Alors que l’été s’installe sur les bords de Loire, la guinguette de Tours s’impose comme un rendez-vous incontournable pour des milliers de visiteurs. Selon Franceinfo - Culture, ce site est devenu la plus grande guinguette de France, attirant chaque soir plus de 1 000 personnes venues partager convivialité, musique et jeux. Ce succès ne se dément pas depuis plusieurs années, attirant toutes les générations, des retraités aux familles en passant par les touristes étrangers.

Ce qu'il faut retenir

  • La guinguette de Tours est aujourd’hui la plus grande de France, avec une affluence quotidienne dépassant les 1 000 visiteurs en soirée.
  • Le site propose une programmation variée : danse, jeux, restauration et musique, attirant toutes les tranches d’âge.
  • Gérard Morisseau, à l’origine du projet il y a 30 ans, et son fils Romain gèrent aujourd’hui une structure familiale qui a su s’adapter, passant de 4 à 60 salariés et de 3 à 16 terrains de pétanque.
  • Les habitués, comme Coco et Jean-Marie, sont des figures emblématiques du lieu, où le tango rythme leurs après-midis.
  • La guinguette est devenue un phénomène national, attirant des visiteurs jusqu’en Californie.
  • Le concept, né dans l’après-guerre, a presque disparu dans les années 1960 avant d’être relancé par Gérard Morisseau dans les années 1990.

Sur les quais de Loire, à quelques minutes du centre-ville de Tours, la guinguette bat son plein chaque soir d’été. Le chef de rang et ses 50 serveurs, transformés en véritables entraîneurs de compétition, guident les clients à travers un ballet bien rodé. Entre les tables disposées en terrasse et la piste de danse, l’ambiance est à la fête. Les clients, parfois plusieurs centaines, se pressent pour profiter de l’apéritif ou des concerts en plein air. « Le médecin m’a dit qu’il fallait que je danse énormément », confie Marie-Claude, une habituée de 65 ans, capable de tenir 5 heures sur la piste en une seule après-midi.

Parmi les figures marquantes du lieu, Monsieur Jean, professeur de danse à la tenue impeccable, est sollicité par de nombreuses partenaires. Mais il forme aussi un duo exclusif avec Coco, son épouse, depuis trois ans. Ensemble, ils ne dansent que le tango, une passion qu’ils partagent avec enthousiasme. « C’est une deuxième maison pour nous », explique Coco. Leur histoire illustre l’attachement de nombreux visiteurs à ce lieu, où l’on vient autant pour se divertir que pour retrouver une communauté.

Des jeux et des danses pour toutes les générations

La guinguette de Tours ne se limite pas à la danse. Elle est aussi le théâtre de longues parties de cartes, notamment de tarot, qui réunissent chaque jour des retraités. « Tout l’été, on est là. Dès qu’on peut, on est là. Trois, quatre fois par semaine, ici. Je viens manger, je viens jouer, je viens me balader », confie une femme, assise autour d’une table avec ses amis. Pour d’autres, c’est le volley ou la pétanque qui rythment les après-midis. « Ça coupe du quotidien et de la ville », avance un amateur, soulignant l’effet dépaysant du lieu.

L’autre particularité de cette guinguette réside dans sa mixité générationnelle. « Il y a toutes les générations, parce qu’on entend les anciens qui dansent avec leurs musettes, nous on joue à la pétanque », explique une visiteuse. Cette diversité en fait un lieu unique, où coexistent traditions et modernité. Les enfants courent entre les tables, tandis que les plus âgés discutent autour d’un verre ou d’une partie de cartes. « Ici, on se sent bien, c’est comme des vacances sans bouger de Tours », ajoute-t-elle.

Un renouveau inspiré des années 1950

Les guinguettes, ces établissements populaires installés au bord de l’eau, ont presque disparu en France dans les années 1960. À Tours, elles étaient une dizaine dans l’immédiate après-guerre, attirant chaque dimanche des centaines de visiteurs. C’est dans ce contexte que Gérard Morisseau, alors étudiant en école de commerce, décide de relancer l’idée en 1996. « Le début, on ouvrait que le dimanche. Il y avait trois terrains de pétanque, maintenant, il y en a 16. On avait quatre salariés, et maintenant, on est 60 », raconte-t-il. Aujourd’hui, il gère le site avec son fils Romain.

« On peut dire que la mayonnaise a pris. Nous, on n’est pas une guinguette branchée ou quoi, mais une guinguette familiale », précisent-ils. Leur approche repose sur l’authenticité et la convivialité, loin des effets de mode. La preuve en est : la guinguette est devenue un phénomène national, attirant des visiteurs venus de toute la France, mais aussi de l’étranger. « La guinguette, c’est super. La musique, la nourriture, le repas, c’est très facile. Parfait », se réjouit un touriste américain en vacances à Tours.

Une institution estivale ouverte de mai à septembre

Ouverte dès le mois de mai et jusqu’en septembre, la guinguette de Tours est devenue une institution estivale. Elle propose un mélange de musique traditionnelle, de restauration locale et d’activités ludiques, le tout dans une ambiance décontractée. « Le partage et la convivialité retrouvée » sont au cœur du projet, selon les organisateurs. Chaque soir, l’ambiance monte d’un cran avec l’arrivée des musiciens et l’ouverture des bars.

Les visiteurs, qu’ils soient locaux ou touristes, y trouvent un exutoire après le quotidien. « Ici, on oublie tout. On vient pour se détendre, rire et rencontrer du monde », confie une jeune femme venue avec des amis. La guinguette est aussi un lieu où l’on peut manger des spécialités régionales, comme des crêpes ou des poissons grillés, tout en profitant de la vue sur la Loire. Autant dire que l’expérience dépasse largement le simple divertissement.

Et maintenant ?

Pour les années à venir, les organisateurs prévoient d’agrandir encore l’offre en ajoutant de nouveaux espaces et activités. « On réfléchit à des soirées à thème ou à des ateliers pour attirer encore plus de monde », indique Romain Morisseau. La guinguette pourrait aussi devenir un lieu plus polyvalent, accueillant des événements culturels en dehors de la saison estivale. Reste à voir si cette expansion ne dénaturera pas l’esprit familial et convivial qui fait son succès.

La guinguette de Tours incarne ainsi un modèle de réussite : allier tradition et modernité, tout en créant du lien social. À une époque où les loisirs se digitalisent, ce lieu prouve qu’il existe encore une appétence pour les expériences collectives et authentiques. Pour les tourangeaux comme pour les visiteurs de passage, il s’agit d’un incontournable de l’été, où l’on vient autant pour l’ambiance que pour la simplicité des plaisirs partagés.

Les guinguettes sont apparues au début du XXe siècle, principalement dans les zones urbaines situées près de cours d’eau. Elles étaient des lieux de détente et de divertissement pour les ouvriers et les classes populaires, proposant danse, musique et restauration. Leur âge d’or s’étend des années 1920 aux années 1950, avant de décliner avec l’urbanisation et l’évolution des modes de vie. Aujourd’hui, elles connaissent un renouveau, portées par une volonté de retrouver des lieux de convivialité collective.