Les tensions au Yémen s’intensifient après des frappes revendiquées dimanche 9 août par les rebelles houthis, soutenus par l’Iran. Ces attaques, ciblant une raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco en Arabie saoudite puis le port de Mokha, sous contrôle des forces gouvernementales yéménites, risquent de faire basculer la région dans une nouvelle crise, selon les observateurs. RFI rapporte que l’envoyé spécial des Nations unies au Yémen a alerté sur le risque accru de reprise du conflit, jamais aussi élevé depuis la trêve conclue en 2022.
Ce qu'il faut retenir
- Les houthis ont revendiqué des frappes dimanche 9 août en Arabie saoudite (raffinerie Aramco) et au Yémen (port de Mokha).
- Ces attaques surviennent après la reprise des affrontements entre les rebelles et les forces gouvernementales yéménites depuis juillet 2026.
- L’envoyé de l’ONU au Yémen estime que le risque d’une escalade est le plus élevé depuis la trêve de 2022.
- Les houthis sont soutenus par l’Iran, tandis que le gouvernement yéménite est appuyé par l’Arabie saoudite.
- La raffinerie Aramco, cible en Arabie saoudite, est un symbole stratégique pour l’économie régionale.
Des frappes simultanées en Arabie saoudite et au Yémen
Dans un communiqué diffusé dimanche, les rebelles houthis ont revendiqué deux séries d’attaques. La première a visé une raffinerie du groupe Aramco, situé dans la province de Jizan, en Arabie saoudite. La seconde a frappé le port de Mokha, sur la côte yéménite de la mer Rouge, contrôlé par les forces gouvernementales yéménites, internationalement reconnues et soutenues par Riyad. Selon RFI, ces frappes illustrent une volonté des houthis de frapper des infrastructures stratégiques, tant au-delà des frontières qu’au cœur du territoire yéménite.
Aramco, premier exportateur mondial de pétrole, n’a pas immédiatement réagi à l’attaque. De son côté, le gouvernement yéménite a dénoncé une escalade « dangereuse » et appelé la communauté internationale à intervenir pour éviter une nouvelle guerre ouverte. Les forces loyalistes, appuyées par une coalition menée par l’Arabie saoudite, tentent depuis des années de contenir l’avancée des houthis, qui contrôlent une grande partie du nord du pays.
Un contexte de reprise des combats depuis juillet 2026
Les affrontements entre les houthis et les forces gouvernementales se sont multipliés depuis le mois de juillet 2026, mettant fin à une période de relative accalmie. La trêve conclue en 2022, après des années de conflit meurtrier, avait permis une réduction des violences, bien que fragile. Comme l’a souligné l’envoyé spécial de l’ONU au Yémen, cité par RFI, « jamais depuis 2022 le risque d’une reprise du conflit n’a été aussi fort ».
Cette escalade intervient dans un contexte géopolitique déjà tendu. Les houthis, membres du mouvement Ansarallah, bénéficient du soutien logistique et militaire de l’Iran, tandis que l’Arabie saoudite maintient son appui au gouvernement yéménite. Les frappes de dimanche s’inscrivent ainsi dans une logique de pression accrue, alors que les négociations de paix restent au point mort.
Les craintes d’une crise humanitaire aggravée
Une reprise généralisée des combats au Yémen ferait peser une menace supplémentaire sur une population déjà éprouvée. Selon les Nations unies, plus de 24 millions de personnes, soit les deux tiers de la population, dépendent de l’aide humanitaire pour survivre. Les infrastructures civiles, déjà fragilisées, seraient encore plus exposées en cas d’escalade.
Le port de Mokha, ciblé par les houthis, joue un rôle clé dans l’acheminement de l’aide internationale. Sa fermeture ou sa destruction compliquerait davantage l’accès des organisations humanitaires à des régions déjà touchées par la famine et les épidémies. RFI rappelle que le Yémen reste l’une des pires crises humanitaires au monde, avec des milliers de morts et des millions de déplacés depuis 2014.
En attendant, les populations civiles des deux côtés de la frontière restent en première ligne, prises au piège d’un conflit dont elles ne sont pas les instigatrices.
Les houthis, en attaquant des cibles comme la raffinerie Aramco, cherchent à frapper l’économie saoudienne, principal soutien du gouvernement yéménite. Ces frappes visent également à démontrer leur capacité à frapper en profondeur le territoire adverse, tout en affaiblissant les ressources financières de leurs opposants.