À Monterrey, au nord-est du Mexique, les discussions commencent souvent par une même phrase : « Ah, vous êtes français ? J’adore Gignac. » Selon RMC Sport, l’attaquant français est devenu une figure incontournable dans la deuxième ville du pays, où il évolue sous les couleurs des Tigres UANL depuis son arrivée en 2015. À 40 ans, en fin de contrat cette semaine, André-Pierre Gignac quitte un club qu’il a marqué de son empreinte, autant par ses performances que par son intégration dans la culture locale.

Ce qu'il faut retenir

  • 222 buts inscrits avec les Tigres UANL, un record absolu dans l’histoire du club, devant toutes les légendes locales.
  • Une popularité telle qu’il est comparé à des icônes comme Lionel Messi pour les Argentins ou Cristiano Ronaldo pour les Portugais.
  • Considéré comme un symbole de Monterrey, au même titre que le Cerro de la Silla, la montagne emblématique de la ville.
  • Respecté jusqu’au sein des clubs rivaux, comme le CF Monterrey, où il est le meilleur buteur de l’histoire du derby.
  • Une fin de contrat officielle cette semaine, après 11 saisons passées au Mexique.
  • Une présence médiatique et commerciale importante, avec des entreprises locales (restaurants, pizzerias) portant son nom.

Une légende locale, bien au-delà des terrains

Dans la ville de Monterrey, le nom d’André-Pierre Gignac résonne comme celui d’un demi-dieu du ballon rond. Selon RMC Sport, les habitants ne tarissent pas d’éloges à son égard, bien au-delà de ses exploits sportifs. « Gignac c’est le dieu du football ici », résume Manuel, gérant d’un restaurant dédié aux Tigres UANL. L’attaquant français y est omniprésent : son visage apparaît sur un écran géant à l’entrée de l’établissement, où une vidéo préenregistrée le voit souhaiter une « super journée » en espagnol aux clients. Les murs sont tapissés de jaune et bleu, couleurs du club, et son maillot floqué du numéro 10 trône fièrement dans le couloir, encadré comme une relique.

Même ses crampons, portés en 2015, sont exposés avec fierté. « On a même ses crampons portés et signés », précise Manuel, soulignant que près de 100 % des clients viennent pour Gignac, « pour prendre des photos avec notre collection ». L’ambiance monte d’un cran dès que des chansons à sa gloire sont diffusées. « Il représente encore plus que le Cerro de la Silla », ajoute Rafael, un supporter local, comparant l’impact du Français à celui de la montagne emblématique de la ville.

Un Mexicain de cœur, au-delà des origines françaises

André-Pierre Gignac n’est pas seulement un joueur étranger ayant marqué l’histoire des Tigres : il est devenu un symbole de Monterrey. « Il a su comprendre la région, le club et notre mentalité », explique Juan, grand supporter des Auriazules (le surnom des Tigres). « C’est un Mexicain de plus, il se trouve juste qu’il est né en France. » Cette intégration est saluée par tous, y compris ses adversaires. Tato Noriega, ancien directeur sportif du CF Monterrey (rival historique des Tigres) de 2022 à 2026, reconnaît : « Il y a eu quelques joueurs français qui sont passés par le foot mexicain, mais aucun comme Gignac. Il a écrit une histoire extraordinaire. »

Selon Noriega, Gignac a même « généré le fait que d’autres Français ou Européens viennent ici ». Il cite l’exemple d’Anthony Martial, qui a rejoint le CF Monterrey en sachant pertinemment que Gignac avait évolué dans la même ville. « Quand on imagine une table où s’assoient les meilleurs joueurs étrangers de l’histoire du foot mexicain, Gignac y est assis sans le moindre doute possible », affirme-t-il.

Une popularité qui dépasse les clivages footballistiques

À Monterrey, la rivalité entre les supporters des Tigres et ceux du CF Monterrey est féroce. Pourtant, André-Pierre Gignac est respecté des deux côtés. À Guadalajara, à près de 10 heures de route de Monterrey, des fans de clubs rivaux, comme Ricardo (supporter de l’Atlas FC), n’hésitent pas à le qualifier d’« un des étrangers les plus connus au Mexique ». « C’est un crack ! Il y a peu de joueurs comme lui. Quelle émotion de l’avoir vu jouer ici au stade Jalisco, un délice », confie-t-il à RMC Sport.

Gignac est également reconnu pour son engagement en dehors des terrains. Un chauffeur de taxi interrogé par le média français vante par exemple la pizzeria ouverte par l’attaquant, soulignant sa proximité avec les habitants. Un autre évoque sa maison « installée près d’une rivière », dans une ville voisine. « On peut dire que c’est un peu le propriétaire de la moitié de la ville », ironise Juan, un supporter des Tigres.

Un héritage qui va bien au-delà du football

Si André-Pierre Gignac reste avant tout un joueur de football, son influence s’étend à la culture locale. Sarahi, employée chez Territorio Tigres, résume ainsi son parcours : « Ce dont les gens vont se souvenir, c’est que malgré le fait qu’il vienne d’un autre pays, il est arrivé ici et a gagné le cœur du peuple. Il aime Monterrey autant que Monterrey l’aime. » Une phrase qui résume l’essentiel : Gignac n’est pas un simple footballeur étranger, mais une figure intégrée à l’identité de la ville.

Les témoignages recueillis par RMC Sport confirment cette dimension. Pour les habitants, il incarne bien plus qu’un attaquant prolifique. Il est un pont entre deux cultures, un ambassadeur du Mexique en France et vice versa. Son départ cette semaine laisse un vide, même si son héritage – 222 buts, des records, une popularité inégalée – reste intact.

Et maintenant ?

Alors que son contrat avec les Tigres UANL touche à sa fin, la question de la suite de sa carrière se pose. À 40 ans, Gignac pourrait envisager une retraite au Mexique, où il est devenu une véritable icône. Les rumeurs évoquent aussi un possible retour en France, même si rien n’a été officialisé. Pour les Tigres, son départ marque la fin d’une ère, mais aussi l’opportunité de s’appuyer sur son héritage pour attirer de nouveaux talents internationaux. Quant aux supporters, ils devront désormais se contenter des souvenirs et des chants en son honneur.

Gignac quitte Monterrey en laissant derrière lui une trace indélébile. Dans cette ville où son nom est sur toutes les lèvres, son histoire rappelle que le football, parfois, dépasse le simple cadre sportif pour devenir un vecteur d’unité et de fierté locale.

Avec 222 buts inscrits, Gignac est le meilleur buteur de l’histoire du club, devant toutes les légendes locales. Il détient également le record de buts dans le derby contre le CF Monterrey, où il est considéré comme une figure respectée même par les supporters adverses.

Sa popularité s’explique par ses performances sportives exceptionnelles, mais aussi par son intégration dans la culture locale. Les habitants soulignent sa capacité à comprendre la mentalité mexicaine, son engagement en dehors des terrains (restaurants, proximité avec les fans) et son statut de symbole de la ville, au même titre que des emblèmes comme le Cerro de la Silla.