Selon BFM Business, le groupe Aluminium Dunkerque, plus grand site de production d’aluminium en Europe, change de mains. Le bahreïni Aluminium Bahrain (Alba) a finalisé le rachat du site français pour un montant estimé à 1,9 milliard d’euros (soit environ 2,2 milliards de dollars). Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un accord signé lundi 2 juin 2026, à l’occasion du sommet Choose France, et marque un tournant stratégique pour cette usine historique du nord de la France.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe Aluminium Bahrain (Alba) devient le nouveau propriétaire d’Aluminium Dunkerque pour 1,9 milliard d’euros.
- L’État français, via Bpifrance, conservera une participation minoritaire de 6 % dans la holding du groupe.
- Le site emploie 750 salariés et produit 300 000 tonnes d’aluminium par an, principalement pour les secteurs de la défense et de l’aéronautique.
- Le chiffre d’affaires 2024 s’élève à 800 millions d’euros, avec un bénéfice net de 185,6 millions d’euros.
- Alba garantit la pérennité des emplois et promet une stratégie industrielle de long terme.
L’acquisition d’Aluminium Dunkerque par Alba survient après plusieurs mois de spéculations. Plusieurs repreneurs s’étaient manifestés, dont le géant Rio Tinto, le suisse Glencore, le grec Metlen Energy & Metals ou encore Emirates Global Aluminium. Le fonds américain American Industrial Partners (AIP), actuel propriétaire, a finalement cédé le site après son rachat en 2021 à Sanjeev Gupta, lequel n’avait pas honoré ses engagements financiers.
Parmi les candidats pressentis, certains inquiétaient les syndicats. « Avec tout ce qu’on dit sur la souveraineté économique et les matières premières, on est contents qu’il y ait un regard de l’État français au conseil d’administration », a déclaré Johan Vlietinck, délégué CGT d’Aluminium Dunkerque. La présence de Bpifrance au capital, à hauteur de 6 %, est perçue comme un gage de stabilité pour les salariés.
Un fleuron industriel français aux mains d’un géant du Golfe
Fondé en 1971, le groupe Aluminium Bahrain (Alba) est l’un des plus importants producteurs d’aluminium au monde, avec une production annuelle de 1,6 million de tonnes. Son rachat d’Aluminium Dunkerque s’inscrit dans une logique d’expansion internationale, alors que les tensions sur les approvisionnements en métaux stratégiques s’intensifient en Europe.
Le site de Loon-Plage, dans le département du Nord, est un acteur clé de l’industrie française. Il fournit notamment des alliages d’aluminium pour les secteurs de la défense et de l’aéronautique, deux industries sensibles où la souveraineté industrielle est un enjeu majeur. « Aluminium Dunkerque va très bien », a confirmé Guillaume de Goÿs, son président, lors d’une déclaration rapportée par BFM Business. Le groupe affiche en effet des résultats en forte progression : 800 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, contre un bénéfice net de 185,6 millions d’euros, soit une nette amélioration par rapport à 2021, année marquée par des difficultés financières sous la direction précédente.
La transaction, officiellement finalisée le 2 juin 2026, intervient après des mois de négociations. Bpifrance, en prenant une participation minoritaire et un siège au conseil d’administration, renforce son rôle dans le capitalisme industriel français. Cette présence est perçue comme un signal positif par les observateurs, alors que l’État cherche à sécuriser des filières stratégiques face à la concurrence internationale.
Un engagement clair sur l’emploi et la production
Dans un communiqué, Alba a tenu à rassurer sur l’avenir du site. « Le rachat n’aura aucun impact sur l’emploi », a assuré le groupe, qui s’engage à déployer « une stratégie industrielle de long terme » pour Aluminium Dunkerque. Cette promesse répond aux inquiétudes des syndicats, qui avaient exprimé des craintes face à d’éventuelles restructurations sous un nouveau propriétaire étranger.
Le site emploie actuellement 750 salariés et produit 300 000 tonnes d’aluminium par an. Ses principaux clients évoluent dans des secteurs exigeants, comme l’aéronautique ou la défense, où la qualité des alliages est cruciale. « On fournit des alliages haut de gamme, essentiels pour des applications critiques », explique un responsable du site, cité par BFM Business. La stabilité de la production est donc un enjeu majeur pour l’économie française.
Alba, dont le siège est basé à Bahreïn, dispose d’une expertise reconnue dans la métallurgie. Son entrée au capital d’Aluminium Dunkerque pourrait, selon certains analystes, faciliter l’accès à de nouveaux marchés pour le groupe français, notamment en Asie et au Moyen-Orient. « Cette opération ouvre des perspectives de développement à l’export », estime un expert du secteur métallurgique.
Cette opération s’ajoute à une série de rachats d’entreprises françaises par des acteurs étrangers, dans des secteurs stratégiques. Elle illustre les défis auxquels sont confrontés les pouvoirs publics pour concilier attractivité économique et souveraineté industrielle. Reste à savoir si cette alliance entre un géant du Golfe et un fleuron français parviendra à garantir la pérennité du site sur le long terme.
Les observateurs soulignent que cette transaction pourrait servir de modèle pour d’autres dossiers similaires. La présence de Bpifrance dans le capital d’Aluminium Dunkerque pourrait en effet inspirer d’autres partenariats public-privé, notamment dans des filières clés comme la métallurgie ou l’énergie.
Selon BFM Business, Bpifrance détient 6 % du capital d’Aluminium Dunkerque pour garantir un ancrage français dans la gouvernance du groupe, tout en laissant Alba en être l’actionnaire majoritaire. Cette participation lui permet d’occuper un siège au conseil d’administration et d’influencer les orientations stratégiques, notamment sur les questions d’emploi et de souveraineté industrielle.
Le site de Loon-Plage fournit principalement des alliages d’aluminium aux industries aéronautique et de la défense, selon les informations rapportées par BFM Business. Ces secteurs, exigeants en termes de qualité et de traçabilité, représentent une part significative du chiffre d’affaires du groupe.