La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a statué mardi 30 juin sur les requêtes déposées par Nicolas Sarkozy et son épouse dans l’affaire des soupçons de manœuvres frauduleuses visant à obtenir la rétractation de l’intermédiaire Ziad Takieddine. Ce dernier, décédé en septembre 2025, avait accusé l’ex-président d’avoir bénéficié d’un financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007 en provenance de la Libye de Mouammar Kadhafi. Selon Ouest France, la décision définitive concernant le recours de l’ancien chef de l’État et de son épouse a été fixée au 10 novembre 2026.
Ce qu'il faut retenir
- La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a examiné le 30 juin 2026 les recours de Nicolas Sarkozy et de son épouse dans l’affaire des soupçons de manœuvres frauduleuses pour obtenir la rétractation de Ziad Takieddine.
- Ziad Takieddine, décédé en septembre 2025, accusait l’ex-président d’avoir bénéficié d’un financement libyen pour sa campagne de 2007.
- La décision finale sur ces recours a été renvoyée au 10 novembre 2026.
Une procédure en suspens depuis la disparition de l’accusateur
L’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 a connu un nouveau rebondissement avec le décès de Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais, en septembre 2025. Ce dernier avait affirmé dans plusieurs déclarations que le régime de Kadhafi avait participé au financement illégal de la campagne électorale de l’ex-président. Ces allégations, jamais confirmées par des preuves tangibles, avaient conduit à la mise en examen de Nicolas Sarkozy en 2018 pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de détournement de fonds publics ».
La chambre de l’instruction, saisie par Sarkozy et son épouse pour contester leur mise en examen, a donc examiné mardi 30 juin les arguments des parties. Selon Ouest France, les débats ont porté sur la recevabilité des recours et la légitimité des éléments produits par la défense, notamment en l’absence de Takieddine pour corroborer ses accusations. L’ancien président, qui conteste fermement ces allégations, avait déjà obtenu en 2021 l’annulation de sa mise en examen pour corruption passive dans cette affaire, avant qu’elle ne soit rétablie en appel.
Un calendrier judiciaire sous haute tension
La procédure judiciaire dans cette affaire complexe, qui s’étend sur près de dix ans, entre dans une phase décisive. Le 10 novembre 2026, date à laquelle la chambre de l’instruction doit rendre sa décision, pourrait sceller le sort de Nicolas Sarkozy dans cette procédure. Si les recours sont rejetés, l’ex-président restera sous le coup d’une mise en examen, ouvrant la voie à un éventuel procès. À l’inverse, une annulation de la mise en examen signifierait un tournant majeur pour Sarkozy, qui a toujours dénoncé une « instrumentalisation politique » de cette affaire.
Par ailleurs, la défense de l’ancien président a récemment souligné que les éléments à charge reposaient « exclusivement sur des déclarations de Takieddine, dont la crédibilité a été sérieusement ébranlée après sa mort ». Dans un communiqué publié en mars 2026, ses avocats avaient rappelé que « aucune preuve matérielle, aucun document, aucun témoignage ne vient étayer les accusations portées contre Nicolas Sarkozy ».
Cette affaire illustre par ailleurs les défis posés par les procédures judiciaires dans lesquelles les preuves directes font défaut, mais où les déclarations des parties prenantes – même disparues – pèsent lourdement dans l’équilibre des débats. Elle soulève également des questions sur la présomption d’innocence et la durée des procédures, alors que les parties attendent une conclusion depuis près d’une décennie.
Nicolas Sarkozy est mis en examen pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de détournement de fonds publics », dans le cadre des soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007. Ces accusations reposent sur les déclarations de Ziad Takieddine, décédé en septembre 2025.