Un recours collectif aux États-Unis contre Apple aboutit à un accord historique. La marque à la pomme a accepté de verser 250 millions de dollars à des millions d’utilisateurs d’iPhone, accusant la firme d’avoir survalorisé les capacités de son assistant vocal Siri lors de campagnes publicitaires. Selon Capital, cet accord, validé par la justice américaine le 5 mai 2026, concerne trois modèles d’iPhone spécifiques et couvre une période d’achat précise.
Ce qu'il faut retenir
- Montant total de l’accord : 250 millions de dollars, dont 213 millions à verser aux plaignants et le reste aux frais de justice.
- Modèles concernés : iPhone 16, iPhone 15 Pro et iPhone 15 Pro Max.
- Période d’éligibilité : achats entre le 10 juin 2024 et le 29 mars 2025 aux États-Unis.
- Nombre d’appareils éligibles : 36 millions d’iPhone concernés.
- Montant des indemnités par plaignant : entre 25 dollars (21,37 euros) et 95 dollars (81,22 euros).
- Date de validation judiciaire : réponse attendue le 17 juin 2026.
Les plaignants reprochent à Apple d’avoir « promu des capacités d’IA qui n’existaient pas au moment des faits, n’existent pas aujourd’hui, et n’existeront pas avant deux ans ou plus », comme le rapporte Capital en citant les conclusions du recours collectif. Une accusation qui a trouvé un écho auprès du Better Business Bureau’s National Advertising Division, l’organisme américain de régulation publicitaire. Celui-ci a également pointé du doigt la publicité mensongère de la marque concernant les performances réelles de Siri.
L’affaire prend racine dans l’annonce, fin 2024, des nouvelles capacités de Siri, présentées comme une révolution grâce à l’intelligence artificielle. Pour Apple, cette amélioration était même présentée comme la fonctionnalité la plus attendue par les acheteurs potentiels d’iPhone, selon une enquête de Morgan Stanley. Pourtant, les utilisateurs ont rapidement déchanté : les performances réelles de l’assistant vocal sont restées en deçà des promesses faites, voire quasi inexistantes pour certains. Autant dire que les consommateurs se sont sentis floués, d’autant que les prix des smartphones visés oscillaient entre 800 et 1 200 dollars (soit entre 678 et 1 017 euros) en 2024.
Un recours collectif qui révèle les limites des promesses technologiques
Le recours collectif, mené aux États-Unis, a permis de mettre en lumière une pratique commerciale jugée trompeuse par les plaignants. Selon Capital, l’accord trouvé avec Apple doit encore être validé par la justice américaine, mais les contours en sont déjà clairs. Les propriétaires des modèles concernés, achetés sur une période de près de dix mois, pourront prétendre à une indemnisation allant de 25 à 95 dollars, en fonction des critères d’éligibilité précis. Côté Apple, le coût total de l’opération s’élève à 213 millions de dollars, tandis que les frais de justice et autres coûts administratifs absorberont les 37 millions restants.
Cette affaire soulève une question plus large sur la fiabilité des annonces technologiques, surtout lorsqu’elles concernent des fonctionnalités promises comme révolutionnaires. Les promesses d’Apple en matière d’IA pour Siri ont été au cœur de sa stratégie marketing en 2024, mais les retards accumulés dans le développement de ces technologies ont fini par éclater au grand jour. Une situation qui rappelle d’autres cas où des entreprises ont été accusées d’avoir exagéré les performances de leurs produits avant leur commercialisation.
Les modèles concernés et les modalités d’indemnisation
Les trois modèles d’iPhone visés par l’accord sont les plus récents à la date des achats éligibles : l’iPhone 16, premier smartphone de la gamme 16 sortie en septembre 2024, ainsi que les iPhone 15 Pro et 15 Pro Max, lancés fin 2023. Ces appareils, parmi les plus chers de la gamme Apple, ont été commercialisés à un tarif élevé, justifié en partie par les promesses d’améliorations logicielles et matérielles. Or, selon les plaignants, les fonctionnalités avancées d’IA de Siri n’étaient pas disponibles au moment de la vente, voire toujours pas aujourd’hui pour certaines.
Les modalités de l’indemnisation restent à préciser dans les semaines à venir. Les bénéficiaires, soit 36 millions d’utilisateurs, devront probablement fournir une preuve d’achat pour prétendre aux indemnités. Les montants perçus, variables selon les cas, reflètent à la fois le nombre de plaignants et la gravité perçue des manquements d’Apple. Reste à voir si cette décision judiciaire incitera la marque à revoir ses pratiques publicitaires, notamment dans un contexte où l’IA devient un argument de vente central pour de nombreux fabricants de smartphones.
Cette condamnation intervient dans un contexte où la confiance des consommateurs envers les promesses technologiques est de plus en plus scrutée. Les fabricants de smartphones, comme Apple, misent massivement sur l’IA pour justifier des hausses de prix ou des innovations mineures. Pourtant, les retards dans la livraison de ces fonctionnalités risquent de se retourner contre eux, à l’image de ce recours collectif. Une tendance qui pourrait s’accentuer avec l’essor des outils d’IA générative, dont les performances réelles restent souvent en deçà des annonces marketing.
Pour les utilisateurs concernés, cette affaire offre une lueur d’espoir : celle de récupérer une partie de leur investissement, même si les montants restent modestes au regard du prix d’achat initial. Elle rappelle aussi l’importance de la vigilance face aux promesses commerciales, surtout lorsqu’elles concernent des technologies encore en développement. Enfin, elle pose une question de fond : jusqu’où une entreprise peut-elle aller dans la valorisation de fonctionnalités futures sans risquer d’être accusée de pratique trompeuse ?
L’accord concerne spécifiquement les iPhone 16, iPhone 15 Pro et iPhone 15 Pro Max, achetés entre le 10 juin 2024 et le 29 mars 2025 aux États-Unis. Au total, 36 millions d’appareils sont éligibles à une indemnisation.
Les modalités exactes ne sont pas encore précisées, mais les propriétaires des modèles concernés devront probablement fournir une preuve d’achat (facture, bon de commande, etc.) pour prétendre aux indemnités. Apple devrait communiquer prochainement sur les démarches à suivre.