Ce jeudi 16 avril, l’actualité culturelle et technologique a été marquée par trois faits marquants : le développement par Meta d’un clone en intelligence artificielle de son PDG Mark Zuckerberg, la mise en ligne sur Steam d’un jeu vidéo accusé de relayer une propagande pro-russe sur le conflit en Ukraine, ainsi que le départ massif de 115 auteurs des éditions Grasset après un changement de direction décidé par Vincent Bolloré, selon Franceinfo - Culture.

Ce qu'il faut retenir

  • Meta a développé un clone IA de Mark Zuckerberg, capable de s’exprimer et d’interagir à l’oral comme son modèle humain, dans le cadre d’un projet visant à créer des « agents IA » autonomes.
  • Le jeu vidéo « Ukrainian Warfare », disponible sur Steam, est accusé de présenter une version biaisée de l’invasion russe en Ukraine, minimisant les exactions contre les civils.
  • 115 auteurs ont quitté les éditions Grasset après le licenciement du directeur de la maison d’édition, une décision prise par Vincent Bolloré, suscitant des critiques sur une possible ingérence dans l’indépendance éditoriale.
  • Ces trois événements illustrent des enjeux distincts : l’innovation technologique, la guerre de l’information et l’influence économique sur les médias.

Meta mise sur l’IA : un clone de Mark Zuckerberg pour révolutionner les réunions

L’entreprise Meta, dirigée par Mark Zuckerberg, a dévoilé un projet ambitieux : un clone en intelligence artificielle de son PDG. Ce double numérique serait capable non seulement de parler, mais aussi de répondre aux questions et de « penser » de manière autonome, comme l’a expliqué Franceinfo - Culture. Ce système, encore expérimental, vise à automatiser certaines tâches managériales, comme la participation à des réunions ou la communication interne auprès des employés.

Cette initiative s’inscrit dans une course effrénée à l’innovation technologique entre les géants du secteur. Meta rivalise directement avec des concurrents comme OpenAI, Google et Microsoft, qui développent également des agents conversationnels avancés. L’objectif affiché est de créer des « agents IA » capables d’agir à la place des utilisateurs dans divers contextes professionnels et personnels.

Un jeu vidéo sur Steam accusé de propagande russe sur la guerre en Ukraine

Sur la plateforme de distribution Steam, un jeu intitulé « Ukrainian Warfare » propose aux joueurs de revivre l’invasion russe de l’Ukraine… du point de vue de Moscou. Selon Franceinfo - Culture, cette production a rapidement été pointée du doigt pour son récit biaisé, omettant délibérément les exactions commises contre les populations civiles ukrainiennes.

Ce jeu illustre une stratégie plus large : l’utilisation des jeux vidéo comme outil de propagande. En ciblant un public jeune et international, ce type de contenu cherche à influencer les perceptions sur un conflit toujours en cours. La guerre de l’information, déjà intense, s’étend désormais aux loisirs numériques, où la frontière entre fiction et réalité devient de plus en plus floue.

Chez Grasset, 115 auteurs quittent la maison d’édition après l’arrivée de Vincent Bolloré

Un nouveau chapitre s’ouvre pour les éditions Grasset, l’une des plus anciennes maisons d’édition françaises, rachetées en 2023 par le groupe Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré. Au moins 115 auteurs, dont des figures comme Virginie Despentes et Frédéric Beigbeder, ont quitté la structure après le licenciement du directeur historique, remplacé dans un contexte de tensions internes.

Les écrivains signataires dénoncent une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale », comparable à celle observée dans les médias après des rachats similaires. Cette affaire relance le débat sur l’influence des milliardaires dans le paysage culturel français, où la liberté de création est souvent présentée comme un pilier essentiel.

Et maintenant ?

Pour Meta, l’enjeu sera de finaliser son clone de Mark Zuckerberg tout en rassurant sur les questions éthiques liées à l’IA. D’ici la fin de l’année, l’entreprise devrait tester ce système en conditions réelles, sous le regard attentif des régulateurs et des salariés. Côté jeu vidéo, « Ukrainian Warfare » pourrait faire l’objet de signalements ou de retraits, tandis que les plateformes comme Steam pourraient renforcer leurs modérations. Enfin, chez Grasset, le groupe Vivendi devra gérer une crise éditoriale majeure, avec un vide laissé par le départ de dizaines d’auteurs et la nécessité de reconstruire une ligne éditoriale claire.

Ces trois dossiers, bien que distincts, soulèvent une question commune : jusqu’où les acteurs privés, qu’ils soient technologiques, ludiques ou médiatiques, peuvent-ils façonner l’opinion publique et la culture sans contrôle démocratique ?