Un père se dit « révolté » après qu’un contrôle judiciaire a été prononcé à l’encontre d’un homme mis en examen pour le viol de sa fille mineure. Selon BFM - Faits Divers, la jeune victime, âgée de 12 ans, présenterait des signes de détresse quotidienne depuis l’audience. Le père de l’enfant, qui a témoigné de la situation sous couvert d’anonymat, explique que sa fille « pleure tous les soirs » et que cette décision judiciaire aggrave sa souffrance. L’homme visé par les poursuites, Jérôme Barella, fait actuellement l’objet de plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles.

Ce qu'il faut retenir

  • Contrôle judiciaire prononcé contre Jérôme Barella, mis en examen pour le viol présumé d’une mineure de 12 ans.
  • La victime présenterait des signes de détresse psychologique aiguë, selon son père.
  • L’homme est également visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles.
  • Le père de la victime a annoncé son intention de poursuivre l’État en justice pour « manquement à ses obligations de protection ».
  • L’affaire a été évoquée lors d’une audition au Sénat concernant le traitement des violences sexuelles en France.

Une mesure judiciaire contestée par la famille de la victime

Le contrôle judiciaire imposé à Jérôme Barella, qui comprend notamment une interdiction de contact avec la victime et ses proches, ne satisfait pas la famille. Le père de la jeune fille a vivement réagi à cette décision, la qualifiant de « clémence inadmissible » face à l’ampleur des faits reprochés. « Ma fille pleure tous les soirs, comment peut-on encore la protéger si son agresseur reste en liberté sous contrôle ? », s’est-il indigné auprès de BFM - Faits Divers. La mère de l’enfant, qui porte plainte contre l’État, a confirmé que la situation était « insupportable » pour son enfant et sa famille.

Contexte judiciaire et réactions politiques

Cette affaire intervient dans un contexte où les dysfonctionnements dans le traitement des violences sexuelles sont pointés du doigt. Lors d’une audition au Sénat, la sénatrice Muriel Jourda (LR) a reconnu qu’il existait peut-être « des dysfonctionnements individuels, mais aussi un souci structurel beaucoup plus important ». De son côté, Lucia Argibay, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, a souligné une « véritable défaillance dans le traitement judiciaire des violences sexuelles ». Ces déclarations font écho aux critiques formulées par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, qui a admis que « les consignes étaient extrêmement claires » mais que des manquements avaient été constatés dans l’affaire Lyhanna, un autre dossier de violences sexuelles sur mineur.

Les déclarations des responsables politiques

Interrogé sur les dysfonctionnements dans le traitement de ces affaires, Gérald Darmanin a reconnu que « nous avions tous les éléments » pour agir plus rapidement dans certaines situations. Il a également rappelé que « le principe de précaution aurait dû être appliqué pour mettre de côté Monsieur Barella ». Ces propos interviennent après une série de révélations sur des manquements dans le suivi des dossiers de violences sexuelles. Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, a quant à lui affirmé que « toute la lumière devait être faite » sur ces affaires, tout en se défendant de tout « laisser-faire » dans le traitement des plaintes.

« On aurait dû appliquer le principe de précaution pour mettre de côté Monsieur Barella. »
— Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur

Les autres affaires en cours : Patrick Bruel et l’affaire Lyhanna

Parallèlement à ce dossier, d’autres affaires de violences sexuelles font actuellement l’objet d’enquêtes. Le chanteur Patrick Bruel, visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles, a vu sa garde à vue prolongée de 24 heures la semaine dernière. Une nouvelle femme a porté plainte contre lui pour « tentative de viol », portant à cinq le nombre de plaintes déposées à son encontre. Une comédienne, qui avait déjà porté plainte contre lui, a également témoigné dans les médias pour dénoncer son comportement.

L’affaire Lyhanna, une jeune fille de 13 ans décédée après avoir été violée en 2021, a également été évoquée lors des auditions au Sénat. Laurent Nuñez a reconnu que des « manquements » avaient été constatés dans le suivi de cette affaire, tout en insistant sur la nécessité de « faire toute la lumière » sur les responsabilités individuelles et collectives.

Et maintenant ?

La mère de la victime de 12 ans a annoncé son intention d’attaquer l’État en justice pour obtenir réparation. Cette procédure, qui pourrait aboutir à une condamnation de l’État pour « manquement à ses obligations de protection », devrait être engagée dans les prochains mois. Par ailleurs, le contrôle judiciaire de Jérôme Barella pourrait être réexaminé lors d’une prochaine audience, en fonction des nouveaux éléments qui pourraient être versés au dossier. Enfin, les enquêtes concernant les affaires Patrick Bruel et l’affaire Lyhanna devraient se poursuivre, avec des auditions et contre-expertises prévues dans les semaines à venir.

Les suites judiciaires et politiques attendues

Plusieurs pistes sont envisagées pour améliorer le traitement des violences sexuelles en France. Les sénateurs ont demandé la mise en place d’une mission d’inspection au tribunal d’Auch, où l’affaire Lyhanna avait été instruite. Les associations de défense des victimes, comme le Syndicat de la magistrature, réclament quant à elles une réforme structurelle du système judiciaire pour garantir une meilleure prise en charge des victimes et une application systématique du principe de précaution. Ces propositions devraient être discutées lors des prochains débats parlementaires sur la justice et la protection des mineurs.

Dans l’immédiat, les proches de la victime de 12 ans espèrent que la justice prendra des mesures plus strictes pour protéger leur enfant. Le père, qui a déjà déposé plainte contre l’État, a prévenu qu’il ne « lâcherait rien » tant que la sécurité de sa fille ne serait pas assurée. « On ne peut pas laisser un agresseur en liberté quand notre enfant en paie le prix tous les jours », a-t-il conclu.

Jérôme Barella est mis en examen pour viol sur mineur de 15 ans, un délit passible de 20 ans de réclusion criminelle. Il est également visé par plusieurs autres plaintes pour viols et agressions sexuelles, selon les informations communiquées par BFM - Faits Divers.

La mère de la victime a annoncé son intention d’engager une action en justice contre l’État « dans les prochains mois ». Aucune date précise n’a encore été communiquée, mais les démarches devraient débuter rapidement, selon ses déclarations.