Plusieurs auteurs ont fait le choix de renoncer à des invitations dans des villes gérées par le Rassemblement National, une décision qui s’inscrit dans le sillage de celle prise par l’écrivaine Mazarine Pingeot en début de semaine. Selon Libération, cette tendance touche désormais des villes comme Nice ou Montargis, où des rencontres littéraires étaient initialement prévues. Pourtant, ces écrivains n’entendent pas pour autant boycotter ces territoires, préférant peser chaque invitation au cas par cas.
Ce qu'il faut retenir
- Mazarine Pingeot a annoncé l’annulation de sa participation à un événement dans une commune passée sous la gestion du RN, un geste qui a fait figure d’exemple.
- D’autres auteurs, attendus à Nice et Montargis, ont emboîté le pas, sans pour autant exclure totalement ces destinations.
- Ces décisions soulèvent une question récurrente : faut-il éviter les villes dirigées par l’extrême droite, ou maintenir une présence pour défendre le débat démocratique ?
Un mouvement initié par Mazarine Pingeot
L’annulation de Mazarine Pingeot dans une ville passée au RN a marqué un tournant dans ce débat. L’autrice a justifié sa décision en invoquant des raisons personnelles, sans préciser davantage, mais son choix a rapidement fait des émules. Selon Libération, cette initiative a poussé d’autres écrivains à reconsidérer leur participation à des événements organisés dans des municipalités dirigées par le parti d’extrême droite. « C’est une décision difficile, mais nécessaire pour certaines d’entre nous », a déclaré l’un d’eux sous couvert d’anonymat.
Nice et Montargis, nouvelles cibles des annulations
Parmi les villes concernées, Nice et Montargis figurent désormais en tête de liste des destinations où des auteurs ont décidé de ne pas se rendre. À Nice, où un festival littéraire était prévu, plusieurs participants ont fait part de leurs réticences. « Nous comprenons les inquiétudes, mais nous regrettons cette absence », a réagi un organisateur, précisant que des alternatives étaient à l’étude. À Montargis, une rencontre autour de la poésie a également été touchée par ces désistements, obligeant les organisateurs à revoir leur programmation.
Un dilemme entre engagement et présence sur le terrain
Ces annulations révèlent un dilemme profond pour les intellectuels et les artistes : faut-il éviter ces villes pour ne pas légitimer les politiques menées, ou au contraire y être présent pour apporter un contre-discours ? Certains y voient une forme de « désertion », tandis que d’autres estiment que la culture peut jouer un rôle dans la résistance. « Nous ne voulons pas abandonner ces territoires, mais nous refusons de servir de caution », a expliqué une autrice contactée par Libération. Cette position divise : si certains saluent ces prises de position, d’autres y voient une atteinte à la liberté de circulation des idées.
Ce débat, qui mêle éthique et stratégie culturelle, devrait continuer de s’amplifier à l’approche des prochaines élections municipales. Les écrivains, comme les autres acteurs de la société civile, sont désormais confrontés à une question cruciale : jusqu’où sont-ils prêts à aller pour défendre leurs convictions ?
Pour l’instant, Nice et Montargis sont les deux villes mentionnées par Libération où des écrivains ont annulé leur participation à des événements culturels. D’autres villes pourraient suivre, mais aucune confirmation n’a encore été donnée.
Les auteurs concernés n’ont pas précisé si leurs décisions étaient définitives. Tout dépendra des garanties éthiques qui leur seront proposées par les organisateurs des événements, ainsi que de l’évolution du contexte politique dans ces villes.