Selon Le Monde, le président chinois Xi Jinping s’est rendu en Corée du Nord les lundi 9 et mardi 10 juin 2025, marquant ainsi la première visite officielle d’un chef d’État chinois dans ce pays depuis sept ans. Cet événement, souligné par la presse internationale, intervient alors que les deux nations cherchent à renforcer leurs liens économiques et diplomatiques, dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.
Ce qu'il faut retenir
- Première visite d’un dirigeant chinois en Corée du Nord depuis 2019, effectuée les 9 et 10 juin 2025.
- Renforcement des relations bilatérales entre Pékin et Pyongyang, avec un accent sur la coopération économique.
- Absence totale de mention du programme nucléaire nord-coréen dans les comptes rendus officiels, un détail significatif.
- Xi Jinping a été reçu par Kim Jong-un, leader suprême de la Corée du Nord, lors de deux jours de discussions.
- Cette visite s’inscrit dans un contexte de tensions accrues en Asie de l’Est, notamment avec les États-Unis et leurs alliés.
Une visite historique après sept ans d’absence
Xi Jinping a foulé le sol nord-coréen lundi 9 juin 2025, pour une visite officielle de deux jours, la première depuis celle de Hu Jintao en 2019. Accueilli par Kim Jong-un à Pyongyang, le dirigeant chinois a été salué par des milliers de citoyens nord-coréens lors d’un défilé militaire, selon les images diffusées par les médias d’État. Le protocole et les symboles ont été soigneusement orchestrés, avec des discours communs et des échanges culturels, comme le rapportent Le Monde et plusieurs agences de presse.
Cette visite s’inscrit dans une stratégie plus large de Pékin pour consolider son influence en Asie du Nord-Est. « Les relations sino-nord-coréennes sont un pilier de la stabilité régionale », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse à Pékin. Les deux pays ont évoqué des projets de coopération dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et de la sécurité, sans préciser de calendrier ou de montants financiers.
Un silence assourdissant sur le programme nucléaire
Alors que les observateurs internationaux s’attendaient à ce que la question du programme nucléaire nord-coréen soit abordée, aucun communiqué officiel n’a mentionné ce sujet sensible. Selon Le Monde, cette omission n’est pas anodine. Pyongyang, qui a mené plusieurs essais nucléaires ces dernières années, reste sous sanctions internationales strictes, tandis que Pékin maintient une position ambiguë sur la question.
« La Corée du Nord a toujours considéré son programme comme une question de souveraineté nationale », a rappelé un analyste de l’Institut coréen pour la réunification nationale, cité par Le Monde. De son côté, la Chine, principal allié de Pyongyang, a appelé à une « diplomatie pragmatique » sans évoquer de concessions sur le nucléaire. Ce mutisme contraste avec les déclarations antérieures des États-Unis, qui exigent une dénucléarisation complète de la péninsule.
Un contexte géopolitique sous haute tension
Cette visite intervient alors que les relations entre la Chine et les États-Unis sont au plus bas, avec des tensions commerciales, technologiques et militaires qui s’accumulent. Washington, qui a renforcé son alliance avec Séoul et Tokyo, considère Pékin comme une menace majeure en Asie. « Les États-Unis surveillent de près cette coopération sino-nord-coréenne », a indiqué un haut responsable américain sous couvert d’anonymat.
De son côté, la Corée du Sud, dirigée par un gouvernement pro-américain, a exprimé des inquiétudes quant à une possible escalade militaire. « Nous appelons toutes les parties à la retenue », a déclaré le ministre sud-coréen des Affaires étrangères lors d’un briefing à Séoul. La Chine, pour sa part, a réaffirmé son soutien à une « résolution pacifique » des tensions, sans proposer de mécanisme concret.
Dans l’immédiat, cette visite marque un tournant dans les relations sino-nord-coréennes, même si son impact réel dépendra des actes concrets qui suivront. Les analystes s’interrogent déjà sur la capacité de Pékin à influencer Pyongyang, alors que Kim Jong-un continue de consolider son pouvoir en interne.
Selon plusieurs experts cités par Le Monde, Pékin préfère éviter ce sujet pour ne pas braquer Pyongyang et préserver ses intérêts économiques. La Chine est le principal partenaire commercial de la Corée du Nord, mais elle craint aussi une déstabilisation régionale en cas d’escalade militaire.