Les emballages des produits laitiers en ultrafrais ne mentionnent souvent que leur teneur en protéines, laissant les consommateurs dans l’ignorance des autres apports nutritionnels essentiels. C’est ce constat qui a poussé l’UFC-Que-Choisir à analyser en laboratoire 30 références de yaourts disponibles en supermarché, en se focalisant sur des critères comme les matières grasses, l’iode et le calcium. Les résultats, publiés par Top Santé, révèlent que seules deux marques se distinguent clairement du lot.

Ce qu'il faut retenir

  • 30 références de yaourts ont été analysées en laboratoire par l’UFC-Que-Choisir, selon Top Santé.
  • L’association a évalué trois critères nutritionnels : matières grasses, iode et calcium.
  • Seules deux marques se démarquent pour leur équilibre nutritionnel global.
  • Les emballages des produits laitiers ne mentionnent traditionnellement que la teneur en protéines.

Pour mener à bien cette étude, l’association de consommateurs a fait appel à un laboratoire indépendant afin de mesurer précisément les taux de matières grasses, d’iode et de calcium dans chacun des 30 yaourts sélectionnés. Top Santé précise que cette démarche répond à une lacune majeure : les emballages actuels ne fournissent que des informations partielles sur la valeur nutritionnelle réelle des produits. « Les consommateurs n’ont pas accès à des données complètes sur les apports en iode ou en calcium, deux minéraux essentiels à une alimentation équilibrée », souligne l’UFC-Que-Choisir dans son rapport.

Parmi les 30 références passées au crible, seules deux marques se sont révélées supérieures aux autres sur l’ensemble des critères analysés. Les autres produits présentaient des déséquilibres notables, soit en excès de matières grasses, soit en carence en iode ou en calcium. « L’objectif n’était pas de stigmatiser certaines marques, mais de mettre en lumière celles qui offrent le meilleur compromis nutritionnel », a expliqué un porte-parole de l’association.

Les deux marques lauréates se distinguent notamment par des teneurs optimales en calcium, un minéral crucial pour la santé osseuse, et en iode, essentiel au bon fonctionnement de la thyroïde. « Ces résultats montrent qu’il est possible de concilier plaisir et équilibre alimentaire, même dans les rayons frais », commente Top Santé. L’association rappelle par ailleurs que les yaourts, souvent perçus comme des produits simples, peuvent cacher des disparités nutritionnelles importantes selon les procédés de fabrication et les ingrédients utilisés.

Des résultats qui interrogent sur les pratiques industrielles

Cette étude soulève des questions sur les pratiques des industriels du secteur laitier. Pourquoi certains yaourts affichent-ils des déséquilibres nutritionnels aussi marqués ? Pour l’UFC-Que-Choisir, la réponse réside en partie dans l’absence de contraintes réglementaires strictes concernant l’étiquetage des produits laitiers. « Aujourd’hui, un yaourt peut être commercialisé avec une étiquette mettant en avant sa teneur en protéines, sans qu’aucune mention ne soit obligatoire sur ses apports en calcium ou en iode », rappelle l’association. Elle en appelle donc à une réforme des normes d’étiquetage, afin de garantir une transparence totale pour les consommateurs.

Les deux marques désignées comme les meilleures de l’étude ne sont pas nommées dans les résultats publiés par Top Santé. L’association a choisi de ne pas citer directement les marques en question, préférant mettre l’accent sur les critères de sélection plutôt que sur les produits eux-mêmes. « Notre priorité est d’informer les consommateurs sur les bonnes pratiques, pas de créer une compétition entre marques », a précisé un représentant de l’UFC-Que-Choisir. Cette approche vise à éviter toute confusion ou polémique inutile autour des résultats.

Et maintenant ?

L’UFC-Que-Choisir a annoncé qu’elle comptait transmettre les résultats de son étude aux autorités sanitaires, afin d’engager une réflexion sur l’amélioration de l’étiquetage des produits laitiers. Une demande de rendez-vous a déjà été formulée auprès de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), sans que cette dernière n’ait encore réagi officiellement. Par ailleurs, l’association pourrait étendre son analyse à d’autres catégories de produits laitiers, comme les fromages blancs ou les desserts lactés, dans les mois à venir.

Cette étude rappelle aussi aux consommateurs l’importance de diversifier leurs sources de calcium et d’iode. Les yaourts ne sont pas les seuls aliments à en contenir, mais leur fréquence de consommation en fait des produits clés pour couvrir une partie des besoins nutritionnels quotidiens. Pour l’UFC-Que-Choisir, ces résultats pourraient inciter les distributeurs à mettre en avant davantage les produits équilibrés, plutôt que ceux mettant en avant des arguments marketing éphémères.

L’association a analysé trois critères principaux : la teneur en matières grasses, en iode et en calcium. Ces trois nutriments ont été mesurés en laboratoire pour chacune des 30 références de yaourts étudiées, selon Top Santé.