Selon Libération, des milliers de personnes ont manifesté samedi 23 mai 2026 dans le centre de Belgrade pour dénoncer le régime en place et exiger l’organisation d’élections législatives anticipées. La mobilisation, à laquelle ont participé des opposants politiques et des citoyens, s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large contre la corruption et les dysfonctionnements du gouvernement serbe.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 5 000 manifestants ont défilé dans les rues de Belgrade, selon les estimations de la presse locale et des organisateurs.
- Les revendications portent sur la démission du président Aleksandar Vucic et la tenue d’élections anticipées.
- Le gouvernement serbe, accusé de corruption et de dérive autoritaire, fait face à une pression croissante depuis plusieurs mois.
- Les manifestants dénoncent aussi la gestion économique, marquée par une inflation persistante et un chômage élevé.
Un mouvement de protestation enraciné dans la crise politique
Cette mobilisation s’ajoute à une série de manifestations hebdomadaires organisées depuis le début de l’année à Belgrade. Les organisateurs, principalement issus de l’opposition, ont appelé à une « marche pour la démocratie » en direction de la place de la République, un lieu symbolique du pouvoir en Serbie. Selon Libération, les slogans scandés par les manifestants visaient directement le chef de l’État, Aleksandar Vucic, en poste depuis 2014 et accusé de verrouiller les institutions.
Parmi les revendications, la demande d’élections anticipées revient en force. Les partis d’opposition, comme le Parti progressiste serbe (SNS) au pouvoir, ont jusqu’ici rejeté cette possibilité. « Nous voulons des élections libres et transparentes, sans ingérence du pouvoir », a déclaré Dragan Djilas, figure de l’opposition et ancien maire de Belgrade, cité par Libération.
Des accusations de corruption et de répression ciblée
Les manifestants dénoncent un « système corrompu » où les contrats publics seraient attribués à des proches du régime. Depuis plusieurs semaines, des enquêtes journalistiques ont révélé des liens troubles entre des entreprises privées et des responsables politiques. L’Union européenne, dont la Serbie est candidate à l’adhésion, a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes quant au respect de l’État de droit dans le pays.
Les autorités serbes, de leur côté, minimisent l’ampleur des protestations. Le ministre de l’Intérieur, Aleksandar Vulin, a évoqué « des rassemblements limités à quelques centaines de personnes », tout en assurant que l’ordre public était maintenu. Pourtant, des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent une forte présence policière, avec des barrages filtrant l’accès à certains quartiers de la capitale.
Un contexte économique et social tendu
Au-delà de la crise politique, les manifestants pointent du doigt la dégradation de la situation économique. L’inflation en Serbie a atteint 12,5 % en 2025, l’une des plus élevées d’Europe, tandis que le salaire moyen peine à suivre la hausse des prix. « On travaille pour manger, pas pour vivre », témoigne une manifestante, citée par Libération, qui préfère garder l’anonymat. Les organisations syndicales ont également rejoint le mouvement, appelant à une « grève générale » si les revendications ne sont pas entendues.
Cette convergence entre revendications politiques et sociales rappelle les mobilisations de 2020 contre les mesures sanitaires, puis celles de 2023 contre la loi sur les pensions. Autant dire que la pression sur le gouvernement n’est pas près de retomber, d’autant que l’opposition prépare déjà de nouvelles actions pour les semaines à venir.
Reste à voir si cette pression constante finira par faire céder le gouvernement, ou si Belgrade s’enlise dans une crise prolongée. Une chose est sûre : le malaise social et politique en Serbie ne fait que s’approfondir, sans issue immédiate en vue.