Un accident vasculaire cérébral (AVC) représente l’une des premières causes de mortalité et d’invalidité dans le monde, avec plus de 13 millions de cas recensés chaque année selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pourtant, une partie de ces événements pourrait être évitée grâce à une alimentation équilibrée. Comme le rapporte RFI, une diététicienne nutritionniste basée à Dakar, Binetou Cheikh Seck, met en lumière cinq facteurs alimentaires augmentant significativement le risque de survenue d’un AVC. Ces éléments, souvent sous-estimés, méritent une attention particulière pour préserver sa santé cardiovasculaire.

Ce qu'il faut retenir

  • L’excès de matières grasses ajoutées dans l’alimentation favorise le dépôt de cholestérol dans les artères
  • La consommation régulière de viande rouge ou transformée est associée à une augmentation du risque vasculaire
  • Un apport excessif en sel élève la pression artérielle, facteur majeur d’AVC
  • Les sucres ajoutés, en excès, contribuent à l’obésité et au diabète, deux facteurs de risque avérés
  • Une alimentation pauvre en fibres perturbe le transit et favorise les inflammations

Selon RFI, ces cinq éléments constituent des leviers majeurs sur lesquels agir pour réduire les risques. Binetou Cheikh Seck, diététicienne nutritionniste au sein du Cabinet Nutridéal à Dakar, souligne que « l’alimentation joue un rôle central dans la prévention des AVC ». Elle précise que ces facteurs ne sont pas isolés : « Ils s’additionnent et potentialisent mutuellement leurs effets néfastes sur le système cardiovasculaire. » Autant dire que leur cumul augmente de manière exponentielle le danger.

Un excès de graisses ajoutées, un premier pas vers l’obstruction artérielle

Les matières grasses ajoutées, qu’elles proviennent d’huiles végétales raffinées ou de beurres industriels, sont souvent présentes en quantités excessives dans les régimes modernes. Leur consommation régulière favorise l’accumulation de plaques d’athérome dans les artères, réduisant ainsi leur diamètre et augmentant le risque de rupture ou d’occlusion. Les acides gras saturés et trans, particulièrement ciblés, sont pointés du doigt pour leur rôle dans l’élévation du taux de cholestérol LDL, dit « mauvais cholestérol ».

« Ces graisses, lorsqu’elles sont consommées en excès, modifient la composition des membranes cellulaires et favorisent les processus inflammatoires », explique la nutritionniste. Elle rappelle que ces mécanismes sont à l’origine de près de 20 % des AVC ischémiques, selon les données de l’OMS. Une réduction drastique de leur apport quotidien est donc recommandée.

Viande rouge et transformée : des aliments à limiter sans hésiter

La viande rouge, notamment le bœuf, l’agneau ou le porc, ainsi que les produits transformés comme les charcuteries, figurent parmi les aliments les plus déconseillés par les spécialistes. Ces produits contiennent des composés nitrés et des graisses saturées, reconnus pour leur toxicité vasculaire. Plusieurs études, dont celles publiées dans *The Lancet*, ont établi un lien direct entre leur consommation excessive et l’augmentation des cas d’AVC.

« Une portion hebdomadaire de viande rouge n’est pas dangereuse en soi, mais c’est l’accumulation sur le long terme qui pose problème », indique Binetou Cheikh Seck. Elle recommande de privilégier les sources de protéines maigres, comme les volailles ou les légumineuses, et de limiter la viande rouge à une fois toutes les deux semaines maximum.

Et maintenant ?

Face à ces constats, les autorités sanitaires pourraient renforcer les campagnes de sensibilisation sur les risques liés à une alimentation déséquilibrée. En France, par exemple, le Programme national nutrition santé (PNNS) prévoit déjà des objectifs de réduction de 25 % de la consommation de sel d’ici 2027. Au Sénégal, où les AVC représentent la première cause de mortalité, des initiatives locales visant à promouvoir les produits locaux et les régimes traditionnels pourraient être étendues. Reste à voir si ces mesures suffiront à inverser la tendance.

Le sel et les sucres ajoutés, des ennemis silencieux de la santé cardiovasculaire

Le sel, souvent masqué dans les plats industriels et les condiments, est responsable d’une augmentation de la pression artérielle. Une consommation dépassant les 5 grammes par jour, seuil recommandé par l’OMS, expose à un risque accru d’AVC hémorragique. Quant aux sucres ajoutés, omniprésents dans les boissons gazeuses, pâtisseries et céréales du petit-déjeuner, ils favorisent l’obésité et le diabète de type 2, deux facteurs de risque majeurs.

« Le problème, c’est que ces aliments sont souvent perçus comme anodins, voire indispensables dans notre quotidien », déplore la nutritionniste. Elle insiste sur l’importance de lire les étiquettes et de privilégier les aliments bruts, naturellement pauvres en sodium et en sucres cachés.

Les fibres alimentaires, un allié méconnu pour protéger ses artères

À l’inverse, les fibres alimentaires, présentes dans les fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses, jouent un rôle protecteur contre les AVC. Elles régulent le transit intestinal, réduisent l’absorption des graisses et contribuent à la stabilité de la glycémie. Pourtant, les régimes modernes, souvent pauvres en végétaux, peinent à atteindre les apports journaliers recommandés (25 à 30 grammes par jour).

« Une alimentation riche en fibres permet de diminuer l’inflammation chronique et d’améliorer la fonction endothéliale », précise Binetou Cheikh Seck. Elle cite une étude publiée dans *The American Journal of Clinical Nutrition*, montrant une réduction de 20 % du risque d’AVC chez les individus consommant suffisamment de fibres.

Pour conclure, ces cinq facteurs alimentaires – excès de graisses ajoutées, viande rouge transformée, sel, sucres ajoutés et carence en fibres – forment un ensemble de risques évitables. Leur prise en compte dans les choix alimentaires quotidiens pourrait contribuer à réduire significativement l’incidence des AVC, dont le fardeau pèse lourdement sur les systèmes de santé à travers le monde.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 5 grammes de sel par jour, soit environ une cuillère à café. Cette limite inclut le sel ajouté lors de la préparation des plats ainsi que celui présent naturellement dans les aliments.