Les obsèques de Lyhanna, collégienne de 13 ans dont le corps a été retrouvé en janvier 2026 dans le Gers, ont donné lieu à une cérémonie recueillie à Fleurance, ce jeudi 12 juin. Autour de son cercueil, la famille, les élus locaux et des centaines de riverains ont rendu un dernier hommage à la jeune fille, dont le nom reste associé à une affaire de violences sexuelles et de meurtres. Frédéric Pommier, journaliste et victime présumée de pédocriminels dans cette affaire, a livré son témoignage à BFM - Faits Divers sur les difficultés rencontrées par les enfants pour se faire entendre.
Ce qu'il faut retenir
- Les obsèques de Lyhanna ont eu lieu à Fleurance (Gers) en présence de centaines de personnes.
- Frédéric Pommier, journaliste et victime présumée, évoque les obstacles rencontrés par les enfants pour dénoncer des violences.
- Plusieurs élus, dont le maire de Fleurance et un député du Gers, ont participé à la cérémonie.
- La maire de Montestruc-sur-Gers décrit un « village sous la sidération » après la mort de la collégienne.
- Des lâchers de ballons et des hommages écrits ont marqué la cérémonie.
Un hommage marqué par l’émotion et le recueillement
Le cortège funéraire de Lyhanna a traversé les rues de Fleurance sous les yeux de centaines de riverains, certains tenant des pancartes en son souvenir. La cérémonie, organisée en présence de la famille et des autorités locales, s’est déroulée dans une atmosphère recueillie, ponctuée de silences et de larmes. Le maire de Fleurance, Florent Gatherias, a souligné que ce moment devait permettre de « faire nation », tandis que celui de Lectoure a précisé : « Nous sommes dans le recueillement, la colère viendra ».
David Taupiac, député du Gers, était présent aux obsèques. Il a évoqué des funérailles « chargées d’émotion », selon ses propos rapportés par BFM - Faits Divers. De son côté, la maire de Montestruc-sur-Gers a confié que « le village est sous la sidération », illustrant l’impact de cette affaire sur la communauté locale.
Les difficultés des victimes à être entendues
Frédéric Pommier, journaliste et victime présumée de pédocriminels dans le cadre de cette affaire, a partagé son expérience avec BFM - Faits Divers. Il a expliqué : « C’est très difficile pour un enfant de parler, d’être écouté ». Son témoignage met en lumière les obstacles rencontrés par les mineurs pour dénoncer des violences sexuelles, souvent confrontés à l’incrédulité ou à l’indifférence.
Pommier a rappelé que les victimes, notamment les enfants, peinent à se faire entendre en raison de la peur, de la honte ou de la méfiance des adultes. « Un enfant doit souvent surmonter des barrières psychologiques immenses pour briser le silence », a-t-il indiqué. Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte où les signalements tardifs ou ignorés peuvent avoir des conséquences dramatiques.
Des hommages symboliques et des réactions locales
Plusieurs gestes symboliques ont marqué les obsèques de Lyhanna. Un lâcher de ballons a été organisé après la lecture d’un texte en son hommage, tandis que des habitants de Fleurance se sont rassemblés dans les rues pour soutenir la famille. Une présence massive qui témoigne de l’attachement de la communauté à cette jeune fille.
Le psychocriminologue Florent Gatherias, également présent, a insisté sur l’importance de ce moment pour « faire nation ». Il a ajouté que ces obsèques permettaient de « poser un acte collectif de reconnaissance et de soutien ». De son côté, le maire de Fleurance a rappelé que « nous ne sommes pas dans un combat, mais dans un deuil », soulignant la nécessité de respecter le chagrin des proches.
Un drame qui interroge les mécanismes de protection de l’enfance
L’affaire Lyhanna soulève des questions sur les failles du système de protection de l’enfance et la prise en charge des victimes. Les déclarations de Frédéric Pommier rappellent que les enfants victimes de violences sexuelles rencontrent souvent des difficultés à obtenir une écoute attentive de la part des adultes. Bref, cette affaire met en lumière les limites des dispositifs de signalement et d’accompagnement.
Les obsèques de la collégienne surviennent dans un contexte où plusieurs affaires similaires ont ému l’opinion publique ces dernières années. Les autorités locales, comme le maire de Lectoure, ont évoqué une « colère qui viendra », suggérant que les réponses judiciaires et sociales attendues pourraient donner lieu à des mobilisations futures.
Le procès des personnes mises en cause dans cette affaire pourrait se tenir d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve des résultats de l’enquête en cours. Les autorités locales appellent à la prudence et à la discrétion dans l’attente de ces échéances.
Selon les informations disponibles, l’enquête se poursuit et un procès pourrait être organisé d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve des résultats des investigations en cours.