Une chroniqueuse prorusse, ancienne dirigeante de RT France, est visée par un arrêté d’expulsion, a annoncé le ministère de l’Intérieur ce 9 août 2026. Selon Le Figaro, Xenia Fedorova, accusée d’être un « relais des campagnes de désinformation » russes, a reçu mercredi un arrêté ministériel en ce sens, confirmant une information initialement rapportée par Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Une chroniqueuse prorusse, Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, est visée par un arrêté d’expulsion.
- Le ministère de l’Intérieur estime que son comportement « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » et représente une « menace grave pour l’ordre public ».
- L’arrêté souligne son rôle de « relais des campagnes de désinformation » pilotées par les autorités russes pour « déstabiliser l’ordre public » en France.
- Xenia Fedorova intervenait régulièrement dans des médias français, dont ceux du groupe Bolloré.
Un arrêté ministériel justifié par des « atteintes aux intérêts fondamentaux »
L’arrêté, daté du 7 août 2026, détaille les motifs de cette décision. Selon le ministère de l’Intérieur, « son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État », et sa présence sur le territoire français « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ». L’argumentaire insiste sur le rôle de Xenia Fedorova comme « relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes », visant explicitement à « déstabiliser l’ordre public » en France.
Le document ministériel précise que ses interventions médiatiques s’inscrivent dans une logique de « déploiement de narratifs » hostiles aux institutions françaises. Ces accusations ne sont pas nouvelles : dès 2022, le président Emmanuel Macron avait qualifié RT France de « chaîne de propagande d’État », une qualification reprise à plusieurs reprises par les autorités françaises.
Une figure médiatique sous le feu des critiques depuis des années
Xenia Fedorova n’est pas une inconnue dans le paysage médiatique français. Elle a dirigé RT France — la version française de la chaîne d’État russe Russia Today — jusqu’à sa fermeture en 2022, dans le cadre des sanctions européennes contre les médias russes après l’invasion de l’Ukraine. Depuis, elle intervient régulièrement comme chroniqueuse dans plusieurs radios et chaînes de télévision françaises, souvent perçues comme proches de l’opinion prorusse.
Ses prises de parole, souvent virulentes contre la politique française et européenne, lui ont valu de nombreuses critiques, notamment de la part des défenseurs de l’intégrité de l’information. Des responsables politiques, à gauche comme à droite, avaient déjà demandé son expulsion, estimant qu’elle représentait une menace pour la cohésion nationale. Emmanuel Macron, notamment, avait explicitement désigné RT France comme un outil de « propagande d’État » russe, une accusation reprise dans les motivations de l’arrêté.
Les procédures d’expulsion : un cadre juridique strict
L’expulsion d’une personne étrangère résidant en France relève d’une procédure administrative encadrée. Selon les informations disponibles, l’arrêté a été signé par le ministre de l’Intérieur après une évaluation des risques que représenterait le maintien de Xenia Fedorova sur le sol français. La décision s’appuie sur le code de l’entrée et du séjour des étrangers, qui permet l’éloignement d’un étranger dont la présence « constitue une menace pour l’ordre public ».
Reste à savoir si cette décision sera effective. Xenia Fedorova dispose en effet d’un délai pour contester l’arrêté devant le tribunal administratif. Les recours sont fréquents dans ce type de dossier, notamment lorsque l’intéressée estime que les accusations portées contre elle relèvent de la liberté d’expression plutôt que d’une menace avérée pour la sécurité nationale. La procédure pourrait donc s’étendre sur plusieurs semaines, voire mois, avant une éventuelle expulsion.
Cette décision intervient alors que les tensions entre la France et la Russie restent vives, notamment sur le front de l’information et de la cybersécurité. Les autorités françaises ont déjà expulsé plusieurs diplomates russes ces derniers mois, accusés d’espionnage ou d’ingérence. L’affaire Fedorova s’inscrit donc dans une stratégie plus large de lutte contre les ingérences étrangères, un enjeu qui devrait continuer de marquer l’actualité politique et médiatique en France.
Xenia Fedorova dispose d’un délai pour contester l’arrêté devant le tribunal administratif. Elle peut invoquer des arguments juridiques, comme une atteinte à sa liberté d’expression ou l’absence de preuves concrètes de menace pour l’ordre public. Si le tribunal suspend la mesure, l’expulsion ne pourra pas être exécutée dans l’immédiat.
Une expulsion de ce type pourrait entraîner des réactions de la part des autorités russes, qui dénoncent régulièrement les mesures anti-russes prises par la France. Moscou pourrait riposter par des expulsions de diplomates ou de journalistes français, comme cela a été le cas par le passé. Cependant, cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions déjà fortes, et une escalade reste possible.