Le tribunal correctionnel de Bobigny rend ce jeudi 2 avril 2026 sa décision dans l’affaire opposant deux policiers de Noisy-le-Grand à la justice. Comme le rapporte Libération, les deux fonctionnaires sont poursuivis pour avoir prétendument frappé un individu en septembre 2021 avant de rédiger un procès-verbal mensonger afin de justifier leur intervention.
Ce qu'il faut retenir
- Deux policiers de la commune de Noisy-le-Grand sont jugés pour des violences présumées commises en septembre 2021.
- Ils sont accusés d’avoir rédigé un procès-verbal falsifié pour couvrir leurs actes.
- Le tribunal correctionnel de Bobigny doit rendre sa décision ce 2 avril 2026.
- Les faits remontent à une intervention filmée, ayant suscité une enquête administrative et judiciaire.
Une intervention filmée et des allégations de violences
En septembre 2021, les deux policiers intervenaient dans le cadre d’une opération de police à Noisy-le-Grand. Une vidéo, largement diffusée, montrait l’un d’eux frappant un individu alors qu’il était déjà maîtrisé au sol. L’incident, filmé par un témoin, avait rapidement suscité l’indignation locale et déclenché une enquête interne.
Selon les éléments recueillis par Libération, l’enquête avait révélé des incohérences entre les déclarations des agents et les images disponibles. Les fonctionnaires avaient initialement justifié leur intervention par un comportement agressif de la part de l’individu, une version contestée par les images.
Un procès-verbal mensonger pour étouffer l’affaire
Dans leur défense, les deux policiers avaient rédigé un procès-verbal décrivant une situation de légitime défense et un comportement violent de la part de la victime présumée. Or, l’enquête judiciaire a démontré que ce document était contraire aux faits établis par les images et les témoignages. Le parquet avait donc retenu l’accusation de false en écriture contre les deux agents.
Cette falsification avait pour but de dissimuler les violences présumées et de protéger les fonctionnaires impliqués. Les avocats de la défense avaient plaidé la bonne foi, arguant que les agents avaient agi sous le stress de l’intervention.
Une procédure judiciaire sous haute tension
L’affaire, suivie de près par les associations de défense des droits humains et les syndicats policiers, s’est prolongée pendant près de cinq ans. Les débats au tribunal correctionnel de Bobigny ont porté à la fois sur la matérialité des faits et sur l’intention des policiers. Les deux fonctionnaires, suspendus depuis les faits, risquent des peines pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour faux en écriture publique.
Le parquet avait requis une peine exemplaire, estimant que la falsification du procès-verbal aggravait la gravité des faits initiaux. Les parties civiles, dont la victime présumée, avaient demandé réparation pour les violences subies et l’atteinte à leur réputation.
Cette affaire rappelle l’importance de la transparence dans les interventions policières, surtout lorsque des images contredisent les versions officielles. Les prochains mois pourraient voir émerger de nouvelles mesures de contrôle pour prévenir ce type de dérives.
En cas de condamnation, les deux policiers pourraient faire l’objet de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à leur exclusion de la fonction publique. Ils pourraient également être tenus de verser des dommages et intérêts à la victime présumée. Une condamnation pénale pourrait également avoir un impact sur leur carrière et leur réputation professionnelle.
