« C’est Wimbledon ! Il faut bien s’habiller. » L’avis de Jari Hedman, entraîneur finlandais de 65 ans, résume l’état d’esprit qui règne chaque année sur les courts du plus ancien tournoi du Grand Chelem. Pour les joueurs comme pour les spectateurs, la tradition vestimentaire britannique s’impose comme une règle non écrite, entre blanc immaculé et tenue soignée, comme le rapporte Franceinfo - Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Wimbledon 2026 se déroule du 29 juin au 12 juillet, dans le strict respect de son code vestimentaire blanc.
  • Les joueurs doivent porter du blanc pur « dès l’instant où ils pénètrent dans l’enceinte du court », précise le règlement.
  • La princesse Kate, figure emblématique de la famille royale britannique, est une habituée des tribunes.
  • Naomi Osaka a marqué les esprits avec une robe longue blanche inspirée du kimono, tandis que Novak Djokovic arborait une veste Lacoste blanche.
  • Les médias britanniques consacrent chaque année des articles à l’« étiquette » à respecter, entre tradition et modernité.

Un tournoi où le style fait partie du jeu

Depuis son inauguration en 1877, Wimbledon cultive une image d’exclusivité et d’élégance, où le tennis se mêle à la high society britannique. Le code vestimentaire, strict pour les athlètes, s’étend naturellement aux spectateurs, créant une atmosphère unique où le blanc domine. « Entre têtes couronnées, célébrités et inconditionnels du tennis, Wimbledon est toujours une occasion particulière. Alors autant soigner sa tenue », a rappelé le Times dans un article dédié à l’étiquette du tournoi.

Les organisateurs rappellent que la couleur blanche doit être « pure », excluant les teintes crème ou blanc cassé. Une règle héritée du XIXe siècle, où toute trace de transpiration était jugée inconvenante sur les courts. Aujourd’hui, cette tradition perdure, transformant Wimbledon en un spectacle où le style compte autant que le jeu.

Les célébrités et la famille royale, figures de proue de l’élégance

La princesse Kate, présente chaque année, incarne cette tradition avec une élégance discrète mais remarquée. En 2025, sa tenue avait fait l’objet de commentaires dans la presse britannique, illustrant l’importance accordée à l’apparence sur les bords du court. Pour les Britanniques, Wimbledon reste un rendez-vous social majeur, à l’image des courses hippiques d’Ascot. « Les gens tenaient à se mettre sur leur trente-et-un », a expliqué Elizabeth Wilson, auteure de Love Game, un ouvrage retraçant l’histoire du tennis.

Les années 1960 ont vu les femmes porter des gants et des chapeaux, mais le tournoi s’est modernisé sans pour autant renier ses racines. Aujourd’hui, les spectateurs adoptent des tenues variées, du chapeau panama aux robes à fleurs, en passant par les costumes en lin. Lucie Ta, une ingénieure pragoise de 29 ans, arbore ainsi une longue robe blanche à pois noirs, complétée par une veste si la météo l’exige. « C’est pour respecter la tradition », confie-t-elle.

« Wimbledon donne un aperçu de ce à quoi ressemblait la société britannique dans le passé. »
— Daniel-Yaw Miller, écrivain et journaliste spécialisé dans la mode sportive

Les joueurs, soumis à un dress code exigeant

Pour les athlètes, le règlement est sans appel : le blanc doit dominer, des chaussures à la casquette, en passant par les bandes de transpiration. Novak Djokovic, septuple vainqueur à Wimbledon, a choisi pour cette édition une veste blanche Lacoste, inspirée des tenues portées par les champions des années 1920, dont René Lacoste lui-même. « Ces vêtements rappellent l’héritage des grands champions », a souligné la marque française dans un communiqué.

Côté dames, Naomi Osaka a surpris avec une robe longue blanche brodée de grues et de fleurs de cerisiers, créée par la Japonaise Hana Yagi. Une tenue en phase avec son style audacieux, tout en respectant le code couleur du tournoi. « Le blanc pur est une exigence, mais il offre aussi une liberté créative », a commenté un observateur présent sur place.

Wimbledon vs. l’US Open : deux mondes, deux philosophies

Pour Daniel-Yaw Miller, qui compare Wimbledon à l’US Open, le contraste est saisissant. « On passe de ce qu’il y a de plus anglais qui soit à ce qu’il y a de plus américain qui soit », résume-t-il. L’US Open, à Flushing Meadows, est perçu comme une grande fête, avec des divertissements en marge des matchs, où les spectateurs peuvent s’habiller de manière décontractée. À l’inverse, Wimbledon reste « fidèle à une esthétique très particulière, très ancrée dans la tradition ».

Cette différence se reflète dans les tenues des spectateurs. Alors que les New-Yorkais optent pour shorts et tee-shirts, les Britanniques et les internationaux privilégient souvent le pantalon élégant et la chemise. « À Wimbledon, les supporters adhèrent pleinement à l’idée de caractère unique », souligne Miller.

Et maintenant ?

Alors que Wimbledon approche de sa 150e édition en 2027, le tournoi pourrait être amené à réévaluer certaines traditions, notamment sous la pression des évolutions sociétales. Pour l’heure, l’accent reste mis sur l’élégance et le respect des codes, mais l’équilibre entre héritage et modernité pourrait être amené à évoluer. La question de l’adaptation du dress code, déjà évoquée dans les médias britanniques, reste en suspens.

En attendant, le tournoi se poursuit jusqu’au 12 juillet, offrant chaque jour son lot de surprises vestimentaires et sportives. Entre héritage aristocratique et touches de modernité, Wimbledon 2026 confirme son statut de temple du tennis et de la mode à l’anglaise.

Le blanc pur est exigé depuis l’origine du tournoi pour masquer les traces de transpiration, jugées inconvenantes dans l’Angleterre victorienne. Cette règle, toujours en vigueur, symbolise aussi la tradition et l’élégance à la britannique.

La princesse Kate, grande amatrice de tennis, est une habituée des tribunes de Wimbledon. Sa présence, souvent commentée par la presse britannique, contribue à l’aura mondaine du tournoi.