Plusieurs entrepôts appartenant à Wildberries, le géant russe de la vente en ligne, ont été ciblés par des frappes ces dix-huit derniers jours. Selon des déclarations rapportées par France 24, c’est le commandant ukrainien Robert Brovdi qui a confirmé l’information, précisant que des attaques ont notamment visé des installations logistiques dans la nuit de lundi à mardi.
Ce qu'il faut retenir
- Quinze entrepôts de Wildberries ont été attaqués en Russie au cours des dix-huit derniers jours, selon le commandant ukrainien Robert Brovdi.
- Plusieurs frappes ont eu lieu dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 août 2026, touchant des sites logistiques.
- Kiev accuse le géant du e-commerce de ravitailler indirectement l’armée russe via ses infrastructures.
- Wildberries, basé à Moscou, n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations.
- Ces attaques s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues entre l’Ukraine et la Russie.
Des frappes ciblées sur des infrastructures logistiques
D’après les informations communiquées par le commandant ukrainien Robert Brovdi, Wildberries est désormais dans le viseur des forces ukrainiennes. Quinze sites logistiques de l’entreprise, répartis sur le territoire russe, auraient été endommagés ou détruits au cours des dernières semaines. Ces attaques, menées de manière coordonnée, visent des entrepôts considérés comme des points névralgiques pour l’approvisionnement des troupes russes. « Ces installations jouent un rôle clé dans la chaîne logistique militaire », a précisé le responsable, sans préciser si des victimes civiles avaient été déplorées.
Les frappes récentes, notamment celles de la nuit du 5 au 6 août, illustrent une intensification des opérations ukrainiennes contre les infrastructures civiles utilisées à des fins militaires. Selon des observateurs, cette stratégie s’inscrit dans une logique de pression accrue sur Moscou, alors que le conflit en Ukraine entre dans sa troisième année.
Wildberries au cœur des tensions géopolitiques
Fondé en 2004 et devenu l’un des leaders du e-commerce en Russie, Wildberries emploie plus de 50 000 personnes et livre des millions de colis chaque jour. L’entreprise, dont le siège est situé à Moscou, est désormais sous le feu des projecteurs pour son rôle présumé dans le soutien à l’effort de guerre russe. Kiev affirme que certains entrepôts de l’entreprise servent à stocker du matériel ou à acheminer des fournitures destinées à l’armée russe, une allégation que Wildberries n’a pas encore commentée officiellement.
Ces accusations s’ajoutent à une série de mesures prises par l’Ukraine contre des entreprises russes suspectées de collaborer avec le régime de Moscou. En juin 2026, le gouvernement ukrainien avait déjà placé plusieurs sociétés sous sanctions pour leur rôle dans le secteur de la défense. — Autant dire que la pression sur les acteurs économiques russes ne faiblit pas, côté ukrainien.
Un contexte de guerre prolongée
Ces attaques surviennent alors que les combats s’intensifient dans l’est et le sud de l’Ukraine, avec des affrontements signalés près de Koursk et dans la région de Donetsk. L’armée ukrainienne cherche à fragiliser les capacités logistiques de son adversaire, notamment en ciblant des infrastructures stratégiques. Les frappes contre Wildberries pourraient ainsi s’inscrire dans une stratégie plus large visant à perturber les chaînes d’approvisionnement russes.
Pour l’instant, les autorités russes n’ont pas réagi publiquement à ces accusations. Pourtant, la question de la responsabilité des entreprises civiles dans les conflits armés reste un sujet sensible, notamment depuis l’adoption de sanctions internationales contre Moscou. Bref, cette affaire pourrait bien avoir des répercussions bien au-delà des frontières ukrainiennes.
Ces événements soulèvent une question plus large : jusqu’où les entreprises civiles peuvent-elles être tenues pour responsables dans un conflit armé ? Alors que les sanctions contre la Russie s’accumulent, l’affaire Wildberries pourrait servir d’exemple pour d’autres géants économiques russes pris dans l’étau des tensions géopolitiques.