Le conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes et porte-parole du Rassemblement national, Andréa Kotarac, a réagi ce 8 juin 2026 sur Franceinfo à l’affaire Lyhanna, mettant en lumière les défaillances du système judiciaire dans la protection de l’enfance. Une marche blanche réunissant plus de 6 000 personnes s’est tenue la veille en hommage à la fillette de 9 ans, victime d’un crime odieux.

Ce qu'il faut retenir

  • Une marche blanche a rassemblé plus de 6 000 personnes le 7 juin 2026 pour Lyhanna, 9 ans, victime d’un meurtre après des violences sexuelles.
  • Andréa Kotarac (RN) dénonce le manque de moyens de la justice et critique la priorisation insuffisante de la « protection de la petite enfance ».
  • Il évoque une circulaire ministérielle du 25 janvier 2025 sur la lutte contre la pédophilie, jugée insuffisante par le magistrat.
  • Jérôme Barella, condamné pour des faits de viols et d’agressions sexuelles, était en liberté avant le meurtre de Lyhanna malgré quatre plaintes déposées.
  • Kotarac rappelle l’affaire des 75 à 80 personnes mises en examen dans le périscolaire parisien, transférées sans protection renforcée.

Un système judiciaire sous pression après le drame de Lyhanna

Andréa Kotarac, invité politique de Franceinfo ce dimanche 8 juin, a souligné l’urgence d’une refonte des priorités judiciaires. « Il faut judiciairement prioriser la protection de la petite enfance », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « On a quand même un problème dans ce pays, puisque vous voyez bien qu’après trois ou quatre affaires de viols ou d’attouchements sexuels, ce Jérôme Barella était en liberté. » Selon lui, cette liberté a permis l’enlèvement, le viol et l’assassinat de la fillette. « La protection de la petite enfance, c’est la priorité aujourd’hui dans le pays. Ça doit être la priorité. »

Le magistrat a rappelé que Barella était connu des services de police pour plusieurs plaintes avant le meurtre. « Quand vous avez quatre plaintes, quand vous avez des mamans qui viennent et qui disent : “Ma petite fille a été violée par cet homme”, et que cet homme attend la petite Lyhanna chaque matin devant l’école, dans sa voiture… Pardon, mais on a un vrai problème. » Ces propos illustrent les lacunes du suivi des criminels sexuels, malgré l’existence de dispositifs comme la circulaire Darmanin de janvier 2025.

Les limites des mesures existantes pointées par le RN

Andréa Kotarac a critiqué la gestion des affaires de pédophilie par les autorités, citant notamment l’affaire des 75 à 80 personnes mises en examen dans un périscolaire parisien. « La mairie a pris des animateurs suspectés de pédophilie et les a transférés dans un autre arrondissement », a-t-il dénoncé. Pour le conseiller régional, ces mesures de « protection » sont insuffisantes et révèlent une absence de stratégie globale.

Il a également souligné le manque de moyens alloués à la justice : « On manque évidemment de moyens, la justice manque de moyens. » Cette affirmation s’appuie sur les retards dans le traitement des affaires, malgré des signalements répétés. « Quand une mère dénonce des violences sexuelles sur sa fille et que rien n’est fait, c’est toute la société qui échoue », a-t-il résumé. Le RN en fait un argument politique, appelant à une « priorité nationale » pour endiguer ce fléau.

Une circulaire ministérielle insuffisante selon Kotarac

Le juge Kotarac a mentionné une circulaire publiée le 25 janvier 2025 par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, classée comme la « deuxième priorité » de l’exécutif dans la lutte contre la pédophilie. « Cette circulaire devait renforcer les moyens de détection et de suivi des criminels sexuels, mais dans les faits, elle n’a pas empêché le drame », a-t-il estimé. Pour lui, ces textes restent lettre morte faute de moyens humains et financiers.

Il a également rappelé que Barella, malgré un passé judiciaire chargé, n’était pas sous surveillance renforcée. « On a un vrai problème avec la pédophilie dans ce pays », a-t-il martelé, pointant du doigt une « culture de l’impunité » pour les auteurs d’infractions sexuelles. Ces déclarations interviennent alors que l’émotion nationale reste vive après le meurtre de Lyhanna, survenu dans des circonstances particulièrement choquantes.

Et maintenant ?

La classe politique devra se saisir de ce dossier dans les prochains jours, notamment lors des questions au gouvernement prévues la semaine prochaine au Parlement. Plusieurs associations de protection de l’enfance ont déjà annoncé qu’elles demanderaient une commission d’enquête parlementaire pour évaluer les dysfonctionnements des services judiciaires et sociaux. Une pétition nationale, lancée après la marche blanche, a recueilli plus de 200 000 signatures en 48 heures, réclamant des « mesures concrètes » et non plus seulement des déclarations.

De son côté, le ministère de la Justice n’a pas réagi dans l’immédiat aux propos de Kotarac. La question des moyens alloués à la justice et à la protection de l’enfance devrait rester au cœur des débats dans les semaines à venir, alors que l’affaire Lyhanna continue de susciter une vive émotion dans l’opinion publique.

Les investigations se poursuivent sous la direction du parquet de Lyon. Jérôme Barella a été placé en détention provisoire après son interpellation. Aucune date n’a encore été fixée pour son procès, qui dépendra des expertises en cours, notamment psychologiques et balistiques.

D’après les associations et plusieurs magistrats interrogés par Franceinfo, la circulaire n’a pas entraîné de changement significatif dans les pratiques judiciaires. Son application reste « très inégale » selon les tribunaux, avec des moyens humains et financiers jugés insuffisants pour un suivi efficace des criminels sexuels.