Les États-Unis ont annoncé lundi l’ajout des géants technologiques chinois Alibaba, Baidu et BYD à leur liste noire, officiellement pour leur collaboration présumée avec l’armée chinoise. Une décision qui a immédiatement suscité la réprobation de Pékin, la Chine appelant Washington à « cesser de réprimer » les entreprises du pays, selon France 24.

Cette liste noire, gérée par le département du Commerce américain, interdit désormais aux entreprises américaines de commercer avec ces groupes sans autorisation préalable. Elle s’inscrit dans une logique de restriction accrue des échanges technologiques entre les deux premières puissances économiques mondiales. Jusqu’à présent, une trentaine d’entités chinoises figuraient déjà sur ce registre, mais l’ajout de ces trois noms – leaders dans les secteurs du numérique, de l’intelligence artificielle et des véhicules électriques – marque une escalade dans les tensions commerciales et géopolitiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Alibaba, Baidu et BYD viennent d’être inscrits sur la liste noire américaine pour leurs liens présumés avec l’armée chinoise.
  • Cette liste interdit aux entreprises américaines de traiter avec ces groupes sans autorisation préalable.
  • Pékin dénonce une « répression » et exige un arrêt immédiat de ces mesures, selon France 24.
  • Ces trois entreprises sont des leaders mondiaux dans leurs secteurs respectifs : e-commerce, recherche en IA et construction automobile.
  • Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine.

Une décision américaine motivée par des liens avec l’armée chinoise

Le département du Commerce américain justifie l’inscription de ces trois groupes par leur « contribution aux activités militaires » de Pékin. Bien que les détails précis des liens ne soient pas toujours rendus publics, Washington évoque régulièrement l’implication des entreprises chinoises dans le développement de technologies duales – civiles et militaires. Baidu, par exemple, est reconnu pour ses avancées en intelligence artificielle, un domaine stratégique pour les applications militaires modernes.

Cette liste noire, souvent appelée « Entity List », n’est pas une nouveauté. Elle a été créée en 1997 et a vu son usage se renforcer sous l’administration Trump, puis sous celle de Joe Biden. Les entreprises concernées se voient imposer des restrictions commerciales strictes, pouvant aller jusqu’à l’interdiction totale d’accès aux composants électroniques américains – un levier utilisé contre Huawei en 2019.

Pékin dénonce une « ingérence » et une politique de « répression »

Face à cette décision, le ministère chinois des Affaires étrangères a réagi avec fermeté. « Nous appelons les États-Unis à cesser immédiatement de réprimer les entreprises chinoises et à créer un environnement équitable et non discriminatoire pour la coopération économique et commerciale », a déclaré un porte-parole lors d’une conférence de presse mardi. Pékin dénonce une politique « unilatérale » et « protectionniste », qui, selon elle, porte atteinte aux règles du commerce international.

Cette réaction s’inscrit dans une stratégie chinoise plus large de résistance aux pressions américaines. En avril dernier, la Chine avait déjà annoncé des mesures de rétorsion contre des produits agricoles américains en représailles aux droits de douane imposés par Washington sur les importations chinoises. Les deux pays restent engagés dans une guerre commerciale larvée, marquée par des cycles de sanctions et de contre-sanctions.

Des entreprises stratégiques dans l’économie mondiale

Alibaba, géant du e-commerce fondé par Jack Ma, est un acteur incontournable du commerce en ligne, avec un chiffre d’affaires dépassant les 100 milliards de dollars en 2025. Baidu, surnommé le « Google chinois », domine le marché des moteurs de recherche et investit massivement dans les véhicules autonomes et l’IA. Quant à BYD, il est devenu le premier constructeur mondial de véhicules électriques, dépassant Tesla en volume de ventes en 2025, et collabore avec des entreprises de défense pour des projets de batteries militaires.

L’inscription de ces entreprises sur la liste noire pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà des frontières américaines. Les fournisseurs de semi-conducteurs, notamment taïwanais et sud-coréens, pourraient être contraints de revoir leurs chaînes d’approvisionnement. En Chine, ces groupes pourraient chercher à développer des alternatives locales, accélérant ainsi l’autonomie technologique du pays.

Et maintenant ?

La prochaine étape dépendra des réactions des entreprises concernées et des éventuelles concessions de Washington. Les groupes chinois pourraient déposer des recours juridiques ou négocier des exemptions, tandis que le département du Commerce américain pourrait durcir ou assouplir ses règles en fonction des développements géopolitiques. Une réunion du G20 prévue en septembre pourrait offrir une tribune pour désamorcer les tensions, même si aucun calendrier précis n’a encore été annoncé.

Cette affaire laisse en suspens plusieurs questions : dans quelle mesure ces restrictions affecteront-elles les performances financières d’Alibaba, Baidu et BYD ? La Chine parviendra-t-elle à protéger ses champions technologiques malgré ces pressions ? Et jusqu’où les États-Unis sont-ils prêts à aller dans leur politique de containment technologique face à Pékin ? Autant d’éléments qui pourraient redéfinir les équilibres économiques mondiaux dans les mois à venir.