Selon Courrier International, une fusillade a eu lieu dans un lycée de la province de Leyte, au centre des Philippines, le 23 juin 2026, faisant trois morts et vingt blessés parmi les élèves. Cette tragédie a conduit les autorités à enquêter sur les causes possibles de cet acte de violence, notamment en examinant les habitudes de jeu vidéo des suspects.

Les premiers éléments de l’enquête suggèrent qu’un des deux adolescents accusés d’avoir ouvert le feu dans l’établissement jouait régulièrement à un jeu en ligne appelé GoreBox. Ce jeu offre au joueur le choix entre diverses armes dans un univers où il est libre de se fixer ses propres objectifs, avec des détails explicites et précis sur les effets des combats.

Ce qu'il faut retenir

  • Une fusillade a eu lieu dans un lycée de la province de Leyte, au centre des Philippines, le 23 juin 2026.
  • Le bilan est de trois morts et vingt blessés parmi les élèves.
  • Les autorités ont mis en cause un jeu vidéo « violent » appelé GoreBox, joué par l’un des suspects.

Contexte et réactions

Les études scientifiques ont démontré qu’il n’existe aucun lien crédible entre les jeux vidéo et la violence dans la vie réelle, comme le rappelle le quotidien britannique The Guardian. Une analyse synthétique des travaux à ce sujet, réalisée en 2020, a conclu que les effets à long terme des jeux violents sur l’agressivité des jeunes étaient « quasi nuls ».

Malgré cela, le Centre philippin d’enquête et de coordination sur la cybercriminalité (CICC) a prononcé une interdiction temporaire à l’encontre de GoreBox à titre de mesure de précaution, dans l’attente des résultats de l’enquête. Aboy Paraiso, sous-secrétaire du CICC, a déclaré : « Nous ne pouvons ignorer les influences en ligne qui auraient pu contribuer à ce tragique incident. »

Appel à une interdiction des jeux « violents »

Le ministre de l’Intérieur, Jonvic Remulla, estime qu’une interdiction définitive devrait viser les jeux vidéo « violents ». « Les jeux qui prônent la violence, comme GoreBox, devraient être définitivement interdits aux Philippines. Je pense qu’ils désensibilisent les jeunes face à la mort, à la violence et au meurtre », a-t-il déclaré.

Cependant, Antonio Contreras, éditorialiste du Manila Times, appelle à prendre de la hauteur par rapport à cette fusillade, qui constitue un événement rare dans le contexte philippin. Il regrette que les discussions se contentent souvent d’une explication facile, blâmant les réseaux sociaux ou les jeux vidéo violents, sans examiner les problèmes structurels plus complexes qui pourraient être à l’origine de tels actes de violence.

Climat général d’impunité

Antonio Contreras plaide pour une prise en compte bien plus large de la violence dans le pays, soulignant que la fusillade s’inscrit dans un climat généralisé d’impunité et d’actes violents, notamment durant le mandat de l’ancien président Rodrigo Duterte (2016-2022). Cette période a été marquée par une guerre contre la drogue, au cours de laquelle la police a presque eu le droit de neutraliser en leur tirant dessus, voire de tuer, tous les suspects, entraînant entre 3 000 et 30 000 exécutions, selon les sources.

Et maintenant ?

Les autorités philippines devraient poursuivre leur enquête pour déterminer les causes profondes de la fusillade et prendre des mesures pour prévenir de tels incidents à l’avenir. La question de l’interdiction des jeux vidéo « violents » devrait être examinée de manière approfondie, en tenant compte des résultats de l’enquête et des études scientifiques sur le sujet.

Il est important de noter que les prochaines étapes dans cette affaire seront cruciales pour comprendre les motivations derrière cet acte de violence et pour élaborer des stratégies efficaces pour prévenir de futures tragédies. Les Philippins attendent avec intérêt les conclusions de l’enquête et les décisions qui seront prises pour assurer la sécurité des élèves et de la population en général.

En conclusion, cette fusillade meurtrière dans un lycée philippin soulève des questions importantes sur les causes de la violence chez les jeunes et sur les mesures à prendre pour la prévenir. Il est essentiel que les autorités et la société civile travaillent ensemble pour trouver des solutions efficaces et durables pour protéger les élèves et prévenir de telles tragédies à l’avenir.