Un bracelet capable de décrypter nos émotions en temps réel et d’en tirer un score d’énergie, d’humeur et de concentration ? C’est le pari audacieux de la start-up française Anoria, qui vient de dévoiler son prototype lors de la promotion printemps 2026 du Y Combinator. Selon Numerama, ce dispositif, présenté comme un « Whoop des émotions » en référence au bracelet connecté dédié au suivi de la récupération physique, repose sur un modèle d’intelligence artificielle nommé SOMI.

Ce bracelet, encore en phase de test, suscite déjà des interrogations majeures quant à la protection des données personnelles et à l’émergence d’une possible « surveillance émotionnelle ». Numerama révèle que ce projet, porté par une équipe composée d’anciens ingénieurs d’Apple et de Meta, s’adresse en priorité aux fondateurs et créatifs pour qui l’état mental constitue un atout stratégique. Mais comment fonctionne exactement ce dispositif, et quels enjeux soulève-t-il ?

Ce qu'il faut retenir

  • Un bracelet connecté analysant en temps réel l’énergie, l’humeur et la concentration de son porteur grâce à l’IA, via le modèle SOMI développé par Anoria.
  • Le dispositif corrèle plus de 150 signaux audio et biométriques (fréquence cardiaque, variabilité, mouvements, voix, etc.) pour générer un « Flow Score ».
  • Anoria cible principalement les fondateurs et créatifs, promettant des recommandations personnalisées pour améliorer leur bien-être mental.
  • Le fondateur de l’entreprise, Michael Belhassen, est un ancien d’Apple ayant travaillé sur l’iPhone 17 Pro avant de lancer Anoria en février 2026.
  • Ce projet relance les débats sur la vie privée et la surveillance émotionnelle, dans un contexte où les objets connectés dédiés au suivi de la santé se multiplient.

Un bracelet qui promet de décoder nos émotions en temps réel

Après les montres analysant notre sommeil et les bagues mesurant notre niveau de stress, Anoria propose une nouvelle génération d’objets connectés : un bracelet censé comprendre nos états émotionnels en temps réel. Selon Numerama, cette innovation s’inscrit dans la continuité d’un écosystème déjà bien établi, où des dispositifs comme les casques EEG Muse ou les montres Fitbit et Apple Watch s’imposent comme des références pour le bien-être mental.

Le 5 mai 2026, la start-up a officiellement présenté son prototype lors de sa promotion au sein du Y Combinator. « La technologie accapare toute notre attention, et l’IA a banalisé l’intelligence. Comprendre nos émotions et leurs raisons n’a jamais été aussi difficile ni aussi précieux », a déclaré Anoria dans sa communication. Le fondateur, Michael Belhassen, souligne : « La performance est mentale à 90 %. Et pourtant, personne n’a mis en place de système de rétroaction pour nos émotions. »

SOMI, le moteur d’analyse des émotions

Au cœur de ce bracelet se trouve SOMI, un « modèle d’inférence de l’état mental » développé par Anoria. Numerama précise que ce système s’appuie sur une approche de « neuroscience profonde » pour croiser plus de 150 signaux audio et biométriques — fréquence cardiaque, variabilité, mouvements, voix, et d’autres marqueurs physiologiques. L’objectif ? Déterminer ce que ressent l’utilisateur, identifier les raisons de cet état émotionnel, et proposer des solutions pour l’améliorer.

Le bracelet génère ainsi un « Flow Score », un indicateur composite reposant sur trois dimensions : l’énergie, l’humeur et la concentration. Ce score évolue en fonction des interactions sociales, des applications utilisées, des réunions ou même de la musique écoutée. L’utilisateur reçoit alors des recommandations personnalisées, comme écouter un morceau d’Eminem ou appeler un proche, afin d’optimiser son bien-être mental.

Une cible précise : les fondateurs et créatifs

Dans sa communication, Anoria met en avant un public bien défini : les fondateurs et créatifs pour qui l’état mental est considéré comme « leur atout le plus précieux ». Numerama indique que quelques utilisateurs testent déjà le bracelet depuis environ deux mois, mais il s’agit encore de prototypes en phase de validation. Ces premiers porteurs peuvent visualiser leur Flow Score en temps réel et observer son évolution selon leurs activités et leurs interlocuteurs.

Pour l’instant, le projet reste partiellement mystérieux. Anoria a lancé un site web où les intéressés peuvent s’inscrire sur une liste d’attente pour obtenir plus d’informations. La start-up, fondée en février 2026 par Michael Belhassen, s’appuie sur une équipe de cinq personnes, incluant d’anciens ingénieurs d’Apple et de Meta, ainsi que des entrepreneurs expérimentés.

Des risques majeurs pour la vie privée et l’éthique

Malgré les promesses d’Anoria, ce type de technologie soulève des questions éthiques et juridiques majeures. Numerama rappelle que l’analyse permanente de nos émotions en temps réel pourrait rapidement raviver les débats sur la surveillance émotionnelle, un sujet déjà sensible avec des dispositifs comme le pendentif Friend.com, présenté comme un « ami » numérique.

L’enjeu dépasse largement la simple collecte de données biométriques. En croisant des signaux audio et physiologiques, Anoria propose une analyse fine de notre état mental, ouvrant la porte à des utilisations controversées. Qui aura accès à ces données ? Comment seront-elles protégées ? Autant de questions qui devront être tranchées avant une éventuelle commercialisation à grande échelle.

Et maintenant ?

Si Anoria compte bien poursuivre les tests de son prototype, le calendrier pour une sortie commerciale reste encore flou. La start-up devra probablement obtenir des certifications en matière de protection des données, notamment au regard du Règlement général sur la protection des données (RGPD) en Europe. Par ailleurs, une concertation avec les autorités sanitaires pourrait s’avérer nécessaire, surtout si le bracelet est présenté comme un dispositif médical. Enfin, l’acceptation par le public de cette technologie intrusive fera sans doute l’objet de vifs débats dans les mois à venir.

Ce bracelet, s’il tient ses promesses, pourrait bien marquer un tournant dans l’univers des objets connectés. Pour autant, il incarne aussi les risques d’une société où chaque émotion devient un produit analysable et monétisable. Entre innovation et vigilance éthique, la route s’annonce longue et semée d’embûches.

Selon Numerama, le bracelet Anoria s’appuie sur plus de 150 signaux audio et biométriques, incluant la fréquence cardiaque, sa variabilité, les mouvements, la voix et d’autres marqueurs physiologiques. Ces données sont corrélées par le modèle SOMI pour générer un « Flow Score » reflétant l’énergie, l’humeur et la concentration de l’utilisateur.

Anoria cible principalement les fondateurs et créatifs, selon Numerama. Pour l’instant, le projet en est encore à la phase de test avec une poignée d’utilisateurs. La start-up, fondée en février 2026, propose aux intéressés de s’inscrire sur une liste d’attente via son site web, mais aucune date de commercialisation n’a été annoncée.