

Une guerre où l'innovation compte autant que les hommes

La DIU se distingue également par son intégration des nouvelles technologies. En plus des missions de renseignement et de combat classique, ses membres participent à des projets dans les domaines de la cybersécurité et de la construction de drones. Les vidéos officielles montrent des combattants utilisant des systèmes de guidage par IA pour des frappes de précision, ou analysant des données de reconnaissance en temps réel. « La guerre en Ukraine est devenue un laboratoire où se testent les innovations militaires », souligne un analyste de la défense basé à Kyiv.

Cette approche hybride, mêlant compétences traditionnelles et technologies de pointe, reflète les défis auxquels est confrontée l'Ukraine depuis 2022. Alors que le front reste globalement figé depuis des mois, selon les évaluations de l'Institute for the Study of War (ISW), les unités comme la DIU jouent un rôle clé dans la collecte de renseignements et la préparation d'éventuelles contre-offensives.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une intensification des activités de la DIU, notamment en vue d'une éventuelle contre-offensive ukrainienne ou de la défense contre de nouvelles avancées russes. Les volontaires français, une fois leur entraînement terminé, pourraient être déployés sur des missions ciblées, en coordination avec d'autres unités internationales. La question de la durée de leur engagement reste ouverte, tout comme celle de l'évolution des besoins ukrainiens en matière de soutien étranger.

Pour Kyiv, ces combattants étrangers représentent un atout stratégique, tant sur le plan opérationnel que symbolique. Leur présence envoie un message de solidarité internationale, tout en renforçant les capacités de renseignement de l'armée ukrainienne. Reste à voir si cette dynamique pourra être maintenue à long terme, alors que la guerre entre dans sa cinquième année.

La Légion internationale des Forces terrestres relève directement de l'armée ukrainienne et a été réorganisée fin 2025, avec un transfert de ses soldats vers d'autres régiments d'assaut. La DIU (Légion internationale des services de renseignement de la défense ukrainiens), en revanche, dépend du GUR et a conservé son autonomie. Elle se concentre sur des missions de renseignement, de frappe par drones et de cybersécurité, selon Euronews FR.