Quatre jeunes designers africains ont été récompensés lors du défilé Africa Fashion Up, organisé le 26 juin 2026 au musée du Quai Branly-Jacques Chirac à Paris. Cet événement, qui s’inscrit en marge de la Paris Fashion Week printemps-été 2027, met en lumière l’audace créative et la diversité de la mode africaine contemporaine, selon Franceinfo - Culture.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre lauréats ont été désignés par un jury international parmi plus de 700 candidatures venues de 49 pays.
  • Les marques récompensées représentent la Côte d’Ivoire, le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Afrique du Sud, illustrant la pluralité des univers créatifs africains.
  • L’événement s’inscrit dans le cadre de l’exposition Africa Fashion, conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres, au musée du Quai Branly.
  • Un pop-up store aux Galeries Lafayette Haussmann prolongera la manifestation jusqu’au 8 juillet 2026.
  • L’initiative vise à promouvoir une industrie de la mode plus inclusive et représentative des savoir-faire locaux.

Un défilé pour réaffirmer la diversité de la mode africaine

Alors que le musée du Quai Branly-Jacques Chirac accueille l’exposition Africa Fashion – un dialogue entre la mode contemporaine et les collections historiques du Victoria and Albert Museum –, le défilé Africa Fashion Up a offert une vitrine à cinq créateurs sélectionnés pour leur originalité. Ce show, organisé le 26 juin sous une chaleur caniculaire, a mis en avant des univers variés, loin de tout stéréotype, en présence d’un public international.

Le jury, réuni dès avril 2026, avait retenu quatre lauréats sur 700 candidatures issues de 49 pays. La sélection reflète la vitalité d’une scène émergente, où tradition et innovation se mêlent. Les cinq créateurs invités sur le podium – Esther Okonta, Kouakou William Mackenzie & Bohui Aguy Thierry, Mpumelelo Dhlamini, Mzukisi Mbane et Eric Raisina – ont chacun apporté une signature unique, comme en témoignent les tenues exposées.

Cinq visions créatives, autant d’histoires à raconter

La soirée a débuté par une performance du danseur hip-hop Yann Antonio, suivie d’un concert du rappeur nigérian Emeka the Stallion. Puis sont montés sur le podium les créateurs, dont la maison ivoirienne Maison Kanty’s, fondée en 2019 par Kouakou William Mackenzie et Bohui Aguy Thierry. Leur approche, centrée sur le travail des matières et le détail, s’est illustrée par une robe blanche associée à des bottes recouvertes de fils et un chapeau galette en paille, ainsi qu’une veste bleue structurée et une jupe volantée.

Esther Okonta, fondatrice de la marque Estaz, a présenté des pièces en raphia et jute recyclés, dans une démarche de luxe responsable. Formée en ingénierie pétrolière, elle a pivoté vers la mode par passion pour la couture, remportant notamment le concours Style Magnate. Ses créations, à la fois esthétiques et engagées, mêlent héritage culturel et durabilité.

Côté Afrique du Sud, Mpumelelo Dhlamini a dévoilé sa marque Ezokhetho, dont le nom en isiZulu évoque le choix et la liberté. Diplômé du Villioti Fashion Institute, il a présenté des modèles ultra-colorés, comme un pantalon rayé noir et rouge associé à un haut graphique bleu ciel et rouge. Son vestiaire, moderne et structuré, incarne une esthétique à la fois audacieuse et raffinée.

Mzukisi Mbane, à travers sa marque Imprint South Africa, a proposé une esthétique afro-futuriste, où imprimés et volumes dialoguent avec l’identité africaine contemporaine. Ses robes aux motifs rouges et noirs ou en bleus profonds ont marqué les esprits par leur force graphique. Enfin, Eric Raisina, installé à Madagascar, a conclu le défilé avec des pièces plus sobres, déclinées en jaune, vert ou bleu, jouant sur la fluidité des tissus et le savoir-faire de la soie.

Quatre lauréats récompensés pour leur engagement créatif

À l’issue du défilé, le jury a décerné quatre prix. Maison Kanty’s a reçu le prix Designer éco-responsable, saluant son approche durable. Imprint South Africa a été récompensé comme Best designer, tandis qu’Estaz a obtenu le prix Jeune création. Ezokhetho a été primé par le jury pour l’ensemble de sa démarche. Ces distinctions s’accompagnent d’opportunités de mentorat et de formation, notamment avec Balenciaga et les Galeries Lafayette.

La soirée s’est poursuivie avec les performances de la rappeuse franco-congolaise Davinhor et du groupe Diamond Gospel, offrant un final énergique et festif. Un interlude musical qui a souligné l’importance de la musique dans la culture africaine, souvent indissociable de la mode.

Un écosystème en mouvement : pop-up et initiatives

L’événement ne s’est pas limité au défilé. Un pop-up store aux Galeries Lafayette Haussmann prolongera la manifestation jusqu’au 8 juillet 2026. Intitulé Africa Now, cet espace met en lumière la richesse créative et culturelle du continent, avec des créateurs comme Kwiyiah Style (Côte d’Ivoire) ou Talue (maroquinerie et prêt-à-porter). Ces marques bénéficient aussi du soutien du Creative Africa Nexus Programme (Canex), qui leur permet d’accéder à des plateformes internationales comme le salon Tranoï pendant la Paris Fashion Week.

Parmi les autres talents présentés figurent Late for Work (Maroc), lauréate du Grand Prix Fashion Trust Arabia 2025, la marque kényane Judy Sabderson, mêlant influences africaines, européennes et asiatiques, ou encore les bijoux We are NBO (Kenya) et la maroquinerie éthique Vanhu Vamwe (Zimbabwe), engagée en faveur de l’émancipation des femmes.

Et maintenant ?

Le succès d’Africa Fashion Up pourrait encourager une plus grande intégration des créateurs africains dans les circuits internationaux, notamment lors des prochaines éditions de la Paris Fashion Week. Les collaborations annoncées avec Balenciaga et les Galeries Lafayette devraient permettre à ces marques de gagner en visibilité, tandis que les programmes de mentorat, comme celui proposé par HEC Paris, pourraient structurer davantage l’écosystème local. Reste à voir si ces initiatives se traduiront par une reconnaissance durable dans une industrie encore marquée par des disparités.

En attendant, le pop-up Africa Now aux Galeries Lafayette Haussmann offre jusqu’au 8 juillet une occasion unique de découvrir ces talents, avant que la scène mode africaine ne soit à nouveau sous les projecteurs lors des prochains rendez-vous internationaux.

Les candidats sont évalués sur leur créativité, leur engagement éco-responsable, leur ancrage culturel et leur potentiel à s’inscrire dans une dynamique internationale. Le jury international prend en compte la qualité des matières utilisées, l’innovation technique et la cohérence de la vision artistique, selon Franceinfo - Culture.

Les candidatures se font généralement via des plateformes dédiées, comme le site d’Africa Fashion Up ou les appels à projets lancés par les organisateurs. Les critères varient selon les programmes, mais privilégient souvent les créateurs émergents avec un projet abouti et une démarche engagée. Il est conseillé de consulter les sites officiels des initiatives pour connaître les prochaines dates d’ouverture.