La mère de Rosa, 11 ans, qui avait déposé plainte en août 2025 pour viol sur mineure contre Jérôme Barella, mis en examen dans l’enquête sur la mort de Lyhanna, annonce son intention de poursuivre l’État pour « faute lourde », a révélé son avocat Pierre Debuisson ce mardi 9 juin sur RTL. Deux procédures seront engagées : une plainte en responsabilité devant le tribunal judiciaire et une action pénale contre les enquêteurs et magistrats ayant travaillé sur le dossier, selon les informations rapportées par Franceinfo – Faits divers.

Ce qu'il faut retenir

  • La mère de Rosa, 11 ans, dépose plainte contre l’État pour faute lourde dans la gestion de l’affaire du viol présumé de sa fille par Jérôme Barella.
  • Deux procédures seront lancées : une plainte en responsabilité devant le tribunal judiciaire et une action pénale contre les acteurs de la chaîne judiciaire.
  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit ce mardi matin les ministres concernés (Intérieur, Justice, Santé, Éducation nationale, Égalité) pour définir de nouvelles mesures de protection des mineurs et de lutte contre les violences sexuelles.
  • Des milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs villes françaises le 8 juin pour dénoncer les dysfonctionnements judiciaires et administratifs.
  • Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, demande l’inscription à l’ordre du jour d’une « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles.

Une plainte contre l’État pour lenteur judiciaire

L’avocat de la mère de Rosa, Pierre Debuisson, a confirmé sur RTL que sa cliente allait déposer deux plaintes distinctes. La première vise l’État pour « faute lourde », reprochant à la justice sa lenteur dans le traitement de la plainte déposée en 2025 pour viol sur mineure. Jérôme Barella, mis en examen dans l’affaire Lyhanna, est le principal suspect dans cette plainte initiale.

La seconde procédure, de nature pénale, cible les enquêteurs et les magistrats ayant travaillé sur le dossier. Pierre Debuisson a précisé que ces deux actions visaient à « obtenir réparation pour l’échec de la chaîne judiciaire à protéger Rosa », selon ses propos rapportés par Franceinfo.

Un contexte marqué par l’indignation nationale

Cette annonce intervient après plusieurs jours de mobilisation citoyenne. Depuis le 8 juin, des rassemblements ont eu lieu dans des dizaines de villes, dont Paris, Marseille, La Rochelle, Saint-Brieuc et Auch, pour dénoncer les dysfonctionnements dans la prise en charge des plaintes concernant les enfants victimes de violences. Des pancartes « Justice pour Lyhanna » et « Protégez nos enfants » ont été brandies par des manifestants devant les palais de justice et les préfectures.

« On a besoin d’une réponse globale », a déclaré Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, lors d’une intervention sur Franceinfo. Elle a réitéré son soutien à la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, déposée en novembre 2025 par Céline Thiébault-Martinez (PS) et plus d’une centaine de députés, inspirée des 140 recommandations de la « coalition féministe pour une loi intégrale ».

Le gouvernement examine de nouvelles mesures

Face à la pression politique et sociale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni ce mardi matin à Matignon les ministres de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé, de l’Éducation nationale et de l’Égalité. L’objectif est de définir des mesures urgentes pour renforcer la protection des mineurs et lutter contre les violences sexuelles. Dans un courrier rendu public lundi soir, Lecornu a évoqué « l’effroi » et « une incompréhension sur les circonstances » du décès de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers, ainsi que les dysfonctionnements du système judiciaire.

Parmi les pistes envisagées figurent l’aggravation des peines en cas de viols sériels, la modification des règles de prescription, l’information systématique des victimes tout au long de la procédure, et la nécessité de motiver les décisions de classement sans suite concernant les crimes et délits sexuels. Yaël Braun-Pivet a appelé le président de la République à inscrire cette loi à l’ordre du jour d’une session parlementaire extraordinaire.

Un drame qui a révélé les failles du système

L’affaire Lyhanna, 11 ans, décédée dans des circonstances troubles dans le Gers, a mis en lumière les lacunes dans la prise en charge des plaintes pour violences sexuelles. La plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, dont la fille aurait été victime de violences sexuelles par Jérôme Barella, n’a pas été traitée avec la célérité nécessaire, selon les critiques formulées par les associations et les familles.

Un professeur de sport a confié à Franceinfo avoir ressenti une « culpabilité » de ne pas avoir signalé plus tôt le comportement suspect de Barella envers les enfants. « Son attitude avec les enfants créait beaucoup de gêne », a-t-il déclaré, soulignant les signes avant-coureurs qui auraient dû alerter les autorités.

Les prochaines étapes : entre mobilisation et réformes

Alors que la colère persiste dans la société civile, plusieurs responsables politiques ont réaffirmé leur volonté de faire avancer une loi globale. Yaël Braun-Pivet a défendu l’idée que « nous ne devons jamais craindre la parole des Français », tout en regrettant l’interdiction d’une manifestation devant le ministère de la Justice le 8 juin.

Du côté judiciaire, les procédures engagées par la mère de Rosa pourraient déboucher sur des sanctions contre les responsables des dysfonctionnements. Une audience devant le tribunal judiciaire est attendue dans les prochaines semaines pour statuer sur la recevabilité de la plainte en responsabilité.

Et maintenant ?

La réunion de Matignon ce 9 juin pourrait aboutir à des annonces concrètes sur le renforcement des dispositifs de protection des mineurs. Une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, si elle est adoptée, pourrait être examinée lors d’une session parlementaire extraordinaire d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, les procédures judiciaires engagées contre l’État et les acteurs du dossier Barella pourraient s’étendre sur plusieurs mois, voire années, selon la complexité des investigations.

La mobilisation citoyenne, quant à elle, devrait se poursuivre dans les semaines à venir, avec de nouveaux rassemblements prévus dans plusieurs villes. Les associations féministes et les collectifs pour la protection de l’enfance appellent à une réforme structurelle du système judiciaire pour éviter de nouveaux drames similaires.

Jérôme Barella est le principal suspect dans l’enquête sur la mort de Lyhanna, 11 ans, décédée dans le Gers. Il est également mis en examen pour viol sur mineure après la plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, dont la fille aurait été victime de ses agissements.

Parmi les mesures envisagées figurent l’aggravation des peines pour viols sériels, la modification des règles de prescription, l’information systématique des victimes tout au long de la procédure, et la nécessité de motiver les décisions de classement sans suite pour les crimes et délits sexuels.