Depuis quelques années, le réseau scolaire américain Alpha School a fait parler de lui en promettant une éducation révolutionnée par l'intelligence artificielle. Cependant, derrière cette promesse, se cache une réalité brutale : celle de cours incohérents, d'un plagiat industriel et d'une surveillance constante des élèves. Selon des témoignages d'anciens employés et des documents internes, l'outil d'IA d'Alpha School, AlphaRead, génère des plans de cours bancals et des QCM superficiels sujets à des « hallucinations » qui valident parfois des réponses factuellement incorrectes.
Un modèle d'IA peu fiable
AlphaRead génère des articles personnalisés grâce à des modèles de langage de sociétés comme OpenAI, Google et Anthropic. L'application évalue ensuite la compréhension avec des QCM. Cependant, ces questionnaires ne permettraient pas de consolider les compétences attendues, surtout au niveau lycée. En cause, l'IA d'AlphaRead souffrirait d'« hallucinations », soit du contenu incorrect voire fictif généré par le logiciel. Par ailleurs, les questions seraient trop simples, rendant la lecture du texte inutile pour y répondre, et les choix proposés pour y répondre seraient incohérents.
Un employé d'Alpha School a déclaré dans des documents internes que « la fiabilité du contenu fourni par l'IA est préoccupante. Il arrive qu'elle fournisse non seulement des réponses incorrectes, mais aussi des justifications convaincantes, bien qu'erronées. Malgré plusieurs questions posées sur une réponse particulière, le chatbot a confirmé par erreur une option incorrecte comme étant correcte ».
Un plagiat industriel
Alpha School exploiterait les ressources scolaires d'autres plateformes sans leur autorisation, copiant même l'interface d'une plateforme de cours gratuite en remplaçant le nom de la plateforme, Khan Academy par Nice Academy. Autre stratégie de vol de données peu éthique, le groupe demanderait à ses employés de se créer un compte payant sur les sites concurrents avec leur adresse mail personnelle pour copier les cours en toute discrétion. Ils se feraient par la suite rembourser en notes de frais.
Ce plagiat industriel soulève des questions sur la légitimité de l'approche pédagogique d'Alpha School et sur la valeur des connaissances transmises aux élèves. En effet, si les ressources utilisées sont issues d'un plagiat, cela remet en cause la qualité de l'éducation dispensée.
Une surveillance constante
Les élèves sont soumis à une surveillance constante via l'application StudyReel, qui analyse leur écran, leur caméra et leur microphone pour s'assurer qu'ils ne sont pas déconcentrés et pour les inciter à retourner suivre leur programme. Les données issues de cette surveillance sont stockées sur un dossier Google Drive accessible à toute personne détenant le lien, ce qui soulève des inquiétudes sur la protection de la vie privée des élèves.
Un élève a déclaré dans un formulaire de l'entreprise que « nous ne sommes ni des ordinateurs ni des algorithmes. Nous sommes simplement des personnes qui avons besoin de pauses. Nous sommes des personnes qui n'aimons pas être surveillées à travers leurs ordinateurs ».
La surveillance constante des élèves pose des questions sur les limites de l'utilisation de la technologie dans l'éducation et sur la nécessité de trouver un équilibre entre la sécurité et la liberté des élèves.
Conclusion
L'affaire Alpha School soulève des questions plus larges sur l'utilisation de l'intelligence artificielle dans l'éducation et sur les limites de la surveillance des élèves. Il est essentiel de trouver un équilibre entre la sécurité et la liberté des élèves, ainsi que de garantir la qualité et la légitimité de l'éducation dispensée. Les enjeux sont importants, car l'éducation est un droit fondamental qui doit être protégé et respecté.
Les risques incluent la possibilité de réponses incorrectes, la perte de la pensée critique et la surveillance constante des élèves.
Il est essentiel de mettre en place des mesures de protection de la vie privée, telles que des politiques de confidentialité claires et des mécanismes de contrôle de l'accès aux données.
