Partout dans le monde, les voyageurs cherchent à ralentir, et la presse internationale observe cette tendance croissante. Selon Courrier International, dans son numéro spécial « L’Appel du calme » (n°1864), plusieurs récits illustrent cette quête de voyages plus lents, moins polluants, et surtout plus riches en expériences. Entre périples en train à travers l’Europe et immersion dans des cultures où le temps semble s’être arrêté, les alternatives au tourisme de masse séduisent de plus en plus de globe-trotters.
Ce qu'il faut retenir
- Un journaliste allemand a rallié le Maroc depuis Munich en train, en 3 jours et 6 correspondances, un trajet 49 fois moins polluant qu’un vol direct, selon le calculateur de l’Ademe.
- Son voyage, bien que plus long, lui a réservé des paysages mémorables, notamment en Andalousie, où il décrit des « cerisiers en fleurs sous un ciel chargé de nuages menaçants ».
- Courrier International souligne aussi l’attrait du Laos, où l’art de la sérénité, inspiré du bouddhisme, inspire une approche méditative du voyage.
Un trajet en train de Munich à Marrakech : l’aventure avant le dépaysement
Dominik Prantl, journaliste au Süddeutsche Zeitung, a choisi de relier Munich à Marrakech sans avion. Trois jours de voyage, six correspondances, et une patience à toute épreuve. « Rallier le Maroc à partir de Munich en train peut sembler épuisant – et ça l’est ! », admet-il. Pourtant, son périple n’est pas motivé par une simple envie de dépaysement. Pour lui, le train reste « l’un des derniers modes de transport au parfum d’aventure », malgré la facilité des pass Interrail et l’internationalisation des lignes.
L’aspect écologique a aussi joué un rôle clé. D’après le calculateur de l’Agence de la transition écologique (Ademe), son trajet en train a été 49 fois moins polluant qu’un vol direct. Un argument de poids pour un nombre croissant de voyageurs soucieux de leur empreinte carbone. Une fois sur place, les paysages traversés ont valu tous les efforts consentis. « Le train traverse des paysages humides parsemés de cerisiers en fleurs, des contrées verdoyantes qui ont un petit air d’Irlande », raconte-t-il. « Sous un ciel chargé de nuages menaçants, nous voilà arrivés à Málaga. L’Andalousie au crépuscule. »
Le Laos, terre de sérénité et de voyages introspectifs
Courrier International évoque également l’attrait du Laos, où la philosophie bouddhiste inspire une approche méditative du voyage. « Ici, l’aube ne se lève pas, elle s’étire », suggère le journal, citant un proverbe local. Dans ce pays d’Asie du Sud-Est, le temps semble suspendu, et les voyageurs viennent chercher bien plus qu’un simple dépaysement : une parenthèse pour se reconnecter à soi-même.
Cette quête de lenteur et d’authenticité n’est pas nouvelle, mais elle prend une ampleur particulière dans un monde où l’urgence et la rapidité dominent. Les récits comme celui de Prantl ou les enseignements du Laos montrent que le voyage peut être bien plus qu’une simple consommation de kilomètres. Il peut devenir une expérience sensorielle et spirituelle, où chaque étape compte.
Une tendance mondiale, des motivations locales
Cette envie de voyager autrement n’est pas cantonnée à l’Europe ou à l’Asie. Partout dans le monde, les médias observent un engouement pour des trajets plus longs, mais plus riches en rencontres et en découvertes. En Allemagne, en France ou encore aux États-Unis, les voyageurs optent pour des trains de nuit, des traversées en ferry, ou des road-trips en voiture plutôt que pour les vols low-cost. Les raisons ? Écologie, authenticité, et parfois, une simple envie de se libérer des contraintes du temps.
Pourtant, cette tendance ne va pas sans défis. Les trajets en train longue distance impliquent souvent des correspondances, des retards, et une logistique complexe. Comme le souligne Prantl, « prendre le train reste l’un des derniers modes de transport au parfum d’aventure ». Mais pour combien de temps encore ? Avec l’augmentation des lignes à grande vitesse et la généralisation des pass Interrail, le voyage lent pourrait-il devenir la norme ?
En attendant, les voyageurs continueront d’explorer le monde à leur rythme, avec la conviction que chaque kilomètre parcouru en train ou en bateau vaut bien plus qu’un simple trajet.
Selon le calculateur de l’Ademe, un trajet en train entre Munich et Marrakech émet 49 fois moins de CO₂ qu’un vol direct. Les trains sont généralement plus efficaces énergétiquement que les avions, surtout sur des distances moyennes où le décollage et l’atterrissage consomment beaucoup de carburant.
Oui, les voyageurs peuvent opter pour des traversées en ferry, des road-trips en voiture, ou même des voyages en bateau de croisière. Certains choisissent aussi des randonnées ou des voyages à vélo pour allier lenteur et découverte. Chaque mode de transport offre une expérience différente, mais tous partagent un même objectif : privilégier la qualité à la quantité.