Daniela Elstner, directrice d'Unifrance, a été entendue le lundi 4 mai 2026 par la police judiciaire de Paris dans le cadre de sa plainte pour agression sexuelle et tentative de viol contre Patrick Bruel. Cette audition s’inscrit dans une procédure judiciaire en cours, comme le rapporte BFM - Faits Divers.

Selon les informations obtenues par BFM - Faits Divers, Daniela Elstner a choisi de témoigner malgré la probable prescription des faits dénoncés, estimés à 1997. Elle affirme agir ainsi pour encourager d’autres victimes à briser le silence, une démarche qu’elle qualifie d’essentielle pour libérer la parole des femmes.

Ce qu'il faut retenir

  • La plainte déposée par Daniela Elstner concerne des faits datant de 1997, lors du Festival du film français à Acapulco, au Mexique.
  • Elle dénonce une agression sexuelle et une tentative de viol attribuées à Patrick Bruel sur un parking d’hôtel et dans un bungalow.
  • L’audition de Daniela Elstner par la police judiciaire de Paris a eu lieu le 4 mai 2026.
  • La plainte a été déposée le 12 mars 2026, et une enquête a été ouverte le 14 avril 2026.
  • Patrick Bruel conteste ces accusations, affirmant n’avoir jamais agressé qui que ce soit.
  • Cette plainte s’ajoute à d’autres signalements de violences sexuelles visant Patrick Bruel, révélés par Mediapart et Elle en mars et avril 2026.

Des faits remontant à près de trente ans

Les événements dénoncés par Daniela Elstner se seraient déroulés en 1997, alors qu’elle était âgée de 26 ans. Elle affirme avoir été agressée par Patrick Bruel sur un parking d’hôtel à Acapulco, lors du Festival du film français. Selon son récit, le chanteur l’aurait poussée dans sa voiture, conduite par un chauffeur, où il l’aurait embrassée de force avant de la déshabiller et de la toucher contre son gré. Elle décrit ensuite une tentative de viol dans un bungalow, d’où elle serait parvenue à s’échapper en criant.

Dans un entretien avec Mediapart, l’avocate de Daniela Elstner, Me Jade Dousselin, avait expliqué que la démarche de sa cliente visait davantage une libération personnelle qu’une condamnation judiciaire. « Sa démarche est aujourd’hui moins une volonté de condamnation judiciaire qu’un besoin de libération, pour elle, et pour toutes les autres », avait-elle déclaré.

Une procédure judiciaire en marche

La plainte déposée par Daniela Elstner a été révélée par Mediapart en mars 2026, en même temps que celle d’une autre femme pour viol, ainsi que les témoignages de six autres personnes pour violences sexuelles. Ces nouvelles ont contribué à alimenter le débat public autour de Patrick Bruel, dont la tournée était déjà contestée par plusieurs personnalités du monde culturel.

Quelques jours après le dépôt de plainte, Elle publiait en avril 2026 les témoignages de quatre autres femmes, dont deux avaient porté plainte. Ces révélations surviennent alors que Patrick Bruel, interrogé par Mediapart, maintenait sa position : « Sur ces faits datant d’il y a près de 30 ans, Patrick Bruel est clair : s’il a pu chercher à séduire, proposer de manière indirecte une relation intime, il ne s’est jamais jeté sur qui que ce soit, ni dans une voiture, ni sur un parking, ni ailleurs », avait déclaré son avocat, Me Christophe Ingrain.

Un contexte de libération de la parole

L’affaire s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole des victimes de violences sexuelles, encouragé par des mouvements sociaux et médiatiques récents. Daniela Elstner, en témoignant malgré la probable prescription des faits, incarne cette volonté de briser les tabous, même si la justice ne pourra probablement pas sanctionner Patrick Bruel pour ces actes.

Cette plainte rejoint d’autres signalements visant Patrick Bruel, dont la carrière et l’image publique sont désormais mises en question. Plusieurs pétitions, signées par des personnalités comme Anna Mouglalis ou Corinne Masiero, ont demandé l’annulation de sa tournée, jugeant impossible une représentation sereine dans ce contexte.

Et maintenant ?

L’enquête ouverte le 14 avril 2026 devrait se poursuivre dans les prochains mois, bien que la prescription probable des faits limitera les suites judiciaires. Les prochaines étapes pourraient inclure des auditions complémentaires, notamment celles des témoins cités par Daniela Elstner. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la prescription des crimes sexuels en France, un sujet déjà au cœur de plusieurs réformes récentes.

Quant à Patrick Bruel, il devra probablement faire face à d’autres répercussions médiatiques et professionnelles dans les semaines à venir, alors que des voix s’élèvent pour remettre en cause sa présence sur scène.

Selon son avocate, Me Jade Dousselin, Daniela Elstner a agi avant tout pour libérer sa parole et celle d’autres femmes. Dans un entretien avec Mediapart, elle avait expliqué que la démarche de sa cliente était « moins une volonté de condamnation judiciaire qu’un besoin de libération, pour elle, et pour toutes les autres ».