La déception est à son comble parmi les supporters algériens après l’élimination sans saveur de leur équipe face à la Suisse (2-0) en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, jeudi 3 juillet. Selon RMC Sport, la prestation des Fennecs, marquée par une absence totale de réaction après les buts adverses et une instabilité tactique chronique, a ravivé la colère contre le sélectionneur Vladimir Petkovic, dont le départ est désormais exigé par une partie des fans et de la presse.
Ce qu'il faut retenir
- L’Algérie s’incline 2-0 face à la Suisse en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, jeudi 3 juillet, dans un match programmé à 5h du matin en France.
- 150 supporters algériens se sont réunis dans un restaurant du XVIIIe arrondissement de Paris pour suivre la rencontre, malgré l’heure matinale.
- Vladimir Petkovic, nommé en février 2024, est pointé du doigt pour ses choix tactiques changeants et son incapacité à construire une équipe stable et cohérente.
- Les supporters dénoncent une « absence de travail » et des « erreurs de sélection », réclamant le départ du technicien suisse-bosniaque et le retour d’un entraîneur algérien.
- La presse algérienne critique sévèrement la prestation des Fennecs, jugée « sans âme » et « sans réaction », après une qualification laborieuse en phase de groupes.
Le match, diffusé en pleine nuit en France, n’a pas empêché près d’une centaine de supporters de se rassembler dans un établissement du XVIIIe arrondissement de Paris. Malgré l’heure matinale, l’ambiance était tendue dès le coup d’envoi, la défaite face à la Suisse scellant l’élimination des Fennecs sans qu’ils n’aient vraiment existé sur le terrain. « Je suis très en colère contre le coach et ses choix », a réagi Adel, présent parmi les supporters. « Bentaleb et Mandi ne devraient plus jouer en équipe nationale. Petkovic est en grande partie responsable. À chaque match, il change de composition, il n’a jamais su trouver l’équilibre. Ça fait deux ans qu’il est là, et selon moi, il n’y a eu aucun travail. Des mauvais joueurs sont remis encore et encore ».
Les critiques visent également la gestion des effectifs, avec des joueurs comme Kebbal, talentueux mais régulièrement écartés, qui cristallisent les frustrations. « On a de bons joueurs qu’il ne prend pas ou qu’il met sur le banc », a souligné Adel. « Je ne comprends pas. Il y a des absents qui auraient pu nous faire gagner. On joue sans attaquant. Comment on peut marquer ? »
Vladimir Petkovic, arrivé en février 2024 pour remplacer Djamel Belmadi après l’élimination prématurée de l’Algérie en phase de groupes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), avait pourtant réussi à qualifier les Fennecs pour le Mondial. Mais son bilan est désormais entaché par une série de performances décevantes, notamment une élimination en quarts de finale de la CAN 2025 face au Nigeria (2-0), des tâtonnements tactiques répétés et un parcours chaotique en phase de groupes du Mondial, où l’Algérie s’était imposée in extremis face à l’Autriche (3-3) après avoir été menée 3-0.
« On attendait de la continuité, on a eu droit à des nouveautés », a pointé du doigt la Gazette du Fennec, selon RMC Sport. « Fidèle à ses habitudes, Vladimir Petkovic a encore surpris en modifiant à la fois son dispositif et son onze de départ, alors que la prestation face à l’Autriche, notamment dans le contenu, semblait avoir offert quelques certitudes sur lesquelles s’appuyer. Le premier changement notable concernait le système de jeu. (...) À l’arrivée, l’Algérie quitte le Mondial 2026 sans avoir véritablement tenté grand-chose. Plus inquiétant encore, elle a semblé tout faire de travers, comme si la qualification arrachée aux forceps face à l’Autriche (3-3) constituait déjà une fin en soi. »
« Quelle surprise ! », a clamé DZ Foot en découvrant la nouvelle composition d’équipe, jugée « bouleversée » et « sans numéro 9 de métier ». Le média a observé « aucune réaction d’orgueil » et « forcément, la question de l’avenir de Vladimir Petković doit se poser ».
La presse algérienne ne mâche pas ses mots. Pour DZ Foot, « aucune réaction d’orgueil » n’a été observée, tandis que la Gazette du Fennec souligne l’absence de cohérence dans le jeu proposé par les Fennecs. Les supporters, eux, réclament un changement radical, tant au niveau des joueurs que du sélectionneur. « Il nous faut un entraîneur algérien », a lancé Riane, présent dans le restaurant parisien. « Je suis très déçu de cette élimination. On n’a pas retrouvé l’âme de l’équipe nationale. Il faut que l’équipe change, il y a trop de joueurs âgés. Ils ont fait de bonnes choses, mais il faut changer. L’entraîneur aussi doit partir. Je n’ai pas dormi de la nuit, donc je suis déçu, mais vive l’Algérie. On espère du mieux pour la prochaine Coupe du monde. »
Abdelkader, un autre supporter, a résumé le sentiment général : « Je ne suis pas vraiment déçu dans le sens où on n’a rien proposé. On n’a pas été bons, la Suisse a été meilleure et mérite sa victoire. Par contre, il y a de la déception : je ne comprends rien à l’équipe. On aurait dû garder l’équipe de la 2e mi-temps contre l’Autriche. On a de bons joueurs, de bons jeunes, mais on ne les fait pas jouer. Je ne comprends pas le sélectionneur. Et il y a des absents qui auraient pu nous faire gagner. On joue sans attaquant. Comment peut-on marquer ? »
Pour l’Algérie, cette élimination marque la fin d’un cycle et pose la question de la reconstruction. Les supporters, eux, restent lucides : « On espère du mieux pour la prochaine Coupe du monde », a conclu Riane. La défaite face à la Suisse, aussi précoce soit-elle, pourrait bien être le point de départ d’une refonte profonde de la sélection nationale.