Le tribunal correctionnel de Soissons a rendu son verdict ce jeudi 11 juin 2026 dans l’affaire Elisa Pilarski. Christophe Ellul, son compagnon, a été condamné à une peine de prison avec sursis pour « homicide involontaire par agression d’un chien ». Par ailleurs, la justice a ordonné l’euthanasie de Curtis, le chien accusé d’avoir causé la mort de la jeune femme en novembre 2019. Cette décision intervient après un procès qui s’est tenu en mars dernier devant la même juridiction, comme le rapporte BFM – Faits Divers.
Le 17 novembre 2019, le corps d’Elisa Pilarski, âgée de 29 ans et enceinte de six mois, était découvert en forêt de Retz, dans l’Aisne, couvert de morsures. Les investigations avaient rapidement désigné Curtis, le chien de Christophe Ellul, comme responsable des blessures mortelles. L’animal, qui se promenait ce jour-là avec la victime, présentait des traces de sang à son retour au domicile. Curtis, aujourd’hui retenu dans un chenil, avait également mordu au sang un agent de police au commissariat, quelques heures après le drame, et attaqué une bénévole d’une association où il avait été placé.
Ce qu'il faut retenir
- Condamnation de Christophe Ellul : 11 juin 2026, tribunal correctionnel de Soissons, peine de prison avec sursis pour « homicide involontaire par agression d’un chien ».
- Euthanasie ordonnée pour Curtis : le chien, désigné comme responsable des blessures mortelles d’Elisa Pilarski, doit être euthanasié.
- 56 plaies recensées : le corps d’Elisa Pilarski présentait au moins 56 morsures de différentes tailles lors de sa découverte en forêt de Retz.
- Lien exclusif avec Curtis : seul l’ADN de l’animal a été retrouvé sur les vêtements de la victime, aucun autre chien présent ce jour-là n’étant impliqué.
- Contexte du procès : Christophe Ellul, jugé en mars 2026, avait demandé des « preuves » de la culpabilité de son chien lors de l’audience.
- Réactions des associations : deux pétitions, totalisant environ 110 000 signatures, avaient été lancées pour sauver Curtis.
Un procès marqué par les tensions et les aveux partiels
Christophe Ellul s’est présenté en costume noir à chaque journée d’audience en mars dernier, devant le tribunal correctionnel de Soissons. Il était poursuivi pour « homicide involontaire par agression d’un chien », une qualification retenue notamment en raison de l’entrée illégale de Curtis sur le territoire français et de son dressage au mordant à leurre suspendu, une pratique interdite en France. Dès le premier jour du procès, il avait réclamé des « preuves » de la culpabilité de son animal : « Je veux savoir la vérité, avait-il lancé. Si Curtis est coupable, tuez-le, piquez-le, mais mettez des preuves sur la table. »
Lors des débats, l’homme avait semblé admettre l’implication de son chien dans la mort de sa compagne. « La présidente m’a donné la preuve qu’il est coupable », avait-il affirmé avant de nuancer ses propos dès le lendemain, précisant n’avoir « pas fait d’aveux ». À l’issue du procès, la procureure de la République avait requis quatre ans de prison avec sursis contre lui et demandé l’euthanasie de Curtis. « Il était dangereux, et il l’est sans doute encore plus aujourd’hui », avait-elle souligné, estimant que « [elle] ne voit pas comment [elle] peut ne pas requérir l’euthanasie de ce chien ».
Des expertises accablantes pour Curtis
Les investigations menées après la découverte du corps d’Elisa Pilarski avaient révélé que son chien présentait des traces de sang à son retour à la maison. Curtis avait également mordu un agent de police au commissariat, peu après l’annonce du décès, ainsi qu’une bénévole d’une association où il avait été placé. L’animal, aujourd’hui détenu dans un chenil, avait été identifié comme le seul chien ayant laissé son ADN sur les vêtements de la victime, selon les expertises réalisées par les enquêteurs.
Parmi les 21 chiens présents ce jour-là en forêt de Retz pour une chasse à courre, aucun autre n’avait été mis en cause. Les analyses vétérinaires avaient confirmé que les blessures d’Elisa Pilarski correspondaient à des morsures de Curtis, un chien de type American Staffordshire, connu pour sa force et son agressivité. L’animal avait par ailleurs déjà fait l’objet de signalements pour comportement dangereux avant le drame.
Des associations mobilisées pour sauver Curtis
La décision d’ordonner l’euthanasie de Curtis avait suscité une vive émotion parmi les défenseurs des droits des animaux. Deux pétitions en ligne, lancées pour tenter de sauver le chien, avaient recueilli près de 110 000 signatures à elles deux. Les associations dénonçaient une décision « disproportionnée » et demandaient une réévaluation de la dangerosité de l’animal, arguant que Curtis avait été dressé dans un contexte spécifique.
Christophe Ellul, visiblement affecté par le verdict, avait adressé ses derniers mots à sa compagne disparue : « J’ai aimé Elisa plus que tout, aujourd’hui elle me manque. J’ai fait ce combat pendant sept ans pour elle. Si j’avais su qu’elle pouvait avoir un risque, j’aurais pris les dispositions nécessaires. » Ces déclarations, faites sous le coup de l’émotion, n’ont pas suffi à infléchir la décision de la justice.
Une affaire qui divise l’opinion publique
L’affaire Elisa Pilarski avait marqué l’opinion publique dès sa découverte en 2019. La jeune femme, enceinte et en apparence en bonne santé, était morte des suites de morsures infligées par Curtis. Les circonstances du drame, notamment la présence d’un chien potentiellement dangereux lors d’une promenade, avaient soulevé des questions sur la responsabilité de son propriétaire. Christophe Ellul avait toujours nié toute volonté de nuire, affirmant avoir ignoré les risques liés à l’animal.
Les expertises menées après le drame avaient révélé que Curtis avait été dressé au mordant à leurre suspendu, une technique prohibée en France. Cette pratique, utilisée pour développer l’agressivité des chiens, avait été pointée du doigt par les enquêteurs comme un facteur aggravant dans le comportement de l’animal. Curtis avait également été introduit illégalement sur le territoire français, ce qui avait contribué à renforcer la culpabilité de son propriétaire.
L’affaire rappelle également les débats persistants autour de la responsabilité des propriétaires d’animaux dangereux et de l’encadrement des pratiques de dressage en France. Une proposition de loi visant à renforcer les sanctions en cas de dressage illégal ou de négligence ayant entraîné un accident pourrait être examinée dans les mois à venir au Parlement.
Seul l’ADN de Curtis a été retrouvé sur les vêtements d’Elisa Pilarski, et les blessures correspondaient aux morsures de l’animal. Aucun autre chien présent ce jour-là en forêt de Retz n’a été mis en cause par les expertises.
Christophe Ellul ou ses avocats peuvent faire appel du verdict dans les délais légaux. L’euthanasie de Curtis pourrait être exécutée si la décision devient définitive, sauf sursis accordé par une juridiction supérieure.