Selon RFI, la situation au Yémen reste plus que jamais bloquée après plus d’une décennie de conflit armé. Le pays, déjà exsangue, ne montre aucun signe d’amélioration, plongeant sa population dans une attente sans horizon.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Yémen subit une crise humanitaire et politique sans précédent depuis le début de la guerre en 2014.
  • Les infrastructures du pays sont en grande partie détruites, tandis que les services publics comme la santé ou l’éducation s’effondrent.
  • Les négociations de paix, malgré plusieurs rounds, n’ont abouti à aucune avancée tangible.
  • La communauté internationale peine à trouver une solution durable, entre divisions régionales et enjeux géostratégiques.
  • Plus de 377 000 morts sont directement ou indirectement liés au conflit depuis 2015, selon les dernières estimations de l’ONU.

Un pays à l’agonie après plus d’une décennie de guerre

Depuis 2014, le Yémen est déchiré par un conflit opposant les forces gouvernementales, soutenues par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite, aux rebelles houthis, appuyés par l’Iran. Le pays, déjà fragilisé par des décennies de sous-développement, a vu ses infrastructures s’effondrer sous les bombes et les combats. Selon RFI, près de 80 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide humanitaire pour survivre, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise.

Les hôpitaux, écoles et réseaux d’eau potable sont régulièrement la cible de frappes ou tombent en ruine faute d’entretien. « Le système de santé yéménite est au bord de l’effondrement complet », a déclaré récemment le Dr. Peter Salama, ancien responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les situations d’urgence. Les épidémies, comme le choléra, se propagent sans contrôle, aggravant encore la souffrance de la population.

Des négociations de paix sans issue concrète

Malgré plusieurs tentatives de médiation, notamment sous l’égide des Nations unies, aucun accord durable n’a été trouvé. Le dernier round de discussions, organisé en décembre 2025 à Genève, s’est soldé par un échec. Les Houthis ont exigé le retrait total des forces saoudiennes du pays, tandis que Riyad refuse toute concession territoriale. « Les positions restent irréconciliables », a indiqué un diplomate occidental cité par RFI. Le processus de paix semble enlisé, faute de volonté politique des belligérants.

Parallèlement, la coalition internationale, qui a réduit ses frappes aériennes depuis 2023, maintient un blocus partiel sur les ports yéménites, limitant l’acheminement de l’aide humanitaire. Les Nations unies dénoncent régulièrement ces restrictions, qui aggravent la famine touchant des millions de personnes.

Une crise humanitaire parmi les pires au monde

D’après l’ONU, le Yémen fait face à l’une des pires crises humanitaires de la planète. Plus de 24 millions de personnes ont besoin d’assistance, soit près des trois quarts de la population. Les Nations unies estiment que 17,6 millions de Yéménites souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, dont 3,2 millions de femmes enceintes exposées à la malnutrition. « Sans une augmentation immédiate de l’aide, des milliers de personnes pourraient mourir de faim d’ici la fin de l’année », a alerté le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un rapport publié en mai 2026.

Les déplacements de population se multiplient, avec plus de 4 millions de personnes déplacées internes depuis 2015. Les camps de réfugiés, souvent installés dans des conditions précaires, sont devenus des zones de survie où les maladies et la violence prospèrent. Les ONG sur place alertent sur l’absence de perspectives pour ces populations, alors que les fonds internationaux se raréfient.

Et maintenant ?

La situation au Yémen dépendra en grande partie des évolutions régionales et internationales. La fin du conflit en Ukraine et les tensions persistantes entre l’Iran et l’Arabie saoudite pourraient relancer les discussions, mais aucun calendrier précis n’est envisagé pour l’instant. Les prochaines réunions prévues à Oman en juin 2026 seront scrutées de près, sans garantie de succès. En attendant, l’aide humanitaire reste le seul filet de sécurité pour des millions de Yéménites, alors que les fonds alloués par la communauté internationale diminuent.

Reste à savoir si les belligérants parviendront un jour à dépasser leurs divisions, ou si le pays continuera à s’enfoncer dans une spirale de souffrance. Une chose est sûre : sans une intervention politique forte, le Yémen pourrait bien perdre une nouvelle génération à cette guerre.

Le conflit oppose principalement les forces gouvernementales yéménites, soutenues par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite, aux rebelles houthis, appuyés par l’Iran. D’autres groupes armés, comme les séparatistes du Sud, jouent également un rôle dans l’instabilité du pays.

Les positions des parties sont irréconciliables : les Houthis exigent le retrait total des forces saoudiennes, tandis que Riyad refuse toute concession territoriale. Par ailleurs, les divisions régionales et les enjeux géostratégiques, notamment la rivalité Iran-Arabie saoudite, compliquent toute avancée.