Le général Hubert Bonneau, directeur général de la gendarmerie nationale, a reconnu ce mardi 9 juin sur TF1 un « échec » de son institution dans l'affaire Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans un silo désaffecté du Gers le 4 juin dernier. Selon BFM - Faits Divers, le général Bonneau a évoqué une « erreur » dans la gestion des signalements et plaintes visant le principal suspect, Jérôme B., visé par plusieurs signalements pour violences sexuelles sur mineures sans avoir été inquiété avant l'enlèvement de la victime.

Ce qu'il faut retenir

  • Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte le 4 juin 2026 dans un silo désaffecté à Lectoure (Gers), six jours après sa disparition.
  • Le principal suspect, Jérôme B., était visé par une plainte pour viols sur mineure depuis août 2025, sans avoir été placé en garde à vue au moment des faits.
  • Le général Hubert Bonneau a reconnu un « échec » pour la gendarmerie, soulignant que quatre mois entre la plainte et l'enquête étaient « trop longs ».
  • Le parquet de Toulouse avait transmis le dossier au parquet d'Auch en janvier 2026, mais la gendarmerie de Lectoure n'a pas agi avant l'enlèvement de Lyhanna.
  • Le général Bonneau a promis de faire « la lumière » sur les menaces proférées envers la mère de la victime, qui affirmait avoir été dissuadée de contacter la gendarmerie.

Un signalement ignoré pendant quatre mois

Selon les informations rapportées par BFM - Faits Divers, Jérôme B. était visé par une plainte pour viols sur mineure déposée en août 2025 par la mère d'une enfant mineure. Les enquêteurs avaient recueilli des témoignages et un examen médico-légal avait corroboré les déclarations de la victime. Pourtant, le dossier avait été transmis à la gendarmerie de Lectoure en janvier 2026 sans que le suspect ne soit inquiété. « Effectivement, quand vous avez un auteur désigné et une victime confirmée, quatre mois, c'est trop long », a reconnu le général Bonneau lors de son intervention sur TF1.

Le suspect n'a été placé en garde à vue qu'après la disparition de Lyhanna, le 29 mai 2026, soit près de dix mois après le dépôt de la première plainte. « Ça n'excuse rien », a-t-il ajouté, tout en précisant que l'enquête administrative confiée aux Inspections générales de la gendarmerie (IGGN) et de la justice (IGJ) « déterminera s'il y a eu des dysfonctionnements ».

Un « échec » pour la gendarmerie, selon son directeur

Interrogé sur les causes de cet échec, le général Hubert Bonneau a évoqué la lourdeur des procédures et le volume croissant des signalements. « Au sein de la gendarmerie nationale aujourd'hui, nous recevons toutes les heures quatre plaintes pour des violences sexuelles et sexistes et des viols sur des mineurs », a-t-il expliqué. « La situation est trop grave » pour que l'institution puisse se permettre de telles erreurs, a-t-il souligné, tout en insistant sur le fait qu'il ne comptait pas démissionner.

« On ne rentre pas dans la gendarmerie nationale par hasard, on y vient par conviction, par volonté de protéger nos concitoyens, protéger les plus faibles », a déclaré le général Bonneau. « Quand dans nos opérations se traduit par de la mort ou de la souffrance, oui, je peux dire que c'est un échec. » Il a par ailleurs promis de faire « la lumière » sur les menaces dont aurait été victime la mère de Lyhanna, qui affirmait avoir été dissuadée de contacter la gendarmerie pour s'enquérir des avancées de l'enquête.

« C'est un sujet délicat, sensible et je dirai d'entrée que c'est un échec pour la gendarmerie. L'ensemble des gendarmes (...) le vivent comme un échec. »
— Général Hubert Bonneau, directeur général de la gendarmerie nationale

Un contexte national marqué par une hausse des violences sexuelles sur mineurs

Le général Bonneau a rappelé que la gendarmerie nationale faisait face à une augmentation significative des signalements pour violences sexuelles et sexistes. Selon lui, près de quatre plaintes par heure sont enregistrées pour ce type d'infractions. Cette saturation des services pourrait, en partie, expliquer les retards dans le traitement des dossiers, mais n'enlève rien à la gravité de l'erreur commise dans l'affaire Lyhanna.

Cette affaire survient dans un contexte où la protection des mineurs est plus que jamais au cœur des préoccupations. Plusieurs associations et responsables politiques ont déjà appelé à une réforme des procédures judiciaires et policières pour éviter que de telles erreurs ne se reproduisent. Le gouvernement, de son côté, n'a pas encore réagi publiquement à ces déclarations, mais des discussions pourraient être engagées avec les autorités judiciaires et policières dans les prochaines semaines.

Et maintenant ?

Les Inspections générales de la gendarmerie (IGGN) et de la justice (IGJ) devraient rendre leur rapport dans les prochaines semaines. Ce document pourrait révéler des dysfonctionnements précis dans la gestion de ce dossier et entraîner des sanctions disciplinaires à l'encontre des gendarmes impliqués. Par ailleurs, le suspect, incarcéré depuis son arrestation, pourrait voir son dossier examiné en urgence par la justice pour une éventuelle mise en accusation.

Du côté des autorités politiques, une réforme des procédures de signalement et de traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs pourrait être envisagée, bien que aucune annonce officielle n'ait encore été faite. La protection des mineurs restera, en tout état de cause, un dossier prioritaire dans les mois à venir.

Cette affaire rappelle également la nécessité d'une coordination renforcée entre les différents acteurs de la chaîne judiciaire, de la police aux parquets en passant par les services sociaux. La rapidité d'intervention, surtout lorsqu'il s'agit de protéger des mineurs, reste un enjeu majeur pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.

Selon les éléments rapportés par BFM - Faits Divers, le dossier concernant Jérôme B. avait été transmis à la gendarmerie de Lectoure en janvier 2026, mais n'a pas été traité avec la célérité nécessaire. Le général Hubert Bonneau a reconnu que le délai de quatre mois entre le dépôt de la plainte et les premières actions concrètes était « trop long », sans pour autant expliquer les raisons exactes de ce retard.