Le World Press Photo, événement majeur du photojournalisme mondial, a inauguré ce week-end à Amsterdam son exposition annuelle mettant en lumière les clichés lauréats des grands événements de l’année 2025. Pourtant, c’est une image bien plus ancienne qui suscite aujourd’hui une vive polémique. Comme le rapporte RFI, une photographie prise pendant la guerre de Bosnie, récompensée en 1993, est aujourd’hui au cœur de vives critiques éthiques.
Ce qu'il faut retenir
- Le World Press Photo 2025 expose à Amsterdam des clichés primés couvrant l’actualité de 2025, selon RFI.
- Une photo de la guerre de Bosnie, primée en 1993, est aujourd’hui contestée pour d’éventuelles violations de l’éthique journalistique.
- Des associations de journalistes issus des ex-républiques yougoslaves dénoncent ces manquements.
- La polémique porte sur les circonstances de la prise de vue et son utilisation dans le cadre du concours.
Une exposition annuelle marquée par une polémique inattendue
Chaque année, le World Press Photo se tient à Amsterdam et présente au public les clichés ayant marqué l’actualité mondiale. L’édition 2025, inaugurée ce week-end, suit cette tradition en mettant en avant des photographies reflétant les grands événements de l’année précédente. Pourtant, c’est une image vieille de plus de trente ans qui retient aujourd’hui l’attention, et non pour ses qualités esthétiques ou son impact visuel.
Comme le révèle RFI, une photographie prise pendant la guerre de Bosnie dans les années 1990, récompensée par le concours en 1993, est aujourd’hui au cœur d’une controverse. Des associations de journalistes des ex-républiques yougoslaves remettent en cause l’éthique de sa réalisation et de sa sélection.
Des associations dénoncent des manquements éthiques
Plusieurs collectifs de journalistes, issus notamment de Bosnie-Herzégovine, de Serbie, de Croatie ou encore du Kosovo, s’élèvent contre cette distinction. Selon eux, la photo primée en 1993 pourrait avoir été obtenue dans des conditions contraires aux principes déontologiques du photojournalisme. Les critiques portent notamment sur la manipulation possible du sujet ou des circonstances de la prise de vue.
« Ce type d’accusations ne peut être pris à la légère, car il touche à la crédibilité même du World Press Photo », a déclaré à RFI une représentante de l’une de ces associations, sans vouloir être nommée. « Si un cliché a été obtenu en violant les règles éthiques, cela remet en cause non seulement la récompense, mais aussi la légitimité du concours lui-même. »
Un contexte historique et médiatique à rappeler
La guerre de Bosnie, qui s’est déroulée entre 1992 et 1995, a été marquée par des violences extrêmes et des crimes contre l’humanité, notamment le génocide de Srebrenica en juillet 1995. Les photographes présents sur place ont joué un rôle crucial dans la diffusion des images de ce conflit, souvent au péril de leur vie. Parmi eux, certains ont vu leurs clichés récompensés par le World Press Photo dans les années qui ont suivi.
L’une de ces photos, primée en 1993, est aujourd’hui au centre de la polémique. Elle représente une scène de la guerre, mais les circonstances exactes de sa réalisation — et notamment la possible implication de sujets ou de mises en scène — sont aujourd’hui remises en question par des professionnels du secteur.
Cette polémique rappelle que le travail des photographes, surtout dans des contextes de guerre, reste un sujet sensible. Elle interroge également sur la façon dont l’histoire et la mémoire collective sont façonnées par les images primées et diffusées à grande échelle.