Alors que les géants américains comme Microsoft ou Amazon explorent des solutions spatiales pour leurs infrastructures numériques, la France s’invite dans la course. Selon Journal du Geek, la start-up parisienne Alatyr développe un projet audacieux : des data centers en orbite terrestre, conçus pour répondre aux besoins croissants en puissance de calcul de l’intelligence artificielle. Une approche qui pourrait bien redéfinir les règles du secteur.

Ce qu'il faut retenir

  • Alatyr, une start-up française, ambitionne de déployer des data centers spatiaux pour alimenter les besoins en calcul de l’IA.
  • Contrairement aux projets américains, la solution d’Alatyr mise sur une architecture modulaire et réparable directement en orbite.
  • L’objectif est de réduire la consommation énergétique et les coûts liés aux infrastructures terrestres traditionnelles.
  • Un premier prototype pourrait être testé d’ici 2028, selon les annonces d’Alatyr.

Des data centers dans l’espace : une solution aux limites des infrastructures terrestres ?

Depuis plusieurs années, les data centers terrestres font face à deux défis majeurs : leur consommation énergétique colossale – estimée à près de 1 % de la production mondiale d’électricité – et leur empreinte carbone, en hausse avec l’essor de l’IA. Face à ces enjeux, des acteurs comme Microsoft ou SpaceX explorent des alternatives spatiales, mais avec des modèles souvent complexes et coûteux. D’après Journal du Geek, Alatyr se distingue en proposant une solution « modulaire, réparable et scalable », comme l’explique Thomas Leroy, cofondateur et PDG de l’entreprise. « Notre approche repose sur des satellites dédiés, conçus pour être maintenus et mis à niveau en orbite, sans nécessiter de retour sur Terre », précise-t-il.

Une technologie française pour une autonomie stratégique dans le numérique

Alors que l’Europe cherche à réduire sa dépendance aux infrastructures américaines et asiatiques, le projet d’Alatyr pourrait s’inscrire dans une logique d’autonomie numérique. La start-up, fondée en 2023, a déjà levé 12 millions d’euros auprès d’investisseurs français et européens, dont Bpifrance et 360 Capital. « L’espace offre une opportunité unique pour déployer une infrastructure décarbonée et résiliente, surtout pour les applications critiques comme l’IA », souligne Leroy. Contrairement aux projets américains, qui misent sur des mégastructures fixes, Alatyr mise sur un réseau de petits satellites interconnectés, capables de s’adapter aux besoins évolutifs des clients.

Un premier test en orbite prévu d’ici 2028

Pour concrétiser son ambition, Alatyr prévoit un premier déploiement expérimental d’ici 2028. Ce test, baptisé « Alpha Orbit », consistera à envoyer un satellite prototype équipé de serveurs en orbite basse. L’objectif ? Valider la fiabilité des équipements dans des conditions extrêmes, notamment en termes de radiations et de variations thermiques. « Nous travaillons avec le CNES et des partenaires industriels pour garantir la durabilité de nos systèmes », indique le PDG. Si les résultats sont concluants, Alatyr envisage une commercialisation à grande échelle dès 2030, avec des coûts annoncés 30 % inférieurs à ceux des data centers terrestres équivalents.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Alatyr sera de finaliser le développement de son satellite prototype et de sécuriser les partenariats nécessaires pour son lancement. Si les tests en orbite sont concluants, la start-up pourrait devenir un acteur clé du paysage numérique européen. Reste à voir si les régulateurs spatiaux et les clients industriels suivront le mouvement. Une chose est sûre : la course aux data centers spatiaux ne fait que commencer.

Quant aux géants américains, ils suivront probablement de près les avancées d’Alatyr. La France et l’Europe pourraient ainsi marquer un point dans cette compétition technologique, où l’innovation se mesure autant en watts qu’en gigaoctets.