Au moins 38 membres des forces gouvernementales yéménites ont été tués jeudi 6 août dans des attaques menées par les rebelles houthis, selon Le Figaro. Ces assauts, combinant drones et missiles, ont visé des positions militaires dans les provinces de Marib et d’Hadramout, dans le centre et l’est du pays. Le bilan humain s’élève également à 29 blessés, d’après des sources médicales citées par le quotidien.
Ce qu’il faut retenir
- 38 soldats tués et 29 blessés lors d’attaques de drones et missiles houthis dans les provinces de Marib et Hadramout, jeudi 6 août 2026.
- Les Houthis, soutenus par l’Iran, revendiquent ces attaques en réponse à un renforcement militaire saoudien au Yémen.
- Ce bilan est le plus meurtrier depuis 2022, année de l’entrée en vigueur d’une trêve entre les belligérants.
- Les tensions ont repris le mois dernier après une tentative d’atterrissage controversée d’un avion iranien à Sanaa.
- La guerre au Yémen, qui dure depuis 2014, a déjà causé des centaines de milliers de morts et une crise humanitaire durable.
Des attaques ciblées contre les forces gouvernementales
Les attaques ont principalement touché deux zones stratégiques : un camp militaire dans la province de Marib, et d’autres positions à Hadramout, près de la frontière avec l’Arabie saoudite. Selon un responsable militaire cité par Le Figaro, un premier bilan évoquait initialement « des dizaines de victimes » dans la région de Marib, avant que les sources médicales ne précisent le nombre exact de morts et de blessés. Ces assauts surviennent dans un contexte de reprise des hostilités après quatre ans de relative accalmie.
Les Houthis, groupe armé soutenu par l’Iran, ont revendiqué ces attaques via un communiqué de leur porte-parole militaire, Yahya Saree. Ce dernier a affirmé que leurs forces avaient mené « une opération de grande envergure visant des concentrations de troupes ennemies », dénonçant un « important renforcement militaire saoudien » dans la région. Une déclaration qui illustre la montée des tensions entre les deux camps, chacun accusant l’autre de violer la trêve de 2022.
Un contexte régional explosif
La reprise des combats coïncide avec une escalade des tensions entre l’Iran et ses alliés, d’une part, et l’Arabie saoudite ainsi que ses partenaires occidentaux, de l’autre. Tout a commencé avec la tentative d’atterrissage d’un avion iranien en provenance de Téhéran à Sanaa, capitale du Yémen sous contrôle houthi. Cet événement a été perçu comme une provocation par Riyad, qui considère l’espace aérien yéménite comme faisant partie de sa sphère d’influence.
Début juillet, seize soldats avaient déjà péri dans une attaque houthie au sud de la ville portuaire de Hodeida, à l’ouest du pays. Depuis le début du conflit en 2014, le Yémen est déchiré par une guerre civile opposant les Houthis, qui contrôlaient une grande partie du territoire, aux forces gouvernementales soutenues par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite. Le conflit a plongé le pays dans une des pires crises humanitaires au monde, avec des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et une économie en ruine.
Une guerre aux répercussions régionales
L’escalade actuelle s’inscrit dans un contexte plus large de tensions au Moyen-Orient, où les proxys iraniens et saoudiens s’affrontent indirectement. Les Houthis, bien que ne participant pas directement aux hostilités entre Israël et le Hamas ou au conflit en Ukraine, jouent un rôle clé dans la stratégie régionale de Téhéran. Leur capacité à frapper des cibles stratégiques au Yémen, comme des camps militaires ou des infrastructures pétrolières, en fait un acteur incontournable dans l’équation sécuritaire de la péninsule arabique.
Pour l’Arabie saoudite, ces attaques représentent une menace directe à sa sécurité, alors que le royaume cherche à stabiliser sa frontière sud. Le renforcement des troupes gouvernementales yéménites, appuyées par des conseillers saoudiens, vise à contrer l’influence houthie, mais il semble avoir précipité une réaction violente de la part des rebelles. « Ces attaques sont une réponse légitime à l’aggression saoudienne », a insisté Yahya Saree dans son communiqué, confirmant que les Houthis ne comptent pas relâcher la pression.
Le bilan humain de ces attaques rappelle cruellement que la paix au Yémen reste fragile, près de deux ans après la fin officielle des combats. Autant dire que la route vers une stabilisation définitive est encore longue et semée d’embûches.
Les Houthis ont justifié leurs attaques comme une réponse au renforcement militaire saoudien au Yémen, qu’ils considèrent comme une provocation. Selon leur porte-parole Yahya Saree, ces assauts visaient des « concentrations de troupes ennemies » et s’inscrivaient dans une logique de « résistance » face à l’influence de Riyad et de ses alliés.
L’Iran soutient militairement et financièrement les Houthis depuis le début du conflit, leur fournissant armes, drones et conseils stratégiques. Téhéran voit dans ce groupe armé un moyen de contrer l’influence saoudienne dans la région et de maintenir une pression constante sur Riyad.