Le gouvernement singapourien a annoncé, mardi 5 mai 2026, une mesure controversée visant à réintroduire les châtiments corporels dans les établissements scolaires pour les élèves reconnus coupables de harcèlement ou de cyberharcèlement. Cette décision, applicable uniquement aux élèves masculins âgés d’au moins 9 ans, prévoit l’administration de trois coups de canne maximum lorsque toutes les autres sanctions se seront révélées inefficaces. Selon Ouest France, cette mesure s’inscrit dans un cadre strict, où l’usage de la force physique ne pourra intervenir qu’en dernier recours.

Ce qu'il faut retenir

  • Réintroduction des châtiments corporels pour les élèves masculins de 9 ans et plus à Singapour
  • Sanction limitée à trois coups de canne maximum en cas de harcèlement ou cyberharcèlement
  • Mesure appliquée uniquement après échec de toutes les autres punitions
  • Décision annoncée le 5 mai 2026 par le gouvernement singapourien

Cette annonce intervient dans un contexte où les autorités singapouriennes cherchent à endiguer un phénomène de harcèlement scolaire en augmentation ces dernières années. D’après les chiffres officiels cités par Ouest France, près de 15 % des élèves du pays auraient été victimes de violences verbales ou physiques en 2025, un taux jugé inacceptable par le ministère de l’Éducation. Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité d’instaurer une dissuasion forte, alors que les méthodes traditionnelles de médiation et de sanctions éducatives peinent à produire des résultats tangibles.

Le ministère de l’Éducation de Singapour a précisé dans un communiqué que l’usage de la canne, traditionnellement réservée aux infractions graves, serait encadré par des procédures strictes. « Les coups de canne ne seront administrés qu’en dernier recours, après une évaluation individuelle de chaque cas », a déclaré un porte-parole du ministère. Les établissements scolaires devront également documenter chaque sanction imposée, en détaillant les motifs et les mesures alternatives tentées en amont. Cette transparence vise à éviter les abus, alors que la société singapourienne reste divisée sur la question des châtiments corporels dans l’éducation.

Les associations de défense des droits de l’enfant ont réagi avec scepticisme à cette annonce. « Cette mesure risque d’aggraver la violence plutôt que de la prévenir », a critiqué un représentant de l’ONG *Save the Children Singapore*. De son côté, le gouvernement a souligné que Singapour n’est pas le premier pays à recourir à des châtiments corporels dans les écoles, rappelant que des pays comme la Malaisie ou le Royaume-Uni autorisent encore cette pratique dans certains cas. Pour autant, la décision singapourienne suscite des interrogations sur son efficacité réelle à long terme.

Et maintenant ?

Le gouvernement singapourien a indiqué que cette mesure serait évaluée après une période probatoire de six mois, avec un bilan prévu en novembre 2026. Si les résultats s’avèrent positifs, d’autres formes de sanctions physiques pourraient être envisagées pour d’autres types d’infractions scolaires. Dans le même temps, les autorités promettent un renforcement des programmes de prévention et de sensibilisation au harcèlement, en collaboration avec les familles et les associations locales.

Cette initiative soulève également des questions sur l’image de Singapour à l’international, où la sévérité des méthodes éducatives est parfois pointée du doigt. Les experts en éducation interrogés par Ouest France estiment que la clé réside dans un équilibre entre fermeté et pédagogie, sans quoi le risque de banalisation de la violence persisterait. Une chose est sûre : le débat sur la discipline scolaire à Singapour est loin d’être clos.

Selon le ministère de l’Éducation de Singapour, cette mesure vise à endiguer l’augmentation des cas de harcèlement scolaire, avec un taux de 15 % d’élèves victimes en 2025. Les autorités estiment que les sanctions traditionnelles n’ont pas suffi à dissuader les comportements violents, d’où le recours à une dissuasion plus radicale.