La Nasa vient de désactiver un nouvel instrument à bord de Voyager 1, la sonde spatiale la plus éloignée de la Terre, dans une tentative désespérée de préserver ses réserves d’énergie et de prolonger sa mission historique aux confins du Système solaire. Selon Futura Sciences, l’agence spatiale américaine a coupé le LECP (Low Energy Charged Particles instrument) le 17 avril 2026, réduisant ainsi encore davantage la capacité de mesure de la sonde déjà très affaiblie.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 17 avril 2026, la Nasa a désactivé le LECP de Voyager 1, un instrument mesurant les flux d’ions et d’électrons à basse énergie, pour économiser l’énergie.
  • Cette sonde, lancée en 1977, se trouve désormais à 25,4 milliards de kilomètres de la Terre, soit 23 heures-lumière de délai de communication.
  • Seuls deux instruments restent opérationnels : le magnétomètre MAG et le capteur de plasma PWS, partiellement endommagé.
  • Voyager 2, sonde jumelle, a également vu son LECP éteint en mars 2025 et n’a plus que trois instruments fonctionnels.
  • La Nasa mise sur des mises à jour logicielles à distance pour optimiser la consommation énergétique et gagner au moins un an de mission supplémentaire.

Une mission historique aux limites de l’énergie

Lancée en 1977, Voyager 1 est devenue la première sonde humaine à franchir les frontières du Système solaire et à pénétrer dans le milieu interstellaire. Pourtant, après près de 50 ans de service, ses ressources s’amenuisent inexorablement. L’équipe du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa a donc lancé en 2025 une opération baptisée « Big Bang », visant à éteindre successivement les instruments les moins critiques afin de maintenir la sonde en vie. Le spectromètre UVS a été arrêté en 2016, le capteur de rayons cosmiques CRS en 2025, et désormais c’est au tour du LECP.

Selon les ingénieurs, le LECP, bien que toujours capable de fonctionner, consommait trop d’énergie pour justifier son maintien. « Désactiver cet instrument est un choix difficile, mais nécessaire pour préserver l’ensemble de la mission », a expliqué un porte-parole de la Nasa cité par Futura Sciences. Depuis 2025, Voyager 1 n’a plus que deux instruments actifs : le magnétomètre MAG, qui mesure les champs magnétiques, et le capteur de plasma PWS, déjà partiellement défaillant.

Voyager 1 et 2 : deux pionnières condamnées à l’éternel voyage

La sonde jumelle, Voyager 2, suit le même destin. Son LECP a été éteint en mars 2025, et il ne reste plus que trois instruments en état de marche : le MAG, le PWS et le capteur de rayons cosmiques CRS. La Nasa espère ainsi prolonger leur durée de vie d’au moins un an, voire davantage grâce à des optimisations logicielles. « Chaque watt compte désormais », a précisé un responsable du projet, cité par Futura Sciences.

Malgré leur âge avancé, ces deux sondes restent des joyaux de l’exploration spatiale. Leurs données ont permis de mieux comprendre les confins du Système solaire, l’héliosphère et le milieu interstellaire. Les informations recueillies ont notamment éclairé les scientifiques sur la structure de la matière noire et le comportement des trous noirs. Pourtant, leurs instruments, bien que révolutionnaires à l’époque, sont aujourd’hui dépassés par les technologies modernes. Bref, elles sont devenues des témoins uniques d’une époque révolue de l’exploration spatiale.

Un voyage sans retour à travers la galaxie

Le 22 avril 2026, Voyager 1 se trouvait à 25,4 milliards de kilomètres de la Terre, soit un signal mettant 23 heures à nous parvenir. Son sister-ship, Voyager 2, était quant à elle à 21,35 milliards de kilomètres, avec un délai de communication de 19 heures. Ces distances défient l’entendement et rendent toute intervention technique extrêmement complexe, voire impossible.

À long terme, les deux sondes poursuivront leur route vers d’autres systèmes stellaires. Selon les prévisions, Voyager 1 passera à 1,7 année-lumière de l’étoile Gliese 445, une naine rouge de la constellation de la Petite Ourse, dans environ 40 000 ans. De son côté, Voyager 2 devrait frôler Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel terrestre, dans 296 000 ans. Autant dire que leur voyage ne s’achèvera pas de sitôt, même si leurs systèmes s’éteindront bien avant.

Des données inestimables, malgré des instruments obsolètes

Malgré leur âge, Voyager 1 et 2 continuent de fournir des données précieuses. Leurs mesures du milieu interstellaire, de la composition des rayons cosmiques et des champs magnétiques offrent une fenêtre unique sur une région de l’espace inaccessible à toute autre mission actuelle. « Ces sondes sont les seules à avoir exploré cette zone, et elles resteront probablement insurpassables pendant des décennies », souligne un astronome interrogé par Futura Sciences.

Pour autant, leur remplacement n’est pas à l’ordre du jour. Même les missions les plus ambitieuses, comme une éventuelle sonde interstellaire, mettraient des décennies à rattraper leur avance. En attendant, la Nasa mise sur des optimisations logicielles et une gestion drastique de l’énergie pour prolonger leur vie au maximum. La moindre économie compte : chaque milliwatt économisé pourrait faire la différence entre une fin de mission et quelques mois de données supplémentaires.

Et maintenant ?

La Nasa prévoit de continuer à désactiver les instruments de Voyager 1 et 2 au rythme d’un par an, si nécessaire, afin de préserver leur fonctionnement le plus longtemps possible. Les prochaines étapes incluent des mises à jour logicielles pour redistribuer l’alimentation électrique et optimiser la consommation des systèmes restants. Aucune date précise n’a été avancée pour la fin définitive de leur mission, mais les scientifiques tablent sur une poursuite des opérations jusqu’à la fin de la décennie, voire au-delà. Quant aux données collectées, elles continueront d’alimenter la recherche en astrophysique et en cosmologie pendant des années.

Pour suivre en temps réel la position et l’état des deux sondes, la Nasa propose un outil interactif sur son site « Where are Voyager 1 and Voyager 2 Now ? ». Une occasion rare de mesurer le chemin parcouru depuis 1977 et de saluer le génie humain capable d’envoyer des machines explorer l’inconnu à des milliards de kilomètres de distance.