Deux arrêtés municipaux, adoptés en 2023 puis en 2025 par l’ancienne équipe dirigeante de La Rochelle, sont désormais au cœur d’une mobilisation portée par des associations et des personnes en situation de précarité. Selon Le Monde, ces textes interdisent « toutes occupations des rues, accompagnées ou non de sollicitations ou quêtes », ainsi que la détention de boissons alcoolisées ouvertes dans plusieurs rues du centre-ville, et ce entre 9 heures et 22 heures.
Ce qu'il faut retenir
- Deux arrêtés municipaux pris en 2023 et 2025 sous l’ancienne municipalité de La Rochelle
- Interdiction totale des occupations de rues, y compris les sollicitations ou quêtes, dans certaines zones du centre-ville
- Plage horaire stricte : de 9 heures à 22 heures pour l’application des mesures
- Interdiction complémentaire de détenir des boissons alcoolisées ouvertes dans l’espace public pendant la même période
- Mobilisation d’associations et de personnes sans abri contre ces textes
Des textes contestés depuis leur adoption
Les deux arrêtés, toujours en vigueur malgré le changement de municipalité en 2026, visent explicitement à encadrer la mendicité et les comportements perçus comme perturbateurs dans les rues du centre-ville rochelais. Le premier texte, adopté en 2023, avait déjà suscité des critiques de la part d’associations de défense des droits humains et d’aide aux personnes précaires. Le second, en 2025, a élargi le périmètre des rues concernées et renforcé les restrictions, notamment sur la consommation d’alcool dans l’espace public, rapporte Le Monde.
Parmi les zones touchées figurent les principales artères commerciales et touristiques de La Rochelle, où la présence de sans-abri et de solliciteurs est plus visible. Ces mesures s’inscrivent dans une logique de « requalification urbaine », souvent défendue par les municipalités pour attirer les touristes et les investisseurs, mais qui se heurte à la réalité des personnes en grande précarité.
Une mobilisation portée par les associations locales
Plusieurs collectifs et associations, dont des groupes d’aide aux sans-abri et des organisations de défense des libertés individuelles, ont décidé de s’unir pour contester ces arrêtés. Selon les porte-parole de ces groupes, ces textes criminalisent la pauvreté et limitent les possibilités pour les personnes en situation de rue de subvenir à leurs besoins essentiels. «
Ces arrêtés ne résolvent aucun problème social, ils poussent simplement les plus vulnérables à se cacher ou à quitter le centre-ville, a déclaré Marie Dupont, coordinatrice d’une association locale d’aide aux sans-abri. C’est une mesure répressive, pas une solution.»
La mobilisation prend différentes formes : distributions de repas dans des zones non concernées par les arrêtés, organisation de veillées de sensibilisation, et dépôt de recours juridiques. Les associations dénoncent également un manque de concertation préalable avec les personnes directement impactées par ces mesures.
Un contexte municipal en mutation
La Rochelle a connu un changement de majorité en 2026, avec l’arrivée d’une nouvelle équipe municipale. Si le sujet n’a pas encore été abordé publiquement par les nouveaux élus, plusieurs observateurs locaux estiment que la politique envers les personnes sans abri pourrait évoluer. Pour l’instant, les arrêtés restent en vigueur, et leur application continue de faire l’objet de contrôles policiers.
La question divise : certains commerçants du centre-ville saluent ces mesures, qu’ils jugent nécessaires pour maintenir l’attractivité touristique de la ville. D’autres, en revanche, y voient une approche punitive qui ne répond pas aux causes profondes de la précarité, comme l’accès au logement ou à l’emploi.
Ces arrêtés illustrent plus largement les tensions entre les politiques de sécurisation des espaces publics et les impératifs de solidarité envers les plus démunis. À La Rochelle comme ailleurs, la question du vivre-ensemble dans les centres-villes reste un sujet de débat brûlant, où les enjeux sociaux et économiques se croisent sans cesse.