Selon BFM Business, les actions de Micron Technology ont connu une progression spectaculaire en Bourse ce vendredi 26 juin 2026, après la publication de ses résultats financiers. Denis Desclos, président de l’Association Française des Analystes Techniques (AFATE), a évoqué cette hausse lors de l’émission Good Morning Market, soulignant l’impact positif des chiffres annoncés sur l’ensemble des marchés américains.

Ce qu'il faut retenir

  • Micron Technology enregistre une forte hausse en Bourse, portée par ses résultats trimestriels, selon BFM Business.
  • Le Nasdaq enchaîne une quatrième séance consécutive en baisse, reflétant une volatilité persistante sur les valeurs technologiques.
  • L’inflation aux États-Unis atteint son plus haut niveau depuis trois ans, tandis que le dollar se raffermit, pesant sur les marchés européens.
  • Les marchés asiatiques affichent une forte hausse, portée notamment par le sursaut des valeurs technologiques.
  • Les cours du pétrole reculent à des niveaux proches de ceux observés avant le conflit en Ukraine.

Une performance boursière exceptionnelle pour Micron

Les résultats de Micron Technology, géant américain des semi-conducteurs, ont dépassé les attentes des analystes, entraînant une hausse de plus de 12 % de son action en une seule séance. « Les chiffres publiés confirment la résilience du secteur des puces électroniques, malgré un environnement macroéconomique incertain », a déclaré Denis Desclos lors de son intervention sur BFM Business. Cette performance contraste avec le repli généralisé des valeurs technologiques américaines, le Nasdaq enregistrant sa quatrième journée consécutive dans le rouge.

Les marchés américains sous tension

La journée du 26 juin a été marquée par une volatilité accrue sur les marchés actions. Valentin Bissat, chef économiste et stratège chez Mirabaud Asset Management, a souligné que la hausse de l’inflation américaine, qui a atteint 3,8 % en glissement annuel – son plus haut niveau depuis trois ans –, a pesé sur les anticipations des investisseurs. « Les craintes d’un durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) se renforcent, ce qui explique en partie la prudence des marchés », a-t-il expliqué.

Parallèlement, le dollar s’est apprécié, atteignant un plus haut de 13 mois face à l’euro. Cette dynamique a contribué à freiner les performances des marchés européens, où le CAC 40 est resté stable sans réelle impulsion haussière.

L’Asie en pleine expansion, portée par la tech

À l’inverse, les marchés asiatiques ont connu une journée faste. Vincent Juvyns, responsable de la stratégie d’investissement chez ING, a mis en avant la « forte dynamique » des places boursières de la région, notamment grâce à la reprise des valeurs technologiques. « La publication des résultats de Micron a servi de catalyseur pour l’ensemble du secteur, confirmant la reprise de la demande en semi-conducteurs », a-t-il précisé. Les Bourses de Tokyo, Séoul et Shenzhen ont toutes enregistré des hausses significatives, avec des gains parfois supérieurs à 3 %.

Le pétrole à des niveaux d’avant-guerre

Autre élément marquant de cette séance : la chute des cours du pétrole. Les prix du Brent ont reculé à 78 dollars le baril, soit un niveau proche de celui observé avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cette baisse, attribuée à une demande mondiale toujours atone et à une production record de certains pays membres de l’OPEP+, a profité aux économies européennes, encore fortement dépendantes des importations énergétiques.

Jean-Louis Cussac, trader pour compte propre chez Perceval Finance Conseil, a souligné que « cette détente des prix du pétrole pourrait donner un peu d’oxygène aux entreprises européennes, déjà fragilisées par la hausse des coûts de production ».

Les valeurs de défense et l’industrie en Europe sous le feu des projecteurs

Dans un autre registre, les titres de Rheinmetall et KNDS, deux groupes européens spécialisés dans l’armement, ont également retenu l’attention des investisseurs. Damien Dierickx, gérant chez Exane Asset Management, a évoqué lors de l’émission Good Morning Market « une dynamique positive portée par les commandes militaires en hausse, notamment en Europe de l’Est ». Ces deux entreprises, dont les activités sont fortement liées à la demande en équipements de défense, ont vu leurs actions progresser de respectivement 4,5 % et 3,8 %.

Un contexte géopolitique toujours instable

Malgré ces signaux encourageants, les analystes restent prudents. L’instabilité géopolitique, notamment au Moyen-Orient, continue de peser sur les marchés. Patrick Zweifel, chef économiste de Pictet Asset Management, a rappelé que « le conflit en Iran et ses répercussions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales restent une source majeure d’inquiétude ». Il a toutefois nuancé son propos en soulignant que « les marchés ont jusqu’à présent fait preuve d’une résilience remarquable face à ces tensions ».

« Les investisseurs semblent avoir intégré le risque géopolitique dans leurs stratégies, privilégiant les actifs jugés plus résilients. »
François Monnier, directeur de la rédaction d’Investir, cité par BFM Business

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour les marchés financiers. La publication des prochains indicateurs économiques américains, prévue pour début juillet, ainsi que les décisions de la Fed sur les taux d’intérêt, seront suivies de près. Du côté de Micron, les investisseurs attendent désormais les perspectives de croissance du groupe pour les prochains trimestres. Enfin, l’évolution du conflit en Ukraine et ses conséquences sur les prix de l’énergie pourraient rebattre les cartes sur les marchés européens.

La volatilité devrait donc rester au cœur des débats dans les salles de marché, dans un contexte où les incertitudes économiques et géopolitiques se mêlent aux bonnes nouvelles sectorielles.

Les résultats de Micron, supérieurs aux attentes des analystes, ont rassuré les investisseurs sur la santé du secteur des semi-conducteurs. Ce secteur est considéré comme un indicateur clé de l’activité économique mondiale, d’où l’effet d’entraînement observé sur l’ensemble des valeurs technologiques.

La hausse du dollar rend les exportations européennes plus chères et réduit la compétitivité des entreprises locales. Elle peut également peser sur les résultats des multinationales européennes, dont une partie des revenus est libellée en dollars.